Bâtiment : le CSTB lance un accélérateur pour les startups du numérique

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La douzaine de startups qui seront accompagnées en 2017-2018 (pour une trentaine sur trois ans) seront sélectionnées au fil de l'eau, en fonction de la crédibilité et de la maturité de leur projet, précise le président du CSTB, Etienne Crépon.
La douzaine de startups qui seront accompagnées en 2017-2018 (pour une trentaine sur trois ans) "seront sélectionnées au fil de l'eau, en fonction de la crédibilité et de la maturité de leur projet", précise le président du CSTB, Etienne Crépon. (Crédits : Enedis)
Le Centre scientifique et technique du bâtiment partagera avec quelques dizaines de startups, les résultats de ses recherches ainsi que ses équipements. Il s'est associé dans la démarche avec la société Impulse Partners, experte dans le développement d'écosystèmes dans les secteurs de la construction, de l'énergie, du BTP et de l'immobilier.

Elle arrive enfin dans le bâtiment. Après avoir bouleversé le monde des médias, du commerce, du tourisme etc., la révolution numérique souffle son vent de renouveau aussi sur ce secteur traditionnellement attaché aux anciens modèles. Le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a fait le choix d'en saisir les opportunités. Mercredi 11 octobre, cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), dont la création remonte à 1947, a lancé son premier accélérateur de startups, le CSTB'Lab, consacré aux entreprises qui innovent au croisement du numérique et du bâtiment.

"L'accompagnement de l'innovation a toujours été l'une de nos missions, et déjà depuis quelques années nous mettons nos travaux de recherche à la disposition de startups, dont certaines (comme Partnering Robotics, spécialisée dans la qualité de l'air, qui compte aujourd'hui 47 salariés, NDLR) sont devenues de belles réussites industrielles", souligne le président de l'institution, Etienne Crépon. "L'objectif de ce Lab et de désormais mieux structurer cet accompagnement", explique-t-il.

"Le Lab veut être un trait d'union entre la recherche et le marché, puisqu'il facilitera le transfert de nos technologies au monde économique, et leur transformation en produits et services", précise sa future directrice, Sophie Moreau.

Une offre unique

Les quelques dizaines de jeunes entreprises qui auront accès à l'accélérateur profiteront ainsi de l'ensemble des actifs du CSTB: ses 900 chercheurs -dont certains seront parrains d'une startup- et leur "masse de compétences"; les résultats des recherches; ses ressources matérielles telles que les moteurs de calcul, les plateformes numériques, les bases de données; sa notoriété et son réseau, académique comme commercial, ainsi que sa visibilité lors des principaux salons du secteur. "Aucune offre de ce genre n'existe encore à notre connaissance en France. Et les startups du bâtiment, que nous avons interrogées, ont montré un vif intérêt à l'idée de travailler avec nous", observe Etienne Crépon.

Pour compléter son offre d'un accompagnement aussi business, le CSTB a d'ailleurs choisi de s'appuyer sur une société spécialiste de ce domaine, Impulse Partners, qui développe déjà des écosystèmes startups/grands donneurs d'ordres dans les secteurs de la construction, de l'énergie, du BTP et de l'immobilier. Elle aidera notamment les jeunes entreprises à chercher des financements, à développer leur business plan, à établir des synergies entre elles voire à trouver des clients et à se développer à l'international.

Crédibilité et garanties techniques

La douzaine de startups qui seront accompagnées en 2017-2018 (pour une trentaine sur trois ans) "seront sélectionnées au fil de l'eau, en fonction de la crédibilité et de la maturité de leur projet", indique Etienne Crépon. Et "le numérique ne sera qu'une porte d'entrée par rapport à la finalité de trouver des idées innovantes permettant de mieux construire concrètement", souligne Sophie Moreau. Parmi les candidates présentes à la soirée de lancement, XtreeE, spécialisée dans l'impression 3D à grande échelle, Snapskin, qui a développé un logiciel de modélisation des bâtiments via un scanneur 3D, ou encore Syscobat, qui fabrique d'un système de construction mélangeant bois, béton et éléments digitaux.

Toutes ont souligné leur intérêt pour l'apport du CSTB, notamment en termes de mise à l'épreuve de leurs produits vis-à-vis des normes, d'obtention des garanties techniques et des certifications, d'assurabilité, et de crédibilité pour investir les marchés internationaux.

"Pour nous, la collaboration que nous avons lancée en 2014 avec le CSTB a été essentielle afin de valider scientifiquement notre offre d'un premier robot anti-pollution", a également témoigné Ramesh Caussy, fondateur de Partnering Robotics.

Un effet bénéfique en interne

Le Lab sera toutefois aussi une source d'enrichissement pour l'ancien acteur public qu'est le CSTB, lit-on entre les lignes du communiqué annonçant le lancement de l'incubateur, où l'on insiste sur la "valorisation des résultats de recherches", mais aussi sur l'"ouverture du processus de collaboration" et la "dynamique de co-développement" attendues de la démarche.

"Je suis convaincu que le fait que nos chercheurs soient confrontés à la culture des jeunes entreprises aura aussi un effet bénéfique en interne", confirme Etienne Crépon.

Le lancement du Lab' est d'ailleurs la deuxième action destinée à promouvoir le numérique dans le bâtiment lancée par l'institution en moins d'un mois. Le CSTB vient en effet d'ouvrir aussi une salle de simulation virtuelle interactive, équipée d'un écran 4K tactile et rétroéclairé, d'un système de vision immersive en 3D, d'une fonction Picture in Picture, d'équipements de visio-conférence et d'immersion sonore... L'objectif est de promouvoir l'utilisation du BIM (Building Information Management), processus de collecte et de gestion de l'information qui s'impose progressivement à l'ensemble des acteurs du bâtiment, mais aussi de faciliter la coordination des acteurs des projets à l'échelle du bâtiment comme de la ville. Les startups accueillies dans le CSTB'Lab y auront elles aussi accès.

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