Les citoyens chinois plébiscitent massivement les énergies vertes

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Les Chinois se disent prêts à payer plus cher pour s'approvisionner en électricité propre.
Les Chinois se disent prêts à payer plus cher pour s'approvisionner en électricité propre. (Crédits : Reuters)
Pékin est déjà le premier marché mondial pour les énergies renouvelables. Mais à l’intérêt économique et à la nécessité pour le gouvernement de s’attaquer au problème de la pollution urbaine, s’ajoute désormais le soutien des citoyens. Un argument supplémentaire pour les promoteurs de ces énergies propres pour faire sauter les quelques obstacles qui freinent encore leur développement.

Sans surprise, un sondage conduit par Ipsos auprès de 3.000 citadins à la demande de l'association chinoise des énergies renouvelables, rendu public aujourd'hui, révèle que plus de 90% des Chinois s'inquiètent de la pollution qui a rendu tristement célèbres les villes du pays ces dernières années. Sachant que cette pollution (qui se manifeste par l'émission de particules fines qui en font un véritable problème de santé publique) provient majoritairement de la combustion du charbon, les Chinois sont encore plus nombreux (92,6%) à miser sur les énergies vertes pour remédier à ce fléau.

Mieux, ils sont prêts à payer plus cher pour s'approvisionner en électricité propre : jusqu'à 10% de plus sur leur facture mensuelle, pour plus de 90% d'entre eux. Le président de l'association chinoise des énergies renouvelables ne s'est pas privé de comparer ces résultats avec les 50% et 48% obtenus récemment à cette même question aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

39 milliards de kilowattheures verts gaspillés

Fort de ce plébiscite, il demande au gouvernement de permettre aux citoyens de s'approvisionner en électricité verte assortie de tarifs particuliers et de certificats d'origine ou de l'acheter directement auprès de producteurs de renouvelables. D'après le sondage, 87% des répondants souhaitent disposer d'informations concernant la source d'énergie utilisée pour produire leur électricité. Autre demande de l'association : favoriser les énergies renouvelables dans l'accès aux réseaux électriques. Aujourd'hui, les producteurs sont contraints de déconnecter leurs installations des réseaux lorsque l'offre dépasse la demande, ce qui occasionne un gaspillage d'électricité propre estimé à 39 milliards de kilowattheures.

REN 21, une initiative internationale de promotion des renouvelables, affirme que cette situation, qui nuit à la rentabilité du secteur et à son attractivité auprès des investisseurs, pourrait en freiner le déploiement.

Les énergies renouvelables n'en a pas moins représenté près d'un quart de la production d'énergie dans le pays en 2015, essentiellement sous la forme d'hydroélectricité.

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a écrit le 09/09/2016 à 9:35 :
@bert Curieuse réaction que la vôtre ! Et où est le parti pris quand on ne fait que souligner la vérité ? Quant à votre justification des subventions aux énergies intermittentes, elle est aussi surprenante ! D'accord avec vous que les "externalités" des énergies fossiles ne sont pas prises en charge par leur producteur, mais le plus logique me semble-t-il serait de l'imposer sous la forme d'une vraie taxe carbone.
Et en parlant d'externalités, les énergies intermittentes ont justement besoin d'être associées, pour compenser leur défaut, à des centrales pilotables qui sont le plus souvent à gaz (demandez vous pourquoi Engie - ex GdF - se lance dans ces énergies intermittentes !) : et le gaz émet du CO2 en brûlant, même si c'est un peu moins que le charbon. Curieusement, quand on parle de coût des renouvelables intermittents, on oublie prendre en considération ces "externalités" bien encombrantes.
A moins qu'on ne compte implicitement en France sur le nucléaire, qui compenserait "gratuitement' l'intermittence du solaire et de l'éolien, tout en étant paré des pires défauts !
a écrit le 02/09/2016 à 12:34 :
La pollution atmosphérique ce certaines villes de Chine due aux combustibles fossiles, en partie due à la production d'électricité est tout à fait insupportable : il est normal que les chinois souhaitent passer à des énergies "propres".
Mais là où cet article commet une erreur (volontaire ?), c'est quand elle parle d'énergies "renouvelables" (sous entendu : éolien et photovoltaïque), parées de toutes les vertus, en omettant soigneusement de parler de l'énergie nucléaire dont les chinois sont en passe de devenir les champions.
Et en oubliant d'indiquer que ces énergies dites "renouvelables" doivent être subventionnées pour se développer (en France la taxe CSPE coûte 15% en plus sur nos factures EDF, à l'insu du plein gré des consommateurs, et sans aucun avantage car l'électricité est quasiment décarbonée dans notre pays).
Et surtout en oubliant de parler de l'écueil rédhibitoire de l'intermittence qui, suivant la météo, conduit à produire trop (d'où la nécessité de se déconnecter !) ou pas assez (d'où la nécessité de garder des centrales au charbon ou nucléaires).
Ce type de communication biaisée sur les plans économique et technique, n'est probablement pas dénué de fondement idéologique ou politique. Dommage, l'énergie étant pourtant un problème qui devrait être traité sans parti pris.
Réponse de le 08/09/2016 à 12:53 :
@student, en matière de parti pris, vous êtes bon ! Les énergies carbonées sont de fait subventionnées elles-aussi, et bien plus massivement que les renouvelables, puisque leurs externalités négatives (pollution atmosphérique et changement climatique en premier lieu) ne sont pas pris en charge économiquement par leurs producteurs. Ces coûts sont donc à la charge de nous tous. Les subventions dont bénéficient les énergies renouvelables sont justement destinées à corriger (insuffisamment) ce dysfonctionnement.
a écrit le 31/08/2016 à 17:52 :
La pollution tue 4000 personnes par jour en Chine, on comprend bien que ce drame commence à sérieusement les préoccuper.Ils payent très cher le fait d'être devenu l'usine du monde.

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