Vinci a-t-il payé trop cher les aéroports portugais ?

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Le groupe français a déboursé 3 milliards pour rafler le gestionnaire des aéroports portugais ANA, un montant 15 fois supérieur aux bénéfices d'exploitation 2011 du groupe portugais. Pour autant, en investissant dans un actif en zone euro et fortement connecté à la croissance sud-américaine, Vinci frappe un grand coup.

En déboursant 3,08 milliards d'euros pour mettre la main sur le gestionnaire des aéroports portugais ANA, Vinci n'a-t-il pas surpayé sa cible ? Au moment où le Portugal est en difficulté, acheter une entreprise 15 fois son bénéfice d'exploitation en 2011 (200 millions d'euros) est-il opportun?

Un moyen de profiter de la croissance en Amérique latine

La somme est en effet coquette. Pour autant, contrairement à ce que pensent beaucoup d'analystes, Vinci « n'achète pas en haut ». Le potentiel d'ANA est en effet très important. Non seulement sur le développement des revenus non-aéronautiques (parkings, commerces) mais aussi sur celui du trafic aérien. Car le vaisseau amiral d'ANA, l'aéroport de Lisbonne, est fortement connecté au Brésil, en pleine croissance, en raison de la puissance de feu sur cet axe de TAP Portugal. «Vinci a acheté un actif en zone euro sans risque sur les taux de change, fortement exposé à la croissance en Amérique du sud. C'est moins risqué et moins cher que d'acheter directement un aéroport au Brésil où les prix sont pour le coup trop élevés», explique un très bon connaisseur du monde aéroportuaire. A cela s'ajoute l'élasticité de la croissance du trafic aérien au PIB toujours de l'ordre de 2,5. Mais alors pourquoi les concurrents, Fraport, Flughafen Zürich n'ont pas proposé autant que Vinci ? «Tous étaient associés avec des fonds d'investissement qui tirent les prix vers le bas car ils veulent sortir dans 4 à 5 ans », explique un proche du dossier. Vinci était seul. Ce qui ne l'empêchera pas à terme d'ouvrir le capital d'ANA s'il le souhaite.

Le tremplin à l'international

Par ailleurs, Vinci se devait de l'emporter pour des raisons stratégiques. Cantonné jusqu'ici à la gestion d'une dizaine de petits aéroports français et seulement de quelques uns au Cambodge à l'international, «le groupe dirigé par Xavier Huillard peut désormais se targuer d'être un acteur du monde aéroportuaire en zone euro digne de ce nom», explique un concurrent. En intégrant les dix aéroports portugais, Vinci Airports gère au total 23 aéroports transportant plus de 40 millions de passagers dans le monde.

Les déconvenues de 2001

Il est donc loin le temps où Vinci essuyait des déconvenues dans le secteur aéroportuaire. Pour rappel, après avoir lancé une OPA sur le groupe aéroportuaire britannique TBI avant les attentats du 11 septembre 2001, Vinci avait réussi à limiter la casse en ne prenant que 14,9% de l'opérateur britannique qu'il avait revendu en 2004.

Dans le même temps, Vinci avait acheté la société américaine WFS (le protocole d'accord avait signé le 10 septembre 2001), spécialisée dans les services aéroportuaires outre-Atlantique. Le groupe, alors piloté par Antoine Zacharias, avait ensuite réussi à vendre sans perte cet actif. « A l'époque, le timing du développement dans l'aéroportuaire n'était pas bon. Aujourd'hui il l'est. Huilliard a frappé fort en prenant tout le monde de vitesse dans une enchère qui n'est pas le point fort du groupe, et ce en Europe du sud, une zone dans laquelle la crise de l'euro s'annonce plus derrière nous que devant nous », estime un expert en aéroports.

La perte de TAV, une bonne chose?

Vinci a même la baraka. La défaite en finale en début d'année face à Aéroports de Paris (ADP) pour l'acquisition de 38% du groupe aéroportuaire turc passe beaucoup mieux avec les interrogations qui planent autour de cet investissement de 700 millions d'euros.
 

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Commentaires
a écrit le 31/12/2012 à 13:15 :
Veni, vidi,vinci et ...dans le baba au porto ?
Réponse de le 08/01/2015 à 8:05 :
La monarchie parlementaire et ses vassaux de fonctionnaires avec leurs privilèges et avantages vivent comme au temps du roi soleil. .. à réformer d'urgence la société civile ne veut plus entretenir et assisté cette caste...
a écrit le 29/12/2012 à 13:13 :
Concession sur 50 ans...mais ce sont des quadruples coui... en or pour Vinci!!
Les portugais sont des abrutis acculturés pour la majorité de ce qu'on appelle le grand public avec une toute petite minorité de gens super cultivés et qui sortent de leur trou super ensoleillé pour voir ce qui ce passe ailleurs (je sais de quoi je parle...je me suis cassé a temps de là-bas!) qui sont tout le temps prêts a lâcher leur monnaie pour du bling-bling et du neuf tape a l'oie. Vinci a prix d'or va leur faire des trucs comme çà et dont des super rentes pour eux !!!
Achetez des actions Vinci!
Réponse de le 29/12/2012 à 15:53 :
achas??? que nao temos cultura... pobre de ti ... deves vir de fafe ou do alentejo . ! !
Réponse de le 29/12/2012 à 22:03 :
Não sei qual o cargo em que senhor estava colocado mas acredito pelos seus propositos que seja algo de irrelevante e que se coaduna com as inconveniências que aqui disse...
Réponse de le 31/12/2012 à 13:49 :
C'est justement a cause de ce langage et manière d'écrire super "Doutor" que les petites castes riches portugaises se reproduisent....et que le portugais qui n'a pas les moyens d'aller à l'école courbe l'échine. Je suis fier justement de l'avoir quitter une de ces castes et de tout faire pour les conchier!!
Vous n'avez surement pas besoin Monsieur "Dom" Luis de faire deux boulots pour survivre comme le font aujourd?hui une partie de plus important de la population portugaise.
Pas besoin de faire la révolution, il suffisait que chaque portugais soit un consommateur avisé! Beaucoup d'aigrefins et escrocs même français auraient depuis longtemps disparus du Portugal.
Réponse de le 31/12/2012 à 14:01 :
Les portugais conchient sur leur vieux patrimoine...qui est grand!
C'est 7 euros pour voir la ville de Lisbonne sur la terrasse...et 13 euros pour voir le palais de Queluz...allez encore un effort et la culture arrivera au peuple.
Le Portugal sera un jour comme le mauvais cauchemar d'Hong Kong...il roule carrosse de luxe mais habite le bidonville!
Réponse de le 02/01/2013 à 12:43 :
Vous dites que les portugais sont "des abrutis acculturés pour la majorité du grand public" et vous venez me faire la moral en défendant le petit peuple après l'avoir conspué.;;Vous avez aucune crédibilité monsieur et si ne vous maîtrisez pas le portugais courant c'est pas de ma faute...
a écrit le 29/12/2012 à 11:47 :
Combien proposait les fonds d'investissement? 10x EBIDTA?
a écrit le 29/12/2012 à 11:46 :
Et Vinci se fera des "C...." en or avec ses 2 aéroports de Nantes... au 12% de rentabilité garantie par les contribuables + la cession de terrains devenus constructible par le déplacement de l'aeroport principal... + l'absence de financement de tout moyen de transport publique vers NDL qui necessite déjà de prévoir l'aggrandissement des parking PAYANTs
Réponse de le 30/12/2012 à 1:46 :
encore un opposant à NDDL qui nous dit connaître le dossier mais qui n'y connaît rien ! Il n'y aura pas 2 aéroports à Nantes mais un (transfert de l?aéroport existant), "12% de rentabilité garantie par le contribuable" : je vous laisse réfléchir à l'ineptie que vous avez écrite ! Le contribuable ne finance que la route d'accès à NDDL (faisant la jonction entre la quatre voies vers Vannes et celle vers Rennes). Bref, dîtes vous simplement que si Vinci s'est intéressée à ce projet (comme d'autres, mais c'est Vinci qui a remporté le morceau), c'est que le projet est rentable donc bon sur le plan économique.
L'exemple de Nantes comme celui des aéroports portugais montre que Vinci ne fait pas n'importe quoi dans ce métier.
Réponse de le 30/12/2012 à 8:49 :
je connais bien le secteur et je ne suis plus du tout sûr que cet aéroport se construise. L'opposition au projet grandit ( depuis le temps qu'on en parlait, personne n'y croyait plus ) et il y a bien d'autres priorités dans le département.
Réponse de le 31/12/2012 à 13:52 :
C'est un projet rentable pour qui?
Vite que je sois actionnaire de Vinci!!!
a écrit le 29/12/2012 à 10:01 :
c'est pas très grave si cette opération n'est pas très fructueuse pour Vinci, il reste les autoroutes qui sont la vache à lait du groupe, achetées pour un prix dérisoire il y a quelques années (merci De Villepin), et qui vident le porte monnaie des automobilistes français!
Réponse de le 29/12/2012 à 14:46 :
Vinci réalise aussi des infrastructures pour l'équipement de la Nation,selon les régles PPšP,qui sur le plan trésorerie ne sont pas une corne d'abondance.
Alors les autoroutes compensent. Normal NON
Réponse de le 30/12/2012 à 12:42 :
vous avez le sens des affaires ,vous !! Le contribuables a payé les autoroutes , et maintenant qu'elles étaient pratiquement amorties ,Villepins les a bradées auBTP , le bénef. au privé , les charges aux contribuables. Normal NON
a écrit le 28/12/2012 à 19:34 :
Bonne analyse. Il aurait fallu ajouter que Vinci en a encore sous le pied sur le plan financier en cas de nouvelle opportunité

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