Une loi de finances anti-start-up ? (4) : Lettre aux #geonpi

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Après le vote vendredi par l'Assemblée nationale d'amendements assouplissant la taxation des plus-values de cessions, Jean-David Chamboredon, patron du fonds des entrepreneurs internet Isai et porte-parole des "Pigeons", reprend la plume pour souligner les insuffisances du texte et les risques qu'il fait planer sur le développement économique. Avant d'appeler à signer un manifeste remis au président de la République.

Chers #geonpi,


Notre mouvement a trois semaines, nous sommes plus de 70.000 et, étant l'un des porte-parole de la communauté, je souhaite par la présente lettre vous informer de ce qui s'est passé ainsi que de la suite des événements.
Je tiens, tout d'abord, à présenter mes excuses à ceux d'entre vous qui ont rejoint les #geonpi insatisfaits qu'ils étaient de l'augmentation des cotisations sociales de l'auto-entrepreneur ou du travailleur indépendant. Je comprends parfaitement (mon épouse est gérante majoritaire de SARL) combien il peut paraître injuste d'aligner les cotisations sociales de cette catégorie de chefs d'entreprises sur celles des salariés alors que les protections offertes ne sont pas les mêmes (le meilleur exemple étant l'absence d'assurance-chômage). Ceci dit, nous avons été totalement inaudibles sur le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2013. Croyez bien que j'en suis désolé.
Le seul sujet que nous avons pu aborder face aux medias et aux politiques a été celui qui avait déclenché l'envolée de Pigeons pendant le week-end du 30 septembre... la fameuse taxation des plus-values de cession à un taux marginal supérieur à 60%...
Sans l'émergence improvisée et inopinée de notre mouvement, il est à peu près certain que les amendements votés vendredi dernier à l'Assemblée Nationale auraient été beaucoup moins lourds. Notre présence a pesé sur les débats, les medias grand public se sont intéressés à l'entrepreneur (voire à la fiscalité des associés de l'entreprise) et le gouvernement a été contraint d'apporter des modifications plus significatives à son projet que si la «négociation sans concertation préalable» avait pris la forme habituelle de rencontres avec les «organisations représentatives» ...

Quels sont donc ces principaux amendements ?
? Les 2 mesures iniques de rétroactivité sur les cessions intervenues en 2012 et de démarrage des durées de détention au 01/01/2013 ont été rectifiées de façon plus «loyale» 
? Les abattements de 0 à 40% en fonction de la durée de détention ont été ramenés sur 6 ans au lieu de 12 ans ( 1 siècle internet versus 2 ! )
? Le «créateur d'entreprise» a été fiscalement défini (amendement #geonpi) comme ayant détenu au moins 10% pendant 2 ans durant les 10 dernières années, ayant au moins 2% au moment de la cession et ayant exercé une activité dans l'entreprise durant les 5 années précédant ladite cession. Le «créateur d'entreprise» sera soumis de façon dérogatoire au régime précédent (taux proportionnel à 19% + prélèvements sociaux) et il aura la possibilité de bénéficier d'un report d'imposition suivi d'une exonération s'il ré-investit au moins 50% de sa plus-value.

Une bonne partie des entrepreneurs se retrouveront sans doute dans cette définition du «créateur d'entreprise» et c'est une excellente nouvelle pour eux. Il y a, par contre, beaucoup d'oubliés (appelons les Pigeonneaux) parmi les associés d'une entreprise :
? Le «petit» co-fondateur qui n'a pas eu 10% pendant 2 ans ou finit à moins de 2%
? Le salarié ou dirigeant non-fondateur qui a investi dans l'entreprise et qui n'a jamais eu 10% 
? L'équipe de fondateurs ayant un projet ambitieux à forte intensité capitalistique et qui a dû accepter une dilution au démarrage (moins de 10% chacun dans les 2 ans suivant la création) ou au cours de la vie du projet (moins de 2% au moment de la cession) 
? L'entrepreneur qui doit adosser avant 5 ans son entreprise à une plus grande jugeant que cet adossement est le meilleur (voire le seul) scénario disponible pour son entreprise et ses salariés 
? Le fondateur qui, après plus de 5 ans de labeur, quitte ses fonctions opérationnelles (pour des raisons personnelles ou professionnelles) et qui voit la cession intervenir un peu plus tard 
? sans doute plein d'autres cas «d'entrepreneurs» que je n'ai pas encore identifiés 
? et évidemment tous les autres associés personnes physiques («friends & family», «business angels»,...) quelle qu'ait été leur implication dans l'entreprise aux côtés des entrepreneurs...

Plus le projet entrepreneurial est collectif, risqué ou ambitieux, plus il y a de Pigeonneaux...
De plus, les Pigeonneaux sont des individus qui réalisent une plus-value plus faible et sont taxés en pourcentage de façon beaucoup plus importante que les bénéficiaires de l'amendement #geonpi. Je ne sais pas à quelle «justice» on n'a bien pu se référer pour créer de telles inégalités de traitement !

Le gouvernement a, en effet, fait une erreur «technique» lourde en rédigeant ces amendements. Voulant arrêter la grogne des Pigeons, il a créé deux catégories d'associés: les Pigeons qui bénéficient de l'amendement #geonpi et les Pigeonneaux qui voient le taux marginal de taxation de leur plus-value allant de 62% à 42% environ (prélèvements sociaux inclus) en fonction de la durée de détention.

Il aurait bien mieux valu apporter des amendements fonction de la nature de l'investissement réalisé par les différents associés: si au moment de leur entrée au capital, l'entreprise était une TPE/PME non cotée (et donc leur investissement non liquide), l'application du taux proportionnel (19% ou 24%) ou d'un abattement forfaitaire significatif (au moins 40% sans condition de durée de détention) serait «économiquement» bien plus efficace et juste. De même assouplir pour les Pigeonneaux, les conditions de ré-investissement (sans seuil ou durée de détention) dans des TPE/PME de même nature aurait beaucoup de vertu économique.
Un changement fiscal aussi violent n'est pas simplement celui de la fiscalité de l'entrepreneur mais aussi et surtout un bouleversement dans la chaîne de financement des entreprises par l'épargne privée.

Ainsi, cette erreur «technique» va conduire à :
? la disparition à court terme de centaines de start-up dont le degré d'avancement ne permet qu'un financement par des personnes physiques de type «business angels»: hors cas de défiscalisation (ISF ou PEA), être taxé sans pouvoir le prévoir entre 42% et 62% pour un investissement par nature extrêmement risqué ne fait, en effet, plus grand sens 
? une baisse significative de la création d'entreprises de ce type au vu d'un paysage du financement initial largement dégradé 
? un ralentissement inéluctable des activités de fusion-acquisitions rendues plus difficiles par un traitement fiscal défavorable ou désaligné pour les différents associés et par conséquence, des difficultés supplémentaires pour faire émerger les grosses PME et ETI dont notre pays a tant besoin 
? puis probablement, une augmentation des faillites d'entreprises ayant, pour ces mauvaises raisons, à un moment refusé un adossement industriel et connaissant par la suite des difficultés économiques...
? sans parler de la baisse d'activité prévisible de tous les fournisseurs de ces entreprises...

Plus le secteur d'activité est dynamique, plus le projet est innovant ou risqué, plus il est porteur de croissance et d'avenir, plus les conséquences de cette fiscalité sont désastreuses...
Dans le contexte de quasi-récession que connait la France, quand on sait que les Pigeonneaux sont particulièrement investis dans les secteurs d'avenir et de croissance et que ces secteurs sont parmi les seuls créateurs nets d'emplois, le traitement politique de cette affaire a été catastrophique. On ne peut pas s'arrêter là...

Ces deux dernières semaines m'ont donné, pour la première fois de ma vie, en tant que votre porte-parole, d'interagir avec ce monde politique que, d'habitude, j'observe de très loin...
Je crois que je me souviendrai toute ma vie de cette exclamation du député Christian Eckert, rapporteur général de la Commission des Finances de l'Assemblée Générale, à qui je venais d'expliquer le fonctionnement de notre écosystème, sa chaîne de financement et la multiplicité des personnes physiques parmi les associés d'une start-up. «On ne va quand même pas faire une loi pour vous!», me rétorqua-il. Je pense avoir rencontré à cette occasion un homme droit et intègre mais pas très moderne. Pourtant, les écosystèmes de start-up sont apparus en France au siècle dernier il y a près de 15 ans... Wake up Mister Eckert!

De même, je n'oublierai jamais le rictus de Monsieur Jérôme Cahuzac, Ministre du Budget, lors du vote de l'article 6 à l'Assemblée Nationale. Le rictus de celui qui «gagne en trichant». Oui, Monsieur le Ministre, vous avez gagné votre petite bataille politicienne mais vous avez triché avec l'économie, les emplois, la croissance et l'avenir de notre pays. En plus, je sais que vous le savez! Shame on you Mister Cahuzac!
Le projet de loi va maintenant aller devant le Sénat, des amendements complémentaires y seront peut-être étudiés. On peut craindre que, si rien ne se passe, le projet tel que voté finalement par le Parlement soit proche de celui sorti vendredi de l'Assemblée Nationale... Aussi économiquement récessif et mortifère soit-il !

C'est pourquoi, chers #geonpi, si vous êtes un Pigeonneau ou si vous respectez les Pigeonneaux, si vous êtes résident fiscal en France, actuel ou ancien fondateur ou dirigeant de TPE/PME, je vous encourage à signer ici le Manifeste des Entrepreneurs daté du 19 Octobre 2012 adressé au Président de la République.

#geonpi-ment votre !

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Commentaires
a écrit le 23/10/2012 à 10:53 :
Entre l'usine à gaz de la France et la Belgique à 0%, il y a une situation ubuesque.
Il faut vite une harmonisation européenne de la fiscalité.
a écrit le 22/10/2012 à 18:58 :
Adieu les biotechnologies en France..... Vous reviez d´avoir de nouvelles sociétés sur le sol francais capables de rivaliser avec les biotech US pour le traitement de maladies graves (diabetes, cancer...) ? Etant donné l´intensité capitalistique de ce genre de société, quasi aucun fondateur n´aura 2% du capital à la revente ou à l´IPO... C´est l´arret de mort de la recherche privée dans ce domaine en France. Merci.
Réponse de le 22/10/2012 à 22:17 :
C est la mort de l entreprenariat ... De l innovation
Ce pays est devenu le royaume du petit et de l interdiction de réussir
C est moche
a écrit le 22/10/2012 à 14:30 :
Une réponse à la Audiard - juste avec des bouts de dialogues et faire un commentaire en rapport avec la situation :

« On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient pas faire pousser des radis. »

« Un intellectuel assis va moins loin qu?un con qui marche. »

« Deux milliards d?impôts ! J?appelle plus ça du budget, j?appelle ça de l?attaque à main armée ! »

« Le jour est proche où nous n?aurons plus que ?l?impôt? sur les os. »

« Les salariés sont les êtres les plus vulnérables du monde capitaliste : ce sont des chômeurs en puissance. »

« La justice, c?est comme la Sainte Vierge, si on la voit pas de temps en temps, le doute s?installe. »

« Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y?a des statistiques là-dessus. »
a écrit le 22/10/2012 à 14:21 :
Pourquoi se battre? A quoi bon se battre? Contre une loi on peut se battre mais peut-on se battre contre la folie qui guette beaucoup de gens? De gens avides de nos compétences, de cette richesse que nous pouvons produire? Devrions-nous nous excuser face à ces gens qui n'ont jamais rien produit de leur vie si ce n'est des lois coercitives? Devrions-nous expier le pêcher de performance? NON, nous n'avons pas à subir ce traitement. Nous réussissons parce que nous sommes bon, parce que nos idées fonctionnent, parce que nous sommes meilleurs que d'autres, nous n'avons pas à subir des lois qui feraient de notre réussite un échec.
Ils ne pensent qu'en termes sociaux, mais le social est-il d'être à al solde de l'état? De recevoir des aides avec de l'argent d'on ne sait où? Ou est-ce que le social est de tout faire pour créer des emplois? De tout faire pour que les entreprises soient prospères afin qu'elles recrutent toujours plus, qu'elles créent toujours plus de richesses? Le vrai social est là, dans la production de richesses. Le patron entasse les euros, et alors? Les employés aussi. Mais pour contrôler un peuple, il faut l'affaiblir juste ce qu'il faut, pour qu'ils croient en des lendemains qui chantent, plus d'aides, plus d'argent facile, plus de vie facile. Mais cette vie facile a un coût, un coût énorme pour les générations futures et ce coût s'appelle la dette souveraine.
Alors maintenant doit-on partir? doit-on rester et se battre au risque de tout perdre non pas par manque de lucidité en affaire mais parce que des étrangers à ma vie, à vos vies décident de nous mettre des bâtons dans les roues? Je suis prêt à tout perdre si j'ai été mauvais mais je ne suis pas prêt à tout perdre parce que des cerveaux déficients emplis de haine à l'égards de ceux qui créent (par jalousie). La question est donc celle-là: je reste ou je pars?...
Réponse de le 22/10/2012 à 16:58 :
Vous partez. Au dela de ce que dicte le bon sens, il y a les mentalites, qui mettront plusieurs generations a changer et qui font que meme si le remede est connu, le patient n'en voudra pas. On vit dans un pays qui refuse de voir la realite en face, se complait dans la paresse, devalise les patrons qui lui donnent a bouffer et crache sur les investisseurs qui le font tourner.

Prendre aux riches pour donner aux pauvres est une ideologie bidon qui ne peut pas marcher. La seule voie qui garantisse repartition equitable des richesses et ascencion sociale, c'est le travail. Sans patron ni actionnaire, il n'y a purement et simplement pas d'entreprise: donc pas de salaires, pas de prestations sociales, pas de developpement. Si donc on tape sur ceux qui bossent et ceux qui financent la croissance, il n'y a plus beaucoup d'espoir.

Si vous avez la certitude que le train va dans le mur, les passagers s'en foutent et le conducteur est aveugle, vous prenez les mesures qui s'imposent: vous sautez pendant qu'il en est encore temps. Prenez toutefois le temps de vendre votre maison pendant que ca vaut encore quelquechose; en Espagne, l'immobilier a baisse de 75% dans certaines regions. Je sais c'est dur (je l'ai fait), mais si ca se trouve, vous la racheterez bien moins cher d'ici peu.
a écrit le 22/10/2012 à 14:21 :
À quand une manifestation ? Est le blocage des prélÚvements stop à la prostitution non à l état y font nous mettre sur le trottoir !!!
a écrit le 22/10/2012 à 14:17 :
A voir d'urgence !!
http://www.aupaysdespigeons.com/
a écrit le 22/10/2012 à 14:13 :
Tempéré pour éviter les monopoles et les abus de réglementation si destructeurs de créativité et de partage des richesses en fonction du mérite et non du statut de l'entreprise et des salariés.Les monopoles: objectifs communs des capitalistes mondiaux (privés) et des socialistes à leur botte pour mieux profiter du pouvoir local en faisant croire à la générosité de l'Etat providence qui ne sait que créer de nouveaux élus (décentralisation) et hauts fonctionnaires (genre BPI) sur le dos du peuple.
Réponse de le 23/10/2012 à 20:04 :
Reçu 5/5 , quand j'ai quitté la France en 1999 (loi 35H) je me suis plaint à un sénateur maire que la France est en train de créer deux catégories de citoyens : d'un côté les fonctionnaires avec tous leurs privilèges et de l'autre côté les privés corvéables à volonté. Il faut absolument sortir de cette politique de lutte de classe. Existe-t-il une classe politique qui osera porter la création de valeurs comme étendard : éthique, sociétale, économique.
a écrit le 22/10/2012 à 14:11 :
Bravo pour votre mouvement, un autre est en marche "les vaches à lait" qui elles aussi ont décidé de dire stop aux nombreuses taxations variées et de toute nature pour financer un assistanat et un train de vie de nos institutions jamais remis en cause. Le mouvement donne RDV à tous sur les parvis des mairies des plus grandes villes et au Trocadéro le 25 novembre à 15H
a écrit le 22/10/2012 à 13:17 :
En France depuis 223 ans, les révolutions ont toujours été l'iniative des libéraux et du peuple affamé souhaitant retrouver sa liberté pour espérer un meilleur avenir.

A priori, ce mouvement n'est pas terminé.
et va à nouveau se faire entendre pour nous assurer un avenir.C'est une grande chance.

Vive le libéralisme tempéré mais enfin assumé ! en France à droite comme à gauche.
le capital-socialisme, c'est bientôt fini
Réponse de le 22/10/2012 à 13:36 :
libéralisme tempéré? tempéré par qui/quoi? c'est justement l'inverse du libéralisme que de tempérer...
a écrit le 22/10/2012 à 13:07 :
La loi de finances 2013 a créé un nouveau droit :
Le droit à l'euthanasie des petites entreprises.

Couper la perfusion vitale de capitaux pour les TPE que sont toutes les start up, c'est la fin garantie de leur survie, de leur développement, de leur reproduction, pour le bien de tous, de l'économie et de l'emploi à venir.

C'est la finalité socialiste : l'echec de la réussite individuelle et collective privée : l'adversaire sans visage...

Vous avez besoin de capitaux pour vous développer ?
Endettez vous auprès de la BPI. Ces énarques vous en sauront reconnaissant...
Car si vous échouez, la BPI se servira sur votre capital initial pour vous plumer légalement jusqu'à ce que vous renonciez définitivement d'entreprendre en France.
Bon courage !
et vive la liberté !


a écrit le 22/10/2012 à 13:07 :
La loi de finances 2013 a créé un nouveau droit :
Le droit à l'euthanasie des petites entreprises.

Couper la perfusion vitale de capitaux pour les TPE que sont toutes les start up, c'est la fin garantie de leur survie, de leur développement, de leur reproduction, pour le bien de tous, de l'économie et de l'emploi à venir.

C'est la finalité socialiste : l'echec de la réussite individuelle et collective privée : l'adversaire sans visage...

Vous avez besoin de capitaux pour vous développer ?
Endettez vous auprès de la BPI. Ces énarques vous en sauront reconnaissant...
Car si vous échouez, la BPI se servira sur votre capital initial pour vous plumer légalement jusqu'à ce que vous renonciez définitivement d'entreprendre en France.
Bon courage !
et vive la liberté !


a écrit le 22/10/2012 à 13:06 :
Bonjour,
Je suis une jeune artisan depuis quelques mois, j'ai 25 ans, je n'ai jamais fait de politique, je suis surement très maladroite dans mes propos, mais j'ai un avis. Et je m'inquiète.
Je prends de gros risques personnels à me lancer dans cette aventure. Mais je le fais par passion, par amour de mon métier, par envie de relancer le patrimoine français: nous avons du talent, c'est historique, dans beaucoup de domaine artisanaux! Mais nous le gâchons depuis trop de temps à le délocaliser pour une main d??uvre moins couteuse. Et parce que le système français pompe les jeunes créateurs tels que nous. Donc soit nous abandonnons, soit nous partons où nous serons mieux traité...
L'état a tout le loisir de taxer les grosses entreprises; pourquoi vouloir taxer les petites structures qui ne font déjà pas beaucoup de bénéfices... laissez nous grandir, pour mieux nous taxer par la suite!
A force de brimer les gens, personne ne voudra plus prendre de risques...
Je vous présente mes excuses: mon avis est dix fois moins pertinent que les vôtres, vous avez une culture économique, politique et historique que je n'ai pas et je vois d'ici à quel point je vais être critiqué pour ce commentaire.... mais tant pis, j'assume!
Réponse de le 22/10/2012 à 13:29 :
Bien sûr que non.
Vous avez mille fois raison.
Battez vous.
Si vous ne vous occupez pas de politique, c'est elle qui s'occupera de vous.
"en ces temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire" Georges Orwell
Réponse de le 22/10/2012 à 13:34 :
Merci de votre témoignage sincère et loin d'être ridicule.
En effet, une omerta médiatique a toujours enveloppé la question du paiement de l'IS en France par les entreprises du CAC40 - d'après les rares sources que l'on peut trouver sur le sujet il semblerait que la majorité des boîtes du CAC40 échappent à tout ou partie de l'IS en France, ce qui représenterait un manque à gagner évalué, selon les sources, entre 9 et 14 milliards d'euros... TOTAL par exemple ne paierait pas d'impôts en France... voir http://resultat-exploitations.blogs.liberation.fr/finances/2011/03/iscac40.html
Réponse de le 22/10/2012 à 13:34 :
C'est surprenant cette humilité excessive dont vous faites preuve, je pense que votre avis compte tout autant que d'autres, car vous tes en premiere ligne de notre économie. Dans quel domaine vous lancez-vous si ce n'est pas indiscret?
Réponse de le 22/10/2012 à 13:55 :
Merci pour vos encouragements! Je ne m'attendais pas à ces réactions positives!

@Loic: je débute en tant que créatrice de mode. Je viens de créer une petite marque d'accessoires et espère pouvoir développer une collection de prêt à porter haut de gamme. Je n'ai pas la prétention de relancer l'industrie textiles française, mais je souhaiterai tout faire faire ici. Par convictions éthique et "sociale"!!!
a écrit le 22/10/2012 à 12:53 :
Et que dire du traitement fiscal des fondateurs - comme c'est le cas dans plusieurs pactes d'actionnaires et qui pour cause de forte intensité capitalistique de leur activité, - commencent comme très minoritaires et touchent/exercent au moment opportun (parfois peu de temps avant une cession totale de l'entreprise) des BSPCE ou actions gratuites pour les rétribuer de leurs efforts au développement et création de valeur pour tous leurs actionnaires sponsors et familles? Ceux là aussi doivent s'acquitter d'une taxation assassine??
a écrit le 22/10/2012 à 12:36 :
plus j'entend les "pigeons", plus j'ai envie de mettre à la chasse
Réponse de le 22/10/2012 à 13:21 :
C'est dommage que vous passiez pour quelqu'un de stupide pas uniquement à cause de l'oublie d'un "me"!
Réponse de le 22/10/2012 à 14:34 :
+1 avec dommage!
a écrit le 22/10/2012 à 12:22 :
il faut inclure également les "repreneurs" d'affaires dans les créateurs...Sinon, comment prénérnniser les sociétés PME à céder et développer...Ce qui prouve que ces rafistolages de textes n'ont aucun sens, on ne peut écrire une bonne copie à partir d'un texte initial qui n'a aucun sens et qui va faire bcp de mal
a écrit le 22/10/2012 à 12:01 :
Merci à tous les "tristes sirs" de leurs commentaires ci-dessous... Très représentatifs de notre culture française : dès qu'il y en a 1 qui bouge, il y en a 40 qui regardent et critiquent... Personnellement, je viens juste de faire suivre la pétition à une centaine de mes amis entrepreneurs.
a écrit le 22/10/2012 à 10:49 :
Monsieur Chamboredon,

Je ne comprends pas pourquoi un taux, tout compris, de 42% vous paraît trop élevé pour une plus value pour une plus value effectuée sur une durée de détention de 6 ans.

Quel serait , pour vous , le chiffre correct ?
Zéro ?
Moins qu'aujourd'hui ?
Comme aujourd'hui parce qu'il ne faut jamais rien changer ?

Il me semble assez normal que le taux augmente par rapport à la situation existante : il faut bien trouver de l'argent pour rembourser cette foutue dette. Soyons davantage responsable que d'autres corporations et arrêtons ces réflexes corporatistes primaires.

Même s'il est plus efficace de faire payer davantage de pauvres , il est plus juste qu'un effort supplémentaire soit effectué par ceux qui perçoivent davantage d'argent.

Par ailleurs, un entrepreneur ne change de stratégie ou d'implication dans son entreprise si le taux de prélèvement, à la sortie , est de 35% ou 42%

Alain
Réponse de le 22/10/2012 à 13:02 :
vous dites "Il faut bien trouver de l'argent...", c'est là le coeur du problème : avant de "ponctionner" de la richesse, il faut d'abord la créer !!! Jouez à SimCity Monsieur Alain !!
Réponse de le 22/10/2012 à 14:12 :
Il me semble de le communisme contemporain est mois oppressant!
Réponse de le 22/10/2012 à 15:18 :
Frizou, il me semble que lorsqu'on parle de plus values , ça veut bien dire que la valeur à déjà été créee. Non ? Je ne joue pas à SimCity (mais je suis un entrepreneur qui a crée sa boite et qui emploie 40 collaborateurs) . Si, dans SimCiity, on paye de la plus value avant d'avoir vendu, je vous conseille de changer de jeu -:)
Alain
a écrit le 22/10/2012 à 10:13 :
Si on analyse la séquence des événements depuis la levée de boucliers contre le projet de loi de finances, on voit que l'enthousiasme des pigeons et de leurs leaders ont en partie payé, mais que le poison inhérent au projet de loi produit toujours son effet. L'enthousiasme pigeonnesque fait penser aux conscrits de Valmy, mal organisés, mais portés par un élan juste. Le revers de la médaille, c'est que cette désorganisation n'a pas permis de pousser les feux et d'obtenir une victoire totale. Il eût fallu nommer très vite un groupe de généraux assistés d'experts en fiscalité et en négociation, plutôt que de partir au combat cheveux au vent, et, à mon avis, commencer de montrer ses muscles dans un premier rassemblement fédérateur, sans forcément parler de manif. Ce mouvement apprendra-t-il de ses revers ?
a écrit le 22/10/2012 à 9:56 :
Deja le connetable de Bourbon au moment de trahir Francois 1er disait que c'etait pour demasquer le despotisme du souverain et le triste sort du peuple. Heureusement en France nous avons egalement des cheveliers Bayard. Reprenez ou prenez un livre d'histoire et vous verrez comment l'histoire a traite l'un et l'autre M. le pigeon en chef.
a écrit le 22/10/2012 à 9:21 :
Rien de nouveau sous le soleil. Vous n'attendiez pas d'un gouvernement socialiste qu'il lâche du lest au privé quand même, si ? Non seulement la France déteste les entrepreneurs mais elle veut les faire disparaître. Et comme disait Marx, le meilleur moyen de faire disparaître le capitalisme, c'est de taxer. Nous y sommes. Nous assistons en direct au meurtre du secteur privé. N'auront plus le droit de créer aujourd'hui que les fonctionnaires et assimilés, bienvenue en République Socialiste Française.

De plus, monsieur Chamboredon, il ne vous a pas échappé qu'en plus des entrepreneurs ce sont les investisseurs qui sont floués. Et pas que les business angels. Le barouf des entrepreneurs à permis de faire oublier le meurtre de l'investissement privé pile au moment où apparaît une "banque publique d'investissement". Hé oui, l'Etat vient de s'approprier le monopole du financement de l'innovation, ce qui veut dire qu'il vient de nationaliser toute la chaîne de valeur de l'innovation, de la création à la revente. Même Chavez ne l'a pas fait.

Ce qu'il faut retenir au milieu de ce renouveau du collectivisme, et je pÚse mes mots, c'est que les pigeons sont vraiments mauvais en politique. C'est bien mignon d'expliquer l'économie à des gens qui ont trÚs bien compris comment ça marche, mais ça ne sert à rien, preuve de plus. La politique c'est l'exercice du pouvoir, pas la recherche de ce qui est le plus efficace. Le gouvernement veut mettre le secteur privé à sa botte, et les entrepreneurs n'ont opposé aucune résistance. Les lois sont là, les entreprises, les innovations, la valeur ajoutée qui peut en découler appartiennent à l'Etat. La propriété privée n'existe plus. Vous n'avez plus que le droit de payer et de fermer vos gueules.

Le temps des négociations et de la diplomatie est terminé, et vous avez perdu sur toute la ligne. J'espÚre que vous l'avez bien compris.
Réponse de le 22/10/2012 à 10:06 :
Cela n'engage que moi, mais je ne crois pas (encore) au totalitarisme....
Réponse de le 22/10/2012 à 10:46 :
C'est sur que nous n'allons pas voir des militaires à baïonnette demain. Mais le fait est que la propriété privée n'existe plus, et que le gouvernement vient de nationaliser l'innovation.

Les limites de la sphère privée sont partout, celle de l'Etat nulle part. Il n'y a aucune limite claire à la main mise de l'Etat sur la richesse privée et sur la vie privée des individus. Essayez de créer une entreprise, a fortiori hors du secteur internet, et vous comprendrez ce que "bureaucratie" et "administrations qui veulent votre peau" veulent dire. L'Etat peut, sans vous demandez votre avis, faire passer une loi inique ne reposant sur rien qui viendra tuer la rentabilité de votre entreprise et donc, indirectement, vous forcer à mettre la clé sous la porte. En matière de fiscalité, il n'y a même plus de limite à la spoliation, le seul recours restant aux gens est la jurisprudence Binet (6 février 2007 n°05-11-246) établie au regard du 1er protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l?Homme et selon laquelle l?impôt ne doit conduire ni « à l?absorption intégrale des revenus de demandeurs, ni à l?aliénation forcée d?une partie de leur patrimoine, ni même à une diminution de celui-ci, ni à une expropriation quelconque ». A condition qu'elle soit appliquée, ce qui n'est même pas assuré.

Vous pouvez considérez que ce n'est pas du totalitarisme, en effet, mais nier que nos libertés n'existent plus serait, à mon avis, franchement être aveugle. Votre patrimoine ne vous appartient pas, et vos droits sont conditionnés au bon vouloir d'une poignée d'énarques. Appelez ça comme vous voulez, mais ce n'est pas acceptable.
a écrit le 22/10/2012 à 9:07 :
Cher JD, vous avez cru pouvoir gagner votre combat en opposant les entrepreneurs avec les autres victimes des socialistes. Vous en avez même désignés certains à la vindicte fiscale des socialistes, en opposant une prétendue "rente" au risque pris par les entrepreneurs, espérant sans doute vous cacher derrière eux. Ce faisant, vous avez encouragé le jeu de la division voulu par le gouvernement et vous ne pouviez qu'échouer. Il est temps d'apprendre de vos échecs. C'est en vous unissant avec toutes les victimes du socialisme, quelles qu'elles soient, que vous pourrez faire fléchir ce gouvernement. Prenez conscience que, désormais, vous faites de la politique, de la vraie politique !

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