Le co-fondateur de Wikipédia à l'assaut des "faits alternatifs"

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Le co-fondateur de Wikipedia Jimmy Wales a lancé une campagne de financement participatif pendant 30 jours pour soutenir le lancement de Wikitribune.
Le co-fondateur de Wikipedia Jimmy Wales a lancé une campagne de financement participatif pendant 30 jours pour soutenir le lancement de Wikitribune. (Crédits : REUTERS/Kirsty Wigglesworth/POO)
Jimmy Wales veut lancer un site dédié à la vérification des informations qui circulent sur le web. Le co-fondateur de l'encyclopédie communautaire souhaite embaucher une dizaine de journalistes et faire appel aux contributeurs pour renforcer la véracité des contenus publiés sur cette nouvelle plateforme intitulée Wikitribune.

Les projets contre les "fake news" se multiplient. Lundi soir, le co-fondateur de Wikipédia Jimmy Wales a annoncé le lancement d'une plateforme intitulée Wikitribune pour combattre les "faits alternatifs" et la désinformation. L'événement déclencheur qui l'a incité à concrétiser ce projet est la nomination à la Maison Blanche de la célèbre conseillère de Donald Trump Kellyanne Conway. Cette spécialiste des sondages avait annoncé un attentat qui n'a jamais existé quelques jours après l'investiture du président américain.

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"C'est un projet qui auquel je pense depuis longtemps. Mais les choses sont devenues une évidence pour moi après le Brexit et l'élection de Donald Trump. J'avais le sentiment que les choses n'allaient pas. La qualité de quelques médias déclinait dans plusieurs domaines - pas tous les domaines - et il y a un réel désir du public pour un contenu plus sérieux et plus fiable", a expliqué Jimmy Wales au site spécialisé The Verge.

Un système hybride

Wikitribune doit reposer sur un système hybride basé à la fois sur des journalistes professionnels et une communauté de rédacteurs volontaires qui pourront éditer des articles sur le même modèle que Wikipedia. Jimmy Wales a indiqué que les sujets traiteront de l'actualité politique, des sciences ou encore de la technologie.

"Nous voulons être sûrs que vous lisez des articles basés sur des faits qui ont un impact réel à la fois au niveau local et au niveau global. Et ces articles peuvent être facilement vérifiés et améliorés."

Décrivant Wikitribune comme un site proposant de "l'actualité par les citoyens et pour les citoyens", Wales a expliqué que "c'est la première fois que des journalistes professionnels et des journalistes citoyens vont travailler ensemble et à un même niveau pour écrire des histoires sur ce qui se passe, les éditer et les développer tout en ayant un retour de la communauté qui va vérifier et revérifier tous les faits".

Dans une interview au Financial Times, l'entrepreneur a ajouté que les sujets d'actualité couverts par Wikitribune pourront être déterminés par les lecteurs et les communautés qui financent le site. "Prenez la communauté qui s'intéresse au bitcoin par exemple [...] Si cette communauté veut se rassembler et financer un journaliste pour couvrir ce sujet, ils peuvent le faire."

Un financement participatif pour le lancement

La plateforme a mis en place une interface pour permettre un financement participatif sécurisé avec un don minimum de dix dollars. La campagne doit durer un mois et devrait permettre de récolter des dons pour recruter et payer 10 journalistes pour commencer. Pour le premier jour de la campagne, la plateforme compte déjà 483 donateurs.

Le but de de cet appel aux donateurs est de financer une rédaction de journalistes professionnels payés pour écrire "des sujets d'actualité générale" rappelle le Niemanlab . Dans le même temps, des contributeurs volontaires "pourront examiner les faits, aideront les journalistes à rendre leur écriture plus neutre et plus factuelle et feront le maximum pour que les sources soient transparentes en proposant par exemple une retranscription complète des entretiens audios et vidéos. De cette manière, Wikitribune a pour but de combattre la prolifération des 'fake news' en ligne".

Tous les contenus vont être librement accessibles à tous les lecteurs. En ce qui concerne la publicité, le site précise qu'il n y aura pas d'annonceurs et que la majorité des revenus devraient provenir des contributions des donateurs.

Des réserves sur la fiabilité

Le lancement de Wikitribune a suscité quelques réserves. Charlie Beckett, professeur à la London School of Economics, a ainsi rappelé au Financial Times  les limites d'un modèle basé sur les contributions à l'instar de Wikipédia :

" Wikipédia est une ressource incroyable... Mais ce n'est pas scientifique. C'est alimenté par les contributions des volontaires et parfois, cela n'aide pas forcément. Si vous voulez des faits avérés et vérifiés, Wikipédia n'est pas le meilleur outil."

En réponse, Wales conçoit que le nouveau site va devoir gagner la confiance des lecteurs. "Il y aura toujours des cyniques" explique-t-il mais "un modèle économique basé sur des contributeurs et des donateurs et non des clics" devraient aider le site à assurer un journalisme de qualité.

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