Orange et Canal+ réfléchissent bien à s’unir pour contrer SFR

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Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
Stéphane Richard, le PDG d'Orange. (Crédits : Reuters)
L’opérateur historique et la chaîne de Vincent Bolloré étudient différents scénarios pour empêcher l’opérateur au carré rouge de rafler trop de contenus et de droits sportifs.

Chez Orange, l'appétit de SFR pour les contenus et les droits sportifs suscite des remous ! D'après Les Echos, l'opérateur historique compte doper son partenariat avec la chaîne de Vincent Bolloré pour l'aider « à investir dans ses programmes ». « Aujourd'hui, nous avons des discussions avec Canal+ sur les appels d'offres de sport, pour voir comment on pourrait les aider y compris financièrement », affirme une source proche d'Orange au quotidien économique. En d'autres termes, les contacts « préliminaires » qui ont commencé il y a quelques mois entre les deux groupes semblent se renforcer. Les Echos évoquent une piste : la création d'une « nouvelle société de commercialisation pour Canal+ en France », dont Orange serait « l'actionnaire majoritaire ».

De quoi permettre à un Canal+ affaibli de faire un retour en force sur le marché des droits sportifs et des contenus. Ce qui profiterait à Orange, qui ne veut pas voir les plus belles affiches de football et les meilleurs programmes partir chez son rival, craignant que ses abonnés ne filent, à terme, à la concurrence. Chez l'opérateur historique, l'état-major semble désormais déterminé à ne pas se laisser damer le pion sur ce front. Il faut dire que depuis quelques mois, SFR siphonne tout ce qui passe à sa portée : des contenus sportifs à la télévision, en passant par le cinéma. Après avoir chipé la Premier League à Canal+, l'opérateur de Patrick Drahi lui a soufflé, début décembre, l'exclusivité des chaînes Discovery et NBCUniversal (13ème rue, Syfy, E!). Et début janvier, le site Puremedias.com indiquait que SFR comptait lui arracher les droits de la F1 !

Mécontentement de l'Arcep

Bref, cela commence à faire beaucoup. Surtout, des droits hautement stratégiques seront prochainement mis en vente : ceux de la Ligue 1 et de la Ligue des champions. Pour de nombreux analystes, ceux-ci sont perçus comme des aimants à abonnés de choix... Côté Ligue 1, Canal+ dispose des meilleures affiches jusqu'en 2020. Mais qu'en sera-t-il pour les saisons suivantes si SFR signe un gros chèque ? Côté Ligue des champions, l'appel d'offre pour la période 2018-2021 se déroulera cette année. Et il y a fort à parier que l'opérateur de Patrick Drahi y participera.

Quoi qu'il en soit, cette bataille des contenus ne fait pas que des heureux. A commencer par l'Arcep, le régulateur du secteur. Fin janvier, son président, Sébastien Soriano, s'est inquiété que ces emplettes dans les médias ne nuisent aux investissements dans les réseaux. « Je préférerai que les opérateurs affichent clairement leur souhait d'investir dans la fibre, dans la 4G, dans la 5G, plutôt que d'évoquer en permanence les contenus », a-t-il indiqué au Financial Times. Mais vraisemblablement, ni Orange ni SFR ne comptent, pour l'heure, en rester là...

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Commentaires
a écrit le 14/02/2017 à 9:19 :
Soriano défend ses petits copains d'Orange contre vents (sfr) et marées (les petits opérateurs). Pourquoi?

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