Quelle est la stratégie d’Emmanuel Macron, remplaçant d'Arnaud Montebourg à Bercy, pour dynamiser l’économie ?
Arrivé au ministère de l'Economie fin août, Emmanuel Macron, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée, s'est très vite différencié de son prédécesseur à Bercy : il se veut moins brutal, plus à l'écoute, mais tout aussi déterminé... Une main de fer dans un gant de velours ?
Très vite, il imprime sa patte. Avec quelques déclarations plus ou moins maladroites, plus oui moins calculées, le nouveau ministre de l'Economie affiche sa volonté de secouer l'économie française. Son crédo : il n'y a pas de tabou ! Ses déclarations faites au Point sur les 35 heures juste avant sa nomination déclenchent immédiatement la polémique.
Ses commentaires sur la réforme de l'assurance-chômage, qu'il juge insuffisante, déclenchent également la colère de l'aile gauche de la majorité. Le Front de gauche est furieux.
A la rentrée, la France tente de convaincre Bruxelles de l'honnêteté de son projet de budget 2015. Si celui-ci est rejeté, le calendrier des réformes structurelles pourrait s'accélérer.
Reprenant le chantier de la loi sur la croissance et le pouvoir d'achat lancé par Arnaud Montebourg, qu'il renomme loi pour la croissance et l'activité, Emmanuel Macron s'attire les foudres des professions règlementées.
Reste maintenant à savoir ce qu'il restera du projet de loi une fois celui-ci débattu au Parlement. Le Parti socialiste a d'ores et déjà prévenu que certaines mesures seraient modifiées. A la gauche du Parti, les critiques sont très sévères.
Pour sortir la France de l'ornière, la coopération franco-allemande est relancée. Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, son homologue allemand s'inspireront-ils du rapport rédigé par Jean Pisani-Ferry et Henrik Enderlein ?
En attendant que son action se traduise par des dixièmes de point de croissance supplémentaires, que pensent les Français - à l'exception des professions règlementées furieuses contre le projet de loi qu'il porte - de leur ministre de l'Economie ? Ils le soutiennent.