Airbus présente la nouvelle version de l'A350

 |   |  779  mots
Airbus occupe le devant de la scène du salon aéronautique de Farnborough outre-Manche avec la présentation de sa gamme A350 revue et corrigée. La nouvelle mouture du programme A350, estampillée "XWB" avec un fuselage élargi par rapport aux premières versions.

Attendu par l'ensemble de la profession, Christian Streiff, le tout nouveau PDG d'Airbus, a présenté aujourd'hui au salon de Farnborough la nouvelle version du long courrier A350, destiné à contrer le futur 787 de Boeing qui remporte un franc succès commercial. Afin de faire face aux nombreuses critiques, la nouvelle mouture du programme A350, estampillée "XWB" pour "Extra Wide Bogy" (à fuselage extra-large), sera donc dotée d'un fuselage plus large que les premières versions, qui prévoyaient de transporter entre 250 et 300 passagers, selon les déclinaisons, grâce à 8 rangées de front. L'avionneur s'est d'ailleurs offert ce matin une double page de publicité dans le Financial Times dévoilant une partie du nouveau projet. Présent sur le tarmac de Farnborough, l'A350 XWB est qualifié de "dérivé inspiré de l'A380".

Le lancement industriel aura lieu dans trois mois, a précisé Christian Streiff pour sa première allocution en public depuis sa nomination à la tête de l'avionneur européen. Il a ajouté que l'avionneur tirerait les leçons des problèmes qui ont conduit au nouveau délai du programme A380, soulignant que, par mesure de prudence, Airbus se donnait trois mois avant de procéder au lancement industriel de l'A350, même si, pour reprendre ses termes, cela pourrait être fait "dès demain". En revanche, la mise en service de l'appareil reste fixée à 2012, même s'il a indiqué que ses équipes feraient tout ce qui est possible pour accélérer ce projet.

Lancé en 2005 pour contrer le 787 de Boeing, l'A350, un avion de 250 à 300 places dérivé de l'A330, n'a pas réussi à décoller commercialement face au modèle concurrent. Réputé peu gourmand en carburant, le 787 récolte au contraire un franc succès auprès des compagnies aériennes, qui souffrent de la hausse des prix du pétrole. Le directeur commercial d'Airbus John Leahy a d'ailleurs reconnu que "certains clients" du précédent projet d'A350 "réclamaient des dédommagements" après l'abandon de celui-ci. Il a estimé que la compagnie pourrait en perdre "un ou deux" sur la dizaine qui avaient passé un total de 100 commandes fermes.

L'A350 XWB reprendra certains développements mis en oeuvre pour la première version mais il bénéficiera d'un design entièrement repensé et des dernières technologies. Pour ce faire, EADS avait déjà indiqué que le coût de développement du projet va doubler pour atteindre 8 milliards d'euros. Reste à savoir si l'Allemagne, la France et l'Espagne, les États partenaires du groupe d'aéronautique et de défense, qui détiennent 80% d'Airbus, suivront et participeront au financement dans ces nouvelles conditions. De même, la question de la participation de la Grande-Bretagne reste ouverte alors que le groupe britannique BAE Systems, qui avait décidé de céder sa participation de 20% dans Airbus, hésite encore à le faire.

Christian Streiff a reconnu qu'Airbus "espère le soutien et l'aide des gouvernements" -France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne- au nouveau programme, tout en reconnaissant que "la forme exacte" de ceux-ci "restait à déterminer, pour éviter d'inutiles conflits transatlantiques". Le PDG faisait allusion à la guerre commerciale qui oppose l'Europe et les États-Unis devant l'OMC sur leurs aides respectives à Airbus et Boeing, jugées anticoncurrentielles par l'autre partie.

Le nouveau président d'Airbus a également déclaré qu'il lancera dans les mois à venir un "nouveau plan d'action" pour améliorer la compétitivité d'Airbus. Il s'est également engagé auprès des compagnies qui ont acheté des A380 de les tenir informées en permanence des progrès accomplis dans la remise en ordre du programme. "Ce que je promets de faire, c'est de transformer cette crise en une opportunité et de refaire d'Airbus la compagnie que vous aimez", a déclaré Christian Streiff.


Nouvelle commande pour Boeing
La compagnie low-cost, Lion Air a exercé aujourd'hui des options d'achat lui donnant le droit d'acquérir auprès de Boeing 30 appareils 737-900ER, pour une valeur totale de plus de 2,2 milliards de dollars. La livraison de ces avions devrait commencer en début d'année 2010 pour se terminer en 2010, précise le groupe américain dans un communiqué publié à l'occasion du salon aéronautique de Farnborough. La compagnie basée à Jakarta, avait commandé en juillet 2005 30 avions 737-900ER, accord qui s'était accompagné de la souscription de 30 options d'achats supplémentaires. Par ailleurs, Boeing a reconnu connaître, à l'instar de son rival, des problèmes de production. Le futur long-courrier 787 de Boeing se heurte à des problèmes de poids et aux retards de certains fournisseurs, mais l'avionneur américain tiendra son calendrier, a indiqué lundi le patron de sa branche aviation commerciale, Alan Mulally.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :