Fedex annule sa commande d'Airbus A380 cargo pour acheter des Boeing

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Face aux retards de livraison rencontrés par l'A380, le groupe américain de messagerie et de colis a notifié à Airbus, filiale d'EADS, l'annulation de sa commande qui portait sur dix de ces appareils dans leur version cargo. Fedex a annoncé qu'il les remplacerait par 15 avions B777 cargo de Boeing.

Pour le constructeur aéronautique européen Airbus, filiale d'EADS, la nouvelle fait mal. Négociations, concessions et autres arrangements n'auront semble-t-il pas permis d'éviter le pire, à savoir la première annulation de commande du futur A380 décidée par un client. Ainsi contrairement à Air France, Quantas, Emirates ou Lufthansa, Fedex a annoncé cet après-midi tirer une croix sur son bon de commande de dix très gros porteur A380. Un mal n'arrivant jamais seul, le géant américain du transport express a ajouté qu'il allait les remplacer par 15 avions B777 du concurrent américain Boeing.

"La décision d'acheter des B777 a été prise après qu'Airbus a annoncé des retards significatifs dans la livraison d'A380", a souligné Fedex dans un communiqué, ajoutant avoir "notifié à Airbus l'annulation d'une commande de dix A380-800F", la version cargo de cet appareil. Outre la commande ferme de 15 appareils auprès de Boeing, Fedex indique avoir pris une option sur l'achat de 15 autres appareils de l'avionneur américain.

Fedex avait déjà fait savoir le 3 octobre dernier que l'avionneur européen l'avait informé d'un retard pour cette commande reportant à 2010 les premières livraisons, attendues initialement en août 2008. "Airbus s'est trouvé dans l'incapacité de nous donner un délai raisonnable pour la version cargo de l'A380", raconte à latribune.fr Alain Chaillé, le vice-président de Fedex pour l'Europe du Sud. "Nous avions besoin dès 2009 d'une capacité de transport suffisante pour soutenir notre forte croissance mondiale, il était donc primordial de trouver une solution de remplacement très rapidement", poursuit-il, "nous nous sommes alors tournés vers Boeing".

Pour sa part, Airbus "regrette" la décision du groupe américain mais dit "garder confiance" dans cette version de son avion géant. Empêtré dans les retards de livraison de son avion gros porteur A380, le constructeur européen avait annoncé début octobre que ces contre-temps pèseraient à hauteur de 6,3 milliards d'euros sur la trésorerie du groupe entre 2006 et 2010.

Dans le même temps, le conseil d'administration d'EADS, maison mère d'Airbus, s'est réuni cet après-midi pour évoquer le sort de son biréacteur long courrier A350XWB à fuselage élargi (XWB, Extra Wide Body), censé riposter au futur Boeing 787, sans pour autant franchir le pas du lancement officiel de ce programme. Le coût du projet est évalué à environ 10 milliards d'euros. Le groupe s'est refusé à donner le moindre détail sur cette "réunion interne", qui s'est tenue à Amsterdam.

Une source proche du dossier a toutefois indiqué à l'AFP (Agence France Presse) que le conseil d'administration avait abordé le dossier, qualifiant l'A350 de "programme nécessaire pour répondre aux attentes des clients sur ce créneau qui représente 40% du marché mondial". Quelques semaines supplémentaires "ne seront pas de trop pour mettre au point le dossier", a ajouté cette source. En octobre, le groupe avait déclaré devoir engager près de 10 milliards d'euros d'ici 2012 pour modifier en profondeur son modèle d'A350XWB, qui dans sa version initiale avait déçu les clients.

Survenue en fin de séance à la Bourse de Paris, l'annonce a fait dévisser le titre EADS qui affichait en clôture la plus forte baisse du CAC 40, reculant de 3,05% à 20,66 euros.

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