Les grands enseignements du caucus de l'Iowa

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Au lendemain de la courte victoire de Mitt Romney face à Rick Santorum, les deux candidats tentent de capitaliser. Grande perdante du scrutin, Michele Bachmann a retiré sa candidature.

Il aura fallu attendre le tout dernier bureau de vote pour connaître, dans la nuit de mardi à mercredi, le vainqueur du caucus de l'Iowa, qui marque le début des primaires pour l'investiture républicaine. Jamais dans toute l'histoire, une primaire n'avait été aussi serrée. Au final, Mitt Romney devance Rick Santorum de 8 voix alors que près de 125.000 votants se sont déplacés. Certes, ce caucus n'est qu'une première étape dans un long processus, qui prendra officiellement fin le 30 août. Mais il est aussi riche en enseignements.

Mitt Romney a-t-il déjà gagné ?

L'ancien sénateur du Massachusetts semble toujours le mieux placé pour décrocher l'investiture républicaine. Mais il ne parvient toujours pas à susciter un grand enthousiasme au-delà de ses partisans de la première heure. Son score dans l'Iowa est ainsi identique à celui de 2008. Au niveau national, il plafonne depuis le début de la campagne sous le seuil des 25% des intentions de votes. S'il a déjà victoire acquise dans le New Hampshire, qui votera mardi prochain, il est encore devancé dans les sondages en Caroline du Sud et en Floride, deux Etats qui auront valeur de test. Pas assez conservateur pour la majorité des sympathisants républicains, il pourrait être victime d'un mouvement de rejet et d'une coalition de ses opposants. Ses atouts demeurent : une meilleure organisation sur le terrain, un avantage financier et le statut de seul candidat capable de battre Barack Obama. Il devrait également enregistrer le soutien de John McCain, le candidat républicain battu en 2008.

Rick Santorum peut-il tenir ?

Il y a encore deux semaines, le candidat de la droite catholique agonisait au fond des sondages. Mais il a enregistré une percée fulgurante à l'approche du scrutin. Reste maintenant à savoir si cette dynamique positive va se poursuivre. Dans l'Iowa, il évoluait sur un terrain favorable, où son discours basé sur les valeurs et sur la famille a été plébiscité par les évangélistes. Il a également centré sa campagne sur la classe ouvrière, plaçant l'industrie au coeur de son programme économique. Si sa percée ne s'est pas encore confirmée dans le New Hampshire et au niveau national, il pourrait désormais concentrer sur son nom l'ensemble des électeurs sociaux-conservateurs. Les dons devraient également affluer ces prochains jours, lui permettant d'améliorer son organisation et d'acheter plus d'espaces publicitaires. Mais cette courte défaite pourrait aussi bien ressembler au succès de Mike Huckabee en 2008, qui n'avait pas confirmé après avoir remporté ce premier caucus. Rick Santorum va se retrouver sous le feu des projecteurs et il va être attaqué par ses adversaires, notamment sur son "électibilité". Sa victoire serait en effet du pain béni pour Barack Obama : le président américain n'aurait aucun mal à triompher d'un adversaire aussi marqué à droite, qui avait perdu de 17 points en 2006 son poste de sénateur de Pennsylvanie.

Quel bilan pour les autres candidats ?

Avec deux fois plus de voix qu'en 2008, Ron Paul a confirmé son ascension. Mais le candidat libertarien espérait s'imposer dans l'Iowa. Soutenu par des fidèles militants, il peine en revanche à élargir son électorat. Peu d'observateurs estiment qu'il pourra se mêler à la lutte pour l'investiture. Mais il devrait maintenir sa candidature jusqu'au bout. Victime de nombreuses attaques, Newt Gingrich a limité les dégâts. Il va désormais devoir se montrer plus offensif pour inverser cette dynamique. Au niveau national, il fait toujours jeu égal avec Mitt Romney. Rick Perry et Michele Bachmann sont les deux grands perdants de la soirée. Aucun des deux candidats n'a réussi à rassembler les électeurs conservateurs, perdant toute chance de jouer un rôle dans cette campagne. Le premier - qui avait dépensé 6 millions de dollars dans l'Iowa - va rentrer au Texas pour réévaluer sa candidature et pourrait donc rapidement abandonner. La seconde a déjà jeté l'éponge. En août, la représentante du Minnesota était arrivée en tête au cours du "straw poll" (consultation test) de l'Iowa. Mardi, elle n'a recueilli que 5% des voix. Elle pourrait apporter son soutien à Rick Santorum. Enfin, Jon Hunstman avait décidé de faire l'impasse sur l'Iowa, terrain peu propice à sa candidature. Il mise tout sur le New Hampshire, avec l'obligation d'y réaliser un bon score.

Barack Obama est-il le réel gagnant du caucus de l'Iowa ?

Plus Mitt Romney est contesté dans le camp républicain, plus il est contraint de durcir son discours pour rassurer les conservateurs et plus Barack Obama peut voir venir. Une élection présidentielle américaine se joue le plus souvent au centre, chez les électeurs indépendants, souvent modérés. En tant que candidat, Mitt Romney devra alors trouver le bon équilibre pour mobiliser l'aile droite, qui pour l'instant le rejette, de son parti sans effrayer les indépendants. Par ailleurs, le score de Rick Santorum ne manquera pas d'être utilisé par les démocrates. "Le programme extrémiste du Tea party a remporté une nette victoire", a déjà lancé Jim Messina, le directeur de campagne de Barack Obama.

La prochaine primaire aura lieu mardi 10 janvier dans le New Hampshire. Mitt Romney, qui réside dans cet Etat du nord-ouest des Etats-Unis, caracole en tête des sondages. Le vrai rendez-vous est donc en Caroline du Sud, qui votera le 21 janvier. Depuis 1980, le vainqueur de cette primaire a toujours remporté l'investiture républicaine. Suivra la Floride le 31 janvier. Si Mitt Romney remporte ces deux scrutins, il aurait déjà quasiment victoire acquise. Mais ces deux votes pourraient aussi changer la donne. 

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Commentaires
a écrit le 05/01/2012 à 22:55 :
Les caucus ici ce sont les peuples (de lr'Europe)
a écrit le 05/01/2012 à 12:20 :
Mitt Romney le candidat de Wall-Street contre Ron Paul le candidat anti-Wall-Street, anti Fed, et anti système militaro-industriel. Si les américains ne font pas la différence (aidé en cela par les merdias qui comme en France ne fond que de la propagande) tout continuera à aller bien pour eux (comme en France dans la continuité de l'immobilisme pour le plus grand bonheur des Bankers). Par contre, je prends les paris que si par le plus grand des hasard (les votes ne sont pas truqués, les américains deviennent intelligents) et que Ron Paul est (ou risque de l'être) élu pour concourir contre Obama : soit il lui arrive un petit accident, soit Obama se dépêche de déclencher les hostilités contre l'Iran avec toutes les lois martiales qui vont bien pour l'empêcher de prendre le pouvoir.
a écrit le 04/01/2012 à 18:27 :
Mitt Romney .... il a une chance de caucus !

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