Wall Street termine en baisse après les prévisions de la Fed

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Les places américaines ont terminé dans le rouge ce mercredi après l'abaissement des perspectives de la Réserve Fédérale et après les prévisions décevantes de Hewlett-Packard. Le Dow Jones perd ainsi 0,62% à 8.422 points, le Nasdaq recule de 0,39% à 1.728 points et le S&P 500 cède 0,51% à 903 points.

Retournement de tendance ce mercredi à Wall Street. Après avoir ouvert en hausse, malgré les prévisions décevantes de Hewlett-Packard, les marchés américains ont d'abord perdu un grande partie de leurs gains initiaux alors que les investisseurs se sont finalement détournés des valeurs bancaires. Ces dernières avaient nettement progressé en début de séance, les opérateurs saluant le succès de l'augmentation de capital de Bank of America. En outre, les propos rassurants de Timothy Geithner étaient également bien accueillis. Le secrétaire au Trésor américain a notamment estimé que des signes montraient que le système financier était bien en phase de guérison. Il a par ailleurs précisé que les premiers rachats d'actifs toxiques auront lieu sous six semaines.

Les indices new-yorkais sont par la suite repassés dans le rouge après l'abaissement par la Réserve fédérale de ses prévisions de croissance de l'économie américaine pour 2009 et 2010. Le Dow Jones perd ainsi 0,62% à 8.422 points, le Nasdaq recule de 0,39% à 1.728 points et le S&P 500 cède 0,51% à 903 points.

La Réserve fédérale a donc abaissé dans la soirée ses prévisions pour 2009 et 2010. La banque centrale américaine table en effet sur un repli de l'activité compris entre 1,3 et 2% cette année alors qu'elle misait en février encore sur une chute moins allant de 0,5% à 1,3%. Pour autant, la Fed attend toujours une reprise de l'activité au deuxième semestre de l'année, notant dans ses traditionnelles minutes de politique monétaire, qui rendent compte de sa dernière réunion d'avril, des signes de ralentissement de la récession depuis avril, après trois trimestres de recul du PIB. Mais cette reprise sera moins forte que prévu: elle n'attend plus qu'une croissance comprise entre 2 et 3% l'an prochain (contre de 2,5 à 3,3% en février). Elle a en revanche maintenu ses perspectives pour 2011, à savoir une progression de l'activité américaine allant de 3,5 à 4,8%

Du côté des valeurs, Bank of America prend 2,22% à 11,50 dollars. La première banque américaine a annoncé ce mercredi qu'elle avait levé 13,47 milliards de dollars sur les marchés à l'issue de l'augmentation de capital lancée après les résultats des tests de résistance (stress tests). Les autorités américaines avaient alors enjoint l'établissement de Caroline du Nord à renforcer son capital à hauteur de 33,9 milliards de dollars, afin d'être suffisamment bien armé pour faire face à une nouvelle dégradation de l'économie américaine. Bank of America a six mois pour trouver ces fonds et ne compte pas faire appel à une nouvelle aide de l'Etat, après avoir déjà reçu 45 milliards de dollars. Le groupe a cédé la semaine passée pour 7,3 milliards de dollars d'actions de la banque chinoise China Construction Bank.

Hewlett-Packard (HP) recule de 5,22% à 34,67 dollars. Les ventes du premier fabricant mondial d'ordinateurs ont déçu les investisseurs, à 27,35 milliards de dollars au titre de son deuxième trimestre. Surtout le groupe a abaissé ses prévisions de chiffre d'affaires pour l'ensemble de l'année, misant sur un repli compris entre 4 et 5% de ses revenus, contre une précédente fourchette allant de -2 à -5%. De février à avril, HP a vu son bénéfice net reculer de 17%, à 1,7 milliard de dollars. Par action, il ressort à 86 cents hors éléments exceptionnels. Un chiffre conforme aux attentes des analystes. Le groupe a en outre maintenu sa prévision de bénéfice par action (BPA) annuel, entre 3,76 dollars et 3,88 dollars hors exceptionnels. Le consensus est de 3,75 dollars. Dans la foulée de la publication de ses résultats, Hewlett-Packard a annoncé la suppression de 6.400 emplois supplémentaires, soit 2% de ses effectifs mondiaux.

Toujours sur le front des résultats, Deere gagne 1,16% à 44,33 dollars. Le numéro un mondial des machines agricoles a publié ce mercredi un repli de 38% de ses profits au titre du deuxième trimestre de son exercice décalé 2008-09, à 472 millions de dollars. Par action, ils s'élèvent à 1,11 dollar, soit 4 cents de mieux que les attentes des marchés. Son chiffre d'affaires est en revanche inférieur au consensus, à 6,75 milliards de dollars. Les analystes escomptaient des ventes de 6,86 milliards. En outre, les investisseurs ne sanctionnent pas la révision à la baisse des prévisions annuelles. Deere n'attend plus qu'un bénéfice net de 1,1 milliard de dollars pour l'ensemble de son exercice, contre 1,5 milliard précédemment et 1,31 milliard anticipé par les investisseurs.

Target progresse de 2,38% à 42,94 dollars. Le deuxième distributeur américain à bas prix a dégagé un bénéfice net de 522 millions de dollars au tritre de son premier trimestre. Par action, cela représente 69 cents, soit 9 cents de mieux que les prévisions des analystes. Début mai, le groupe avait déjà prévenu que ses résultats seraient supérieurs aux attentes. Ses ventes sont stables à 1,48 milliard de dollars sur la période, mais elles ont reculé de 3,7% à nombre de magasins comparables.

General Motors grimpe de 12,60% à 1,43 dollar. Trois offres définitives pour le rachat de sa filiale européenne Opel ont été déposées ce mercredi soir auprès du gouvernement allemand. Deux des prétendants étaient déjà connus: le constructeur italien Fiat et l'équipementier automobile canadien Magna. Le troisième est le fonds d'investissements RHJ International. La décision du géant de Detroit est attendue au plus tard en début de semaine prochaine. Cette vente fait partie des mesures que souhaite prendre le premier constructeur automobile américain dans le cadre de son plan de restructuration. Il doit présenter avant le 1er juin une nouvelle mouture de ce dernier, afin de convaincre l'Etat américain de lui accorder de nouveaux prêts et ainsi lui éviter de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Le premier producteur mondial de produits de grande consommation Procter & Gamble progresse de 2,02% à 54,02 dollars. Barclay's a revu à la hausse sa recommandation sur le titre, passant de "pondération en ligne" à "surpondération", avec un objectif de cours relevé de 56 à 60 dollars. L'établissement estime que le groupe pourrait connaître une reprise de la croissance de ses ventes et de ses profits. Sur les trois premiers mois de l'année, le propriétaire des marques Ariel, Pampers et Gillette a vu son bénéfice net reculer de 4% et son chiffre d'affaires baisser de 8%.

Enfin, Analog Devices s'envole de 15,65% à 23,80 dollars. Le fabricant d'équipements pour la fabrication de semi-conducteurs a publié de résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Ses profits ont ainsi reculé moins fortement que prévu, à 51,8 millions de dollars. Hors exceptionnels, ils s'élèvent à 21 cents par action sur la période, contre un consensus de 9 cents. De plus, les prévisions du groupe dépassent les estimations des analystes. Le BPA devrait ainsi être compris entre 17 et 19 cents sur le trimestre en cours, contre 11 cents escomptés par les marchés. Et le chiffre d'affaires devrait atteindre 475 millions de dollars. Les investisseurs misent sur 438,7 millions de dollars.

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