Après le bond de Wall Street, Paris casse la barre des 4.600 points, l'automobile et l'aérien exultent

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(Crédits : Regis Duvignau)
Wall Street, dynamisée par la reprise de l'économie, a ouvert en forte hausse. L'annonce du dépôt de bilan du loueur de voitures Hertz vendredi et de celui de la principale compagnie aérienne d'Amérique latine, LATAM, lundi, n'ont pas spécialement entamé l'enthousiasme des investisseurs. En Europe, les Bourses de Londres et de Paris finissaient toutes deux en hausse, notamment le CAC 40 qui vient de casser la barre des 4.600 points, avec les secteurs de l'automobile et de l'aérien en pleine euphorie après les annonces de plans de soutien respectivement de 8 milliards d'euros (annonces de Macron ce soir) et de 123 milliards de dollars (Iata).

La Bourse de New York montait nettement à l'ouverture mardi, les investisseurs faisant preuve d'optimisme face à la reprise progressive de l'activité économique, illustrée par la réouverture partielle du parquet de Wall Street. Vers 14H25 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, montait de 2,41% à 25.053,65 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, prenait 1,48% à 9.462,19 points. Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, gagnait 1,90% à 3.011,53 points.

Sur l'ensemble de la semaine dernière, le Dow Jones était monté de 3,3% et le Nasdaq de 3,4%, enregistrant au passage leurs gains hebdomadaires les plus importants depuis avril avant un week-end prolongé par un jour férié lundi aux Etats-Unis. La hausse des indices "est portée par le même sentiment qui persiste depuis le 23 mars", quand les indices ont atteint un plancher, "avec l'espoir que l'activité économique ne peut que s'améliorer", remarque Patrick O'Hare de Briefing.

Cet espoir est lui-même alimenté par "tout le soutien financier et monétaire apporté par les autorités", "un ralentissement des nouveaux cas de Covid-19", "un progrès rapide vers le développement d'un vaccin" et "la réouverture des économies suspendues" pendant la pandémie, estime l'expert.

Les valeurs à suivre à New York

La biotech américaine Novavax (+13,60%) a notamment annoncé lundi le début d'un essai clinique d'un vaccin contre le nouveau coronavirus sur 130 patients volontaires avec de premiers résultats attendus en juillet.

Le groupe pharmaceutique Merck (+1,24%) a de son côté indiqué mardi avoir engagé une collaboration avec l'organisme International AIDS Vaccine Initiative (IAVI) pour le développement d'un vaccin contre le Covid-19. L'entreprise a aussi noué un partenariat avec Ridgeback Bio pour des recherches sur un traitement au Covid-19.

"Rien n'a été prouvé du côté des vaccins, mais cela n'a pas d'importance aux yeux des investisseurs. L'idée qu'il y a un effort massif de collaborations pour découvrir un vaccin suffit à soutenir le rebond du marché", souligne M. O'Hare.

Les investisseurs continuaient par ailleurs à surveiller la levée progressive des restrictions imposées au plus fort de la pandémie pour limiter sa propagation, symbolisée mardi par la réouverture partielle du célèbre parquet du New York Stock Exchange (NYSE).

Le gouverneur de l'État de New York Andrew Cuomo, portant un masque comme l'ensemble des personnes présentes dans la salle, a pour l'occasion sonné la cloche marquant l'ouverture de la séance.

Le président américain a, lui, salué par un tweet le retour du Dow Jones au-dessus du seuil des 25.000 points et celui du S&P 500 au-dessus des 3.000 points.

"Il y aura des hauts et des bas, mais l'année prochaine sera l'une des meilleures", a écrit Donald Trump sur le réseau social.

Les indicateurs du jour étaient pour leur part aussi plutôt encourageants. Ainsi, la confiance des consommateurs s'est légèrement améliorée en mai par rapport à avril, selon l'indice du Conference Board. Les ventes de maisons neuves aux Etats-Unis sont de leur côté reparties en très légère hausse de 0,6% en mai.

L'annonce du dépôt de bilan du loueur de voitures Hertz vendredi et de celui de la principale compagnie aérienne d'Amérique latine, LATAM, lundi, n'a pas spécialement entamé l'enthousiasme des investisseurs. Les deux groupes ont été touchés de plein fouet par la chute de leur activité depuis le début de la pandémie de Covid-19. Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait, évoluant à 0,6949% contre 0,6591% vendredi soir.

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La Bourse de Paris casse le seuil des 4.600 points (+1,46%)

La Bourse de Paris a continué de progresser mardi (+1,46%), dynamisée par un ensemble d'éléments positifs qui donnent de l'élan aux investisseurs en actions, dépassant le seuil des 4.600 points.

L'indice CAC 40 a gagné 66,33 points à 4.606,24 points, dans un volume d'échanges de 4,1 milliards d'euros. La veille, il avait fini en net rebond (+2,15%).

La cote parisienne est restée dans le vert pendant toute la séance.

"Entre la macroéconomie qui se dégrade moins, les perspectives de non rechute sanitaire, de reprise d'activité un peu partout, et des banques centrales qui ont prévenu qu'elles seraient encore là pour stimuler l'économie", tout cela fait remonter le marché, résume Alexandre Neuvy, responsable de la gestion privée chez Amplegest.

"Il n'y a pas de dégradation dans les derniers indicateurs macroéconomiques", les chiffres américains publiés au cours de la séance étant "moins pires que le mois passé", tout comme le baromètre Ifo du moral des entrepreneurs allemands la veille, explique-t-il à l'AFP.

Aux Etats-Unis, la confiance des consommateurs s'est légèrement améliorée en mai par rapport à avril, après deux mois de chute. Quant aux ventes de maisons neuves, elles sont reparties en très légère hausse de 0,6% en avril par rapport à mars.

Côté sanitaire, "la plupart des pays qui ont commencé à déconfiner n'observent pas de rechute" pour l'instant, ce qui donne confiance aux marchés, complète M. Neuvy.

Pour l'expert, le rebond en cours, marqué par un redressement des valeurs massacrées et des valeurs de croissance un peu souffrantes, est "sans doute en grande partie technique".

Les investisseurs ne se sont pas inquiétés de la mise en garde de la Banque centrale européenne. Selon l'institut, les craintes d'éclatement de la zone euro risquent de ressurgir avec l'explosion de l'endettement public dans la plupart des pays pour faire face à l'impact du coronavirus.

L'empilement des plans de soutien à coup de centaines de milliards d'euros pris par les gouvernements pour contrer les dégâts de la pandémie de Covid-19 sur l'économie, va peser sur les dettes des Etats.

Par ailleurs, l'Union européenne et le Japon vont défendre une stratégie de relance économique ambitieuse pour sortir de la crise provoquée par la pandémie lors du prochain sommet du G7 en juin aux Etats-Unis.

Sur le plan des valeurs, celles qui avaient été durement sanctionnées ces deux derniers mois, ont rebondi tandis que les défensives ont fléchi un peu.

Les valeurs à suivre à Paris : l'automobile et l'aérien en pleine euphorie

Le secteur automobile a été en liesse après l'annonce d'un plan de soutien dépassant 8 milliards d'euros : Renault a avancé de 6,62% à 19,15 euros et Peugeot de 4,78% à 12,83 euros.

Les foncières ont profité à plein du retour de l'optimisme et du retour à la normale attendu en matière commerciale. Unibail-Rodamco-Westfield (URW) a grimpé de 11,27% à 49,55 euros, tout comme Klépierre de 12,61% à 16,79 euros et Mercialys de 10,69% à 6,99 euros.

Axa a avancé de 4,95% à 17,60 tandis que l'assureur prévoit d'investir 500 millions supplémentaires auprès des PME et ETI.

Air France-KLM (+10,64% à 4,17 euros) et Airbus (+7,11% à 62,81 euros) ont comme célébré les 123 milliards de dollars d'aides, selon l'Iata, apportées par les États pour permettre la survie des compagnies aériennes terrassées par la crise du coronavirus.

Vallourec a décollé de 16,3% à 34,05 euros, aidé par la bonne orientation du pétrole et par des facteurs techniques très favorables après l'annonce d'une opération de regroupement d'actions.

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La Bourse de Londres optimiste sur la réouverture des économies (+1,24%)

La Bourse de Londres a terminé en nette hausse de 1,24% mardi, portée par les déconfinements en cours et la réouverture prochaine de nombreux commerces au Royaume-Uni. A la clôture, l'indice FTSE-100 des principales valeurs a pris 74,48 points à 6.067,76 points au retour d'un week-end de trois jours.

Le marché britannique a rouvert ses portes en forte hausse mais a un peu perdu de l'élan au fil de la séance. Les investisseurs ont repris espoir en raison du reflux de la pandémie en Europe et de la poursuite du déconfinement dans de nombreux pays.

"Malgré les incertitudes sur l'efficacité d'un vaccin ou de traitements, l'assouplissement en cours des restrictions permet aux actions de monter une fois encore", souligne Joshua Mahony, analyste chez IG.

Au Royaume-Uni, les marchés et concessionnaires automobiles pourront rouvrir la semaine prochaine et l'ensemble des commerces non-essentiels le 15 juin. Les investisseurs ont accueilli en outre favorablement le baromètre GfK témoignant d'une amélioration du moral des consommateurs en Allemagne.

Les valeurs à suivre à Londres : pharmacie et santé à la peine

Le tourisme grimpe. Ces valeurs ont bénéficié de l'espoir entourant le déconfinement et la perspective de voir les frontières rouvertes prochainement. La compagnie aérienne EasyJet, qui a annoncé le départ de son directeur financier quelques jours après avoir été confirmé à son poste par les actionnaires, a pris 19,34% à 665,20 pence et le groupe hôtelier Intercontinental Hotels 9,27% à 3.985,00 pence.

L'habillement en forte hausse. Ces titres ont été soutenus par l'annonce du Royaume-Uni d'une réouverture mi-juin des commerces non-essentiels. La chaîne de vêtements Next a gagné 5,26% à 4.824,00 pence et celle d'articles de sport JD Sports 10,20% à 622,40 pence.

Le constructeur automobile Aston Martin s'envole (+27,92% à 45,36 pence). Le constructeur de voitures de luxe, coté en dehors du FTSE-100, a annoncé le départ du directeur général Andy Palmer, remplacé par Tobias Moers, l'actuel patron de Mercedes-AMG, division de bolides de course de Daimler.

La pharmacie et la santé souffrent. Les investisseurs se sont détournés de ces valeurs qui avaient été recherchées au plus fort de la pandémie. Le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) a perdu 0,89% à 1.648,40 pence et le groupe de produits d'hygiène et de santé Reckitt Benckiser 1,91% à 6.996,00 pence.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2020 à 19:08 :
plus on nous promet chômage sang et larmes pour le peuple, plus la bourse exulte: rien ne change !
merci les banques centrales au service des financiers c'est-à-dire de leur caste
a écrit le 27/05/2020 à 10:00 :
Coût du programme a380, 20000 emploi 15 ans de boulot, 12mds euros, coût de la réponse a la crise, 123 mds euros, avion plébiscité par les clients, a380, avions mis au rebus pour des motifs de manque de capacité de gestion, a380, on pourrait faire 10programmes industriels pour le montant injecté, ces politiques et financiers sont des escrocs, ils n' ont aucune compétence pour diriger le monde, seulement des campagnes électorales et le détournement du pouvoir.
a écrit le 27/05/2020 à 9:56 :
Des milliards d'argent public injectés directement dans les paradis fiscaux des dragons célestes, ils exultent c'est une certitude, ne faisant que confirmer ce que je dis.
a écrit le 26/05/2020 à 18:52 :
Paniquez pas !! Les bourses pètent des records !! Tout va bien. Et donc, je ne comprends pas les discours catastrophiques et catastrophés de nos politiques, à commencer par Darmanin. C'est beau l'ultralibéralisme déconnecté du monde réel...

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