La peur du coronavirus pousse les Bourses vers la correction

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(Crédits : Brendan McDermid)
Les indices européens viennent d'aligner quatre séances consécutives de baisse et la perspective d'une correction, à savoir d'un recul d'au moins 10% par rapport à leurs récents plus hauts, se profile.

Les principales Bourses européennes se rapprochent mercredi de la zone de correction, la menace que fait planer sur l'économie mondiale la propagation du coronavirus coupant l'appétit des investisseurs pour les actifs risqués.

À Paris, l'indice CAC 40 lâchait 2% vers 10h30. À Francfort, le Dax chutait de 2,5% et à Londres, le FTSE abandonnait 1,5%. L'indice EuroStoxx 600 de la zone euro reculait de 2,26%.

Ces indices viennent d'aligner quatre séances consécutives de baisse et la perspective d'une correction, à savoir d'un recul d'au moins 10% par rapport à leurs récents plus hauts, se profile.

A Wall Street, le Dow Jones a cédé 3,15% mardi soir, ce qui porte à plus de 8% la baisse enregistrée depuis son dernier plus haut du 12 février. En Asie, la Bourse de Tokyo a terminé en baisse de 0,8%, à un plus bas de quatre mois. En Chine continentale, les indices ont cédé du terrain en dépit de la baisse du nombre de nouvelles contaminations journalières dans le pays. Le CSI 300 des grandes capitalisations a reculé de 1,2%.

Les inquiétudes sont montées d'un cran outre-Atlantique lorsque le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) a recommandé aux Américains de commencer à se préparer à une propagation du coronavirus. Même si le risque immédiat aux Etats-Unis reste faible, la situation globale évoque une pandémie, la liste des pays ayant recensé des cas de contamination ne cessant de s'allonger.

Impact sur la croissance

Le marché paraît avoir enterré l'hypothèse d'un rebond économique et semble se préparer à un impact significatif de l'épidémie sur la croissance mondiale. "L'honnêteté intellectuelle impliquerait pourtant de reconnaître qu'à ce stade, nul n'est en mesure de connaître les conséquences économiques du coronavirus car nous ne possédons pas assez de données sur les perturbations au niveau de la chaîne de production", écrivent dans une note les analystes de Saxo Banque.

"Selon toute vraisemblance, il faudra attendre les statistiques du mois de mars (notamment les PMI) pour avoir une première idée précise", ajoutent-ils. "Par conséquent, méfions-nous à ce stade des estimations avancées ici et là qui ont assez peu de chances d'être en prise avec la réalité."

Un vent de panique n'en continue pas moins de souffler sur les Bourses européennes, maintenant dans le rouge tous les indices sectoriels, à commencer par les plus exposés à la Chine comme les transports et les loisirs (-3,51%). Accor, Sodexo et Airbus figurent parmi les plus fortes baisses du CAC avec des replis de 1,6% à 2,3%.

La publication des résultats trimestriels des entreprises continue parallèlement d'animer la cote. Ceux de Suez (-2,6)% et surtout Biomérieux (-12%) sont sanctionnés. Hermès a publié des résultats en hausse mais sa dépendance au marché chinois inquiète les investisseurs. Le titre perd 1,6%. PSA limite la casse (-0,1%) avec la publication de nouveaux résultats annuels records. Contre la tendance, Danone prend plus de 2% en dépit de l'abaissement de ses prévisions de ventes et de marge opérationnelle pour 2020 en évoquant notamment les incertitudes provoquées par l'épidémie de coronavirus.

Les taux américains au plus bas

Les craintes entourant l'épidémie de coronavirus ont poussé les investisseurs vers les actifs refuges et en particulier la dette américaine, ce qui a entraîné une forte baisse des rendements obligataires. Celui des Treasuries à 10 ans se stabilise mercredi autour de 1,32% après avoir touché la veille un plus bas historique à 1,3070%. Le rendement des emprunts d'Etat américains à 30 ans est pour sa part tombé jusqu'à 1,786%, là aussi un plus bas historique, avant de remonter à 1,804%. En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans se stabilise autour de -0,52%, au plus bas depuis quatre mois.

Le dollar est tiraillé entre le facteur de soutien lié à sa qualité d'actif refuge et l'effet négatif des anticipations d'une possible baisse des taux de la Réserve fédérale face aux conséquences économiques de l'économie de coronavirus. L'indice mesurant ses fluctuations par rapport à un panier de devises de référence est quasiment inchangé après avoir perdu 0,4% la veille; l'euro retombe se situe à 1,089.

Les cours du brut repartent à la baisse mercredi après déjà trois séances de fort repli. Le baril de Brent cote à 54,30 dollars et celui du brut léger américain (WTI) à 49,43 dollars. Ces deux contrats ont perdu respectivement plus de 17% et près de 19% depuis le début de l'année.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 26/02/2020 à 14:20 :
n'ayez pas peur acheter des actions françaises car nous ne sommes pas atteints par le coravinus covid 19 (pas de majuscules à cette bestiole) d'après le ministre de la santé ce jour l'épidémie n'est pas chez nous, elle s'arrête à la frontière franco italienne. Pas de crainte pour les supporter italiens ils ne sont pas dans les zones mises en quarantaine, (à Amiens et Strasbourg idem.). Formidable les supporters italiens ne subissent pas la période d'INCUBATION liée au virus (c'est inédit...). Dormons tranquilles......
a écrit le 26/02/2020 à 12:42 :
Pour une fois que leur peur est justifiée, étant donné que l'on voit bien comme le virus se répand hyper vite.

Ce serait même les politiciens les plus dans le déni, certainement parce que voyant que les pots de vin vont forcément diminuer, alors ils nous envoient au casse pipe, en plus les plus de 60 ans c'est génial pour eux !

Sois le bienvenu en UE COVID 19 !
a écrit le 26/02/2020 à 12:06 :
Les riches et les spéculateurs ont peur pour eux !

Si ce virus avait été circonscrit a quelques pays pauvres, je pense que comme tout, tout aurait été business as usual !

C'est intéressant, car lorsqu'il y a une crise sanitaire autour de la faim, finalement cela montre que la bourse ne réagit pas.....

Donc j'en conclus qu'elle réagit au fait surtout que cela touche les consommateurs et pas les citoyens.

C'est intéressant de le constater !
a écrit le 26/02/2020 à 11:48 :
Le principal symptôme de ce virus est la peur apparemment, en Chine il y a eu 2700 morts pour une population de 1.5 milliards . En France, 65 millions d'habitants, la grippe saisonnière tue 2500 morts par an. Mais on a tous eu la grippe, donc on en a pas peur même si on sait qu'elle peut dégénérer. La classe politique va prendre des mesures disproportionnée de peur d'être pointée du doigt tandis qu'en Chine c'est quitte ou double, le régime risque de ressortir fragilisé et en même temps c'est l'occasion de prendre des mesures autoritaires pour renforcer la dictature . Bref le coronavirus est davantage une crise politique que sanitaire.
Réponse de le 26/02/2020 à 13:24 :
Vraiment, après 2 mois on peut encore lire ce commentaire absurde colporté pour rassurer le mouton ?

Posez vous cette simple question au lieu d'annoner les inepties que vous avez lu ou entendu. A-t-on jamais mis sous quarantaine des villes contre la grippe saisonnière ? voir plus de 60 millions de personnes bloquées en chine pour la grippe saisonnière ? ... je vous laisse un peu de temps pour que ça monte ...
Réponse de le 26/02/2020 à 14:02 :
Trouvez-moi la dernière personne de 20 ou 30 ans qui est morte de la grippe saisonnière.
Réponse de le 26/02/2020 à 14:14 :
@johnmackagan
"la grippe saisonnière tue 2500 morts par an".

Un peu plus :

Santé publique France, le nouveau nom de l’Institut de veille sanitaire (InVS), vient d’annoncer la fin de l’épidémie de grippe en France en 2017/2018. L’organisme annonce cette année 13 000 décès liés à la grippe. Pour autant, bien que ce chiffre puisse paraître élevé, il reste plus bas que celui de l’année dernière, où 14 348 personnes seraient décédées des suites de la grippe.
Réponse de le 26/02/2020 à 14:55 :
Que vous le vouliez ou non, 2500 morts pour un pays de 1.2 milliards c est rien du tout. La mortalite du virus est tres faible (2-3 % des contamines en meurent. autrement dit plus de 95 % vont survivrent)
En europe, ca va surement faire quelque centaines de mort au plus, moins que les gens qui se suicident ou les accidents domestiques (vous savez le gars qui tombe du toit ou d une echelle)

La peste au moyen age c est de 30 a 50 % de la population en moins, autrement dit rien a voir

Bref aucune raison de paniquer
Réponse de le 26/02/2020 à 16:51 :
@kwel
Les mesures prises contre le coronavirus ne prouvent absolument pas qu'elle est plus mortelle que la grippe saisonnière et au vu du rythme de progression de l'épidémie, il n'y a aucune chance que le coronavirus cause davantage de décès que la grippe. Cela dit je vois d'ici l'argument arriver comme quoi c'est grâce aux mesures de confinement...
@phil92
"Trouvez-moi la dernière personne de 20 ou 30 ans qui est morte de la grippe saisonnière. "
Il peut y avoir avec la grippe des complications respiratoires mortelles chez les jeunes adultes, renseignez-vous, c'est pour cela qu'on conseille aux asthmatiques de se vacciner.
a écrit le 26/02/2020 à 10:58 :
La réunion à Romes d'hier était justement de faire le choix des marchés plutôt que la protection contre coronavirus . Ils assument apparemment ce choix des morts potentielles
pour l'instant en devenir . C'est ce , qu'est devenue l'Europe l'argent au pouvoir . Ils ne se cachent plus de rien ils assument .

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