Aux Etats-Unis, l'inflation ralentit légèrement en avril à 4,9% sur un an

Au mois d'avril, l'inflation est tombée à son plus bas niveau depuis deux ans, selon l'indice CPI publié ce mercredi par le département américain du Travail, et sur lequel sont indexées les retraites. Les prix à la consommation se sont accrus de 4,9% le mois dernier sur un an, contre 5% sur un an. Les prix de certains biens connaissent encore de fortes hausses.
Les prix à la consommation ont augmenté de 4,9% sur un an en avril, contre +5,0% en mars, selon l'indice CPI.
Les prix à la consommation ont augmenté de 4,9% sur un an en avril, contre +5,0% en mars, selon l'indice CPI. (Crédits : Reuters)

[Article publié le mercredi 10 mai 2023 à 15h44 et mis à jour à 16h32] Un indicateur suffira-t-il pour amorcer une éventuelle baisse des taux d'intérêt, et ainsi acter un desserrement de la politique monétaire de la Fed ? Pas sûr. En avril 2023, les prix à la consommation aux Etats-Unis ont augmenté de 4,9% sur un an, selon l'indice CPI publié ce mercredi par le département du Travail, et sur lequel sont indexées les retraites.

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Sur les douze derniers mois, l'inflation américaine a donc ralenti, puisqu'elle est tombée à son plus bas niveau depuis avril 2021. Ce chiffre encourageant doit toutefois être nuancé. Les prix de certains biens et services comme le logement, les voitures d'occasion et l'essence à la pompe connaissent des hausses toujours fortes.

Mauvaise nouvelle pour Biden

La persistance de l'inflation sur ces dépenses incontournables apparaît comme une mauvaise nouvelle pour le président Joe Biden, qui brigue un second mandat en 2024. Il affronte actuellement l'opposition républicaine pour tenter de trouver un accord et relever le plafond de la dette. Objectif affiché : éviter un défaut de paiement des Etats-Unis, dont les conséquences pourraient être catastrophiques pour l'économie mondiale.

Une gouverneure de la Fed, Lisa Cook, avait même alerté, fin avril, sur une inflation « généralisée dans l'économie » aux Etats-Unis. La croissance américaine a fortement ralenti au premier trimestre, avec un produit intérieur brut en progression de 1,1% en rythme annualisé, contre 2,6% au quatrième trimestre 2022. Côté emploi, la balle reste dans le camp des travailleurs, bien que les employeurs aient retrouvé une certaine marge de manœuvre, après plus de deux années de pénurie de main-d'œuvre.

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Alors que le marché du travail devrait marquer le pas, allant de pair avec le ralentissement de l'économie, 235.000 emplois ont encore été créés en avril, bien plus qu'attendu, et le taux de chômage est tombé à 3,4%. Les salaires, eux, ont continué à augmenter, un peu moins vite cependant. Sur un mois seulement, l'inflation accélère ainsi de nouveau, à 0,4% contre 0,1% en mars. Les analystes tablaient sur 5,0% et 0,4%, selon le consensus de MarketWatch.

La Bourse de New York inspirée

Les marchés financiers, eux, ne semblaient pas vraiment rassurés non plus, évoluant en ordre dispersé. L'indice parisien CAC40 évoluait en légère baisse, à 7.391,29 points à 15h24, contre 7.403,62 points à l'ouverture de la Bourse de Paris. De leur côté, les places britannique et allemande évoluaient en très légère hausse en milieu d'après-midi ce mercredi.

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La Bourse de New York a, elle aussi, ouvert en hausse mercredi, inspirée par le ralentissement de l'inflation aux Etats-Unis, qui réduit la probabilité de nouvelles hausses de taux de la banque centrale américaine (Fed). Dans les premiers échanges, le Dow Jones prenait 0,57%, l'indice Nasdaq gagnait 1,11% et l'indice élargi S&P 500 s'appréciait de 0,84%. Le marché obligataire a immédiatement réagi à ces données et les taux se sont nettement contractés. Le rendement des emprunts d'Etat à 10 ans ressortait à 3,45%, contre 3,51% la veille en clôture.

« Ces données renforcent le sentiment que la Fed ne relèvera pas ses taux le mois prochain », a commenté Jeffrey Roach, de LPL Financial. « A mesure que l'inflation et l'économie ralentissent durant les prochains mois, la Fed pourrait même y trouver la justification de baisses de taux. »

L'inflation « est toujours à près de 5% », soit largement au-dessus de l'objectif de long terme de la Fed, situé autour de 2% par an, « donc pourquoi les actions montent-elles ? », a interrogé Adam Sarhan, de 50 Park Investments. « C'est parce que le marché fonctionne par projection. Et si cette tendance se poursuit, que l'inflation se calme, ce sera très bon pour l'économie et pour Wall Street. »

Les banques centrales inflexibles

Tout comme la Banque centrale européenne, la Fed n'anticipe pas de changement radical de sa politique monétaire pour l'heure. Pour rappel, la banque centrale américaine veut toujours ramener l'inflation à 2% par an, un niveau considéré comme sain pour l'économie. Au lieu de l'indice CPI, elle privilégie une autre mesure de l'inflation, l'indice PCE, dont les données pour avril seront publiées fin mai. Selon celui-ci, l'inflation avait ralenti en mars à 4,2% sur un an, contre 5,1% le mois précédent.

A ce stade, la Fed n'exclut pas un relèvement supplémentaire des taux lors de sa prochaine réunion, a même indiqué mardi un de ses responsables. « Nous n'avons pas dit que nous avions fini d'augmenter les taux », a asséné John Williams, le président de la Fed de New York.

« Nous n'avons pas décidé de ce que nous allions faire lors de nos prochaines réunions, (..) l'évolution de l'économie affectera évidemment nos décisions », a-t-il ajouté, devant l'Economic Club de New York.

La Fed avait relevé ses taux d'un quart de point à l'issue de sa dernière réunion. Ces hausses de taux renchérissent le coût des crédits accordés aux ménages et aux entreprises, afin de ralentir l'activité et de freiner l'inflation. L'institution monétaire avait alors aussi changé de ton par rapport aux réunions précédentes, laissant entendre qu'elle pourrait marquer une pause, après dix hausses successives.

Les effets de ces actions sur l'économie réelle mettent des mois à se faire sentir. Et, récemment, la crise bancaire a ajouté une couche supplémentaire de difficultés pour les emprunteurs, puisque les banques accordent moins facilement de crédits à leurs clients, ce qui agit comme une hausse des taux. La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 13 et 14 juin. La Fed a, depuis mars 2022, relevé de 5 points son principal taux directeur, le faisant passer de la fourchette de 0 à 0,25% dans laquelle il se trouvait depuis le début de la pandémie, à 5,00-5,25%.

Un nouveau relèvement des taux compliquerait et renchérirait encore l'accès au crédit pour les consommateurs. D'autant plus que la récente crise bancaire a rendu les banques frileuses pour octroyer des prêts aux ménages comme aux entreprises.

(Avec AFP)

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