ZOOM MACRO. Le taux de chômage le plus bas de France, des inégalités réduites et une industrie diversifiée. Fortement attractive, avec une démographie appelée à croître, la Bretagne sait se mobiliser pour faire aboutir les projets. Elle doit cependant relever plusieurs défis pour l’avenir, dont ceux de l’agri-écologie, de l’énergie et du maillage territorial.« D'une région à la dérive, au lendemain de la guerre, la Bretagne a patiemment construit ce qu'on appelle le modèle breton », dit volontiers Yves Morvan, professeur émérite d'économie à l'université de Rennes 1 et ancien président du conseil économique et régional de Bretagne. « Mais une grande partie du socle sur lequel elle avait construit son essor s'effrite », précise-t-il toutefois.
Si la région, une des rares à ne pas avoir fusionné dans le cadre de la réforme territoriale de 2015, doit métamorphoser son « modèle » pour emprunter de nouvelles voies d'essor, elle s'appuie sur un socle solide d'activités structurantes (filière alimentaire, naval-nautisme, numérique) et d'activités émergentes (cybersécurité, énergies marines renouvelables, smart grids, biotechs marines). En 2018, le PIB breton s'élevait à 99,5 milliards d'euros (neuvième rang des régions), soit 4% de la richesse produite en France, avec une valeur ajoutée dominée par les services marchands (33,2%).
« Malgré une année 2020 perturbée par la crise du Covid-19, la Bretagne a plutôt bien absorbé le choc. Le PIB 2020 sera en baisse mais ne montrera pas un trou de 8,3% comme au niveau national. La région conserve le taux de chômage le plus bas de France (6,5% contre 8% en France quatrième trimestre 2020) », observe François Bareau, directeur des relations institutionnelles de la CCI Bretagne.
Dynamisme économique et croissance démographique
Selon les chiffres de l'Insee Bretagne, l'emploi salarié a continué de progresser entre fin septembre et fin décembre 2020, affichant +0,2% de croissance après un rebond de 1,7% au troisième trimestre. La situation est contrastée entre l'Est et l'Ouest, avec des taux plus élevés du côté de Guingamp ou de Carhaix-Plouguer. « Cela traduit une bonne adéquation entre la formation et les offres d'emplois, le dynamisme des entreprises et des secteurs d'activité industrie-service diversifiés », analyse François Bareau.
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes