Apax France veut aider les PME à se digitaliser

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La société de private equity a finalisé en mars la levée de son neuvième fonds, d'un montant de plus d'un milliard d'euros, déjà investi à 35%.
La société de private equity a finalisé en mars la levée de son neuvième fonds, d'un montant de plus d'un milliard d'euros, déjà investi à 35%. (Crédits : Apax France)
Le pionnier français de l’investissement dans les entreprises non cotées s’est doté d’un "chief digital officer" pour aider les entreprises de son portefeuille à se mettre à l’e-commerce notamment. A terme, il n’exclut pas de se lancer dans le capital-risque.

Il n'y a pas que Google qui peut aider les PME françaises à s'adapter au numérique. La société de capital-investissement Apax France a fait de la digitalisation un de ses trois axes de création de valeur dans son univers de prédilection du « mid-market » (les grosses PME et ETI), avec l'internationalisation, autre point faible de nos entreprises moyennes, et la croissance par acquisitions pour créer des leaders.

Le pionnier français de l'investissement dans les entreprises non cotées, qui s'est spécialisé dans quelques secteurs dont les télécoms, médias et technologies, a recruté en juin dernier un Chief Digital Officer, Grégory Salinger, un ex de France Télécom et Microsoft (MSN France), qui a également dirigé Château Online et Videdressing.

« Nous avons recruté ce Chief Digital Officer pas tant pour nos besoins en interne que pour les entreprises de notre portefeuille. Sa mission est d'accompagner les dirigeants dans la transformation ou l'évolution digitale de leur entreprise » a expliqué Eddie Misrahi, le président d'Apax Partners MidMarket, lors d'une rencontre avec la presse vendredi.

Lire aussi : Un plan d'action pour combler le retard numérique des PME

« Tout est à faire dans le digital »


Ce sera par exemple le cas chez le chausseur haut de gamme Rautureau où « tout est à faire dans le digital : leur marque iconique Free Lance ne fait pas d'e-commerce » a fait valoir Caroline Rémus, la responsable d'Apax Partners Développement. Cette nouvelle structure est issue de l'acquisition cet été d'EPF Partners, spécialiste des small caps (valant une centaine de millions d'euros) : elle va fonctionner de manière autonome et lever un fonds de 200 à 250 millions d'euros pour investir des tickets de 30 à 40 millions d'euros par entreprise.

Ce défi du passage au numérique se pose aussi dans un secteur tel que le camping, très fragmenté, où les indépendants (80% du marché) manquent de moyens et peinent à trouver leur place dans un environnement concurrentiel bouleversé par l'arrivée de grandes plateformes comme Airbnb et Booking. Apax ambitionne de « créer un leader en France et en Europe » autour de la chaîne Sandaya, fondée par l'ex-n°2 de Pierre & Vacances, François Georges, et l'ex-n°2 de Center Parcs Europe, Xavier Guilbert, sur un positionnement « un peu à la Club Med », a expliqué Bruno Candelier, directeur associé distribution chez Apax.

Sandaya fait partie des premiers investissements réalisés dans le cadre du neuvième fonds levé par la société d'investissement, bouclé en mars, d'un montant d'un milliard d'euros (déjà investi à 35%).


Du private equity classique au capital-risque ?


La capacité d'adaptation des entreprises, notamment les PME familiales, aux mutations de leur modèle économique sous l'impulsion du digital fait désormais partie des due diligences d'un certain nombre d'acteurs du private equity.

« Nous effectuons un audit numérique des PME dans lesquelles nous envisageons d'investir, de façon  systématique depuis un an », a confié Eddie Misrahi. « Le rôle du Chief Digital Officer est aussi d'aider Apax et les entreprises de son portefeuille à s'intégrer dans l'écosystème digital, d'être bien connecté et non pas en subir les conséquences. »


Dans un secteur du private equity en concentration, où émergent de très grands acteurs présents sur tous les segments, Apax Partners ne passe-t-il pas à côté d'une tendance de fond en étant absent du capital-risque ?

« C'est une question qui mérite d'être posée », a répondu Eddie Misrahi. « Pas demain matin, car nous devons d'abord digérer EPF Partners. Mais le mouvement French Tech et l'innovation par le digital participent d'une vague très longue et durable. Nous devons comprendre ce qu'il se passe dans le venture capital. La Bpi pousse à la création d'acteurs de taille mondiale allant du venture au buyout », a-t-il relevé.

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