Bonus : la France s'inquiète de l'immobilisme de ses partenaires

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Les pays membres du G20 ne semblent pas pressés d'encadrer les rémunérations des banquiers. La France, qui compte elle appliquer fermement les principes adoptés au sommet de Pittsburgh, a peur de se retrouver seule sur ce terrain.

Dans le dossier des bonus, le gouvernement français craint de se faire avoir. En marge d'une réunion de préparation du prochain sommet du G20 à Saint Andrews (Ecosse), les 6 et 7 novembre prochain, un représentant du ministère de l'Economie a fait part des inquiétudes de l'Etat quant à la mise en place de réglementations contraignantes sur les rémunérations des banquiers dans les autres pays.

"On est quand même assez inquiet sur ce qui se passe dans la rémunération", a-t-il affirmé. Il a précisé que "quelques places financières" avaient commencé à mettre en ?uvre les mesures adoptées lors du G20 de Pittsburgh en septembre. Mais selon lui ce n'est pas assez.

Les Etats-Unis sont directement visés par cette déclaration. L'administration de Barack Obama a approuvé les règles édictées par le sommet, à savoir, l'étalement des bonus sur trois ans pour les principaux dirigeants, leur composition pour moitié en actions ou instruments liés aux marchés actions, l'interdiction des bonus garantis ou leur réduction en cas de mauvaise performance.

Or, pour le moment, la Banque centrale américaine (Fed) n'a pas montré un grand empressement à les faire appliquer. Elle s'est seulement lancée dans une "grande consultation" sans engagement chiffré. Une démarche que déplore le gouvernement.

En effet, si ces règles ont été jugées nécessaires par les dirigeants des vingt pays les plus puissants au monde, elles doivent, pour fonctionner, être appliquées par tous. Si un pays ne s'y soumet pas, nul doute qu'une situation de concurrence déséquilibrée sera créée, les banques transférant leurs activités et leurs équipes vers les pays les plus tolérants en matières de rémunération pour conserver leurs meilleurs éléments.

Et la France entend bien appliquer strictement les règles adoptées au G20. Dans ces conditions, elle n'a plus qu'à convaincre tous ses partenaires de l'imiter si elle ne veut pas passer pour le dindon de la farce.

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Commentaires
a écrit le 05/11/2009 à 15:55 :
Beaucoup d'agitation présidentielle....pour pas grand chose.Certain pays ne peuvent se permettre de perdre leur attractivité financière car leur économie en dépend. Comme d'habitude, la France qui n'a rien compris, se donne des bâtons pour se faire battre et bien sûr sera la dinde de la farce . Il y avait des problèmes bien plus urgents à régler( endettement abyssal, chômage exponentiel entre autres). mais c'est plus facile de parader et de vouloir donner des leçons que de s'attaquer aux vrais dysfonctionnements.
a écrit le 05/11/2009 à 11:04 :
en l'occurence la règle n'est pas si "élémentaire" que ça, en ce sens qu'elle emporte aussi des effets négatifs. Les places financières les plus "concurrentielles" et "attractives" - pour reprendre le vocabulaire en vogue chez les banquiers - hériteront aussi des traders les plus imprudents. Il n'est pas sûr que ce soit une affaire à moyen terme.
a écrit le 04/11/2009 à 16:21 :
La France, avec sa prétention à se mettre en travers des règles économiques les plus élémentaires, est déjà le dindon de la farce

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