Banques : les dessous d'une crise de confiance

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Infographie La Tribune
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Christine Lagarde a exhorté les banques européennes à une recapitalisation rapide. Une déclaration jugée irresponsable dans le contexte actuel des marchés. Le problème se situe plus du côté de la liquidité que du risque de solvabilité.

On croyait, depuis la publication des résultats des stress tests mi-juillet, les banques européennes à l'abri d'une crise de solvabilité (seules 8 banques sur 91 avaient échoué). Les différents établissements s'étaient eux-mêmes relayés pour affirmer leur solidité lors de la présentation de leurs résultats semestriels. Le 19 août, la Fédération Bancaire Française notait même que « leurs niveaux de fonds propres sont bien supérieurs aux exigences réglementaires et [que] les programmes de refinancement à moyen et long terme sont réalisés dans des conditions tout à fait satisfaisantes ». Frédéric Oudéa, PDG de Société Générale, a rappelé par exemple que sa banque dépassera les 9 % de ratio de fonds propres durs à l'heure de l'entrée en vigueur de Bâle III en 2013, « sans recourir à une augmentation de capital ». Pour Crédit Agricole, 90 % du programme annuel d'émissions moyen et long terme sur les marchés étaient réalisés début août, et sa réserve de liquidités totalise plus de 120 milliards d'euros immédiatement disponibles au 31 juillet. Concernant BNP Paribas, c'est la totalité du programme d'émission à moyen et long terme au titre de l'année 2011 qui a été effectuée et sa réserve se monte à 150 milliards d'euros à fin juin.

Voilà que l'aggravation de la crise des dettes souveraines en Europe a instauré une nouvelle crise de confiance entre les établissements, et plus particulièrement des banques américaines, qui ne veulent plus prêter aux banques européennes. La Fed craignait d'ailleurs il y a quelques jours que les filiales de banques européennes implantées aux États-Unis ne viennent gangrener le secteur bancaire américain avec la crise de la dette...

Aujourd'hui, et pour la première fois depuis 2008, on évoque même à demi-mot une possible crise de liquidités (voir ci-contre).

C'est dans ce contexte fébrile, après un été meurtrier pour les valeurs bancaires, que l'exhortation de Christine Lagarde à recapitaliser les banques européennes lors du symposium des banquiers centraux ce week-end, a jeté un froid. Pour sa première grande déclaration depuis sa prise de fonction à la tête du FMI en juillet, elle en appelle à « une recapitalisation urgente » et « substantielle », alors même que les résultats des tests de résistance disaient le contraire.

Alors que l'incompréhension sur sa nature est en train de monter, n'est-on pas en train d'assister à la formation d'une nouvelle crise d'envergure du secteur bancaire ? Christine Lagarde a par conséquent été sommée par certains banquiers centraux, selon le Financial Times de lundi, de clarifier ses propos pour mettre fin à la confusion qui règne sur les termes de liquidité et de solvabilité. Toujours est-il que, pour l'instant, la ministre des finances du monde n'a pas vraiment été prise au sérieux par les investisseurs. Lundi, toutes les valeurs bancaires européennes ont clôturé dans le vert.

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