BCE : l'économiste Isabel Schnabel candidate de l'Allemagne

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Isabel Schnabel, économiste réputée de 48 ans, a étudié à la Sorbonne et enseigne à l'université de Bonn l'économie des marchés financiers.
Isabel Schnabel, économiste réputée de 48 ans, a étudié à la Sorbonne et enseigne à l'université de Bonn l'économie des marchés financiers. (Crédits : Volker Lannert/Uni Bonn)
Le gouvernement allemand a choisi une experte reconnue, à la réputation plus accommodante sur le plan monétaire que les membres de la Bundesbank, pour remplacer sa compatriote Sabine Lautenschläger au directoire de la Banque centrale européenne, dont Christine Lagarde prendra la présidence le 1er novembre. L'Italien Fabio Panetta doit aussi rejoindre le directoire en fin d'année, pour remplacer le Français Benoît Cœuré, dans un savant équilibre économico-diplomatique.

Christine Lagarde ne sera pas la seule femme au directoire de la Banque centrale européenne (BCE), dont elle prendra la présidence le 1er novembre prochain. L'unique femme siégeant actuellement au directoire et au conseil des gouverneurs, l'Allemande Sabine Lautenschläger, a annoncé en septembre qu'elle partirait avant la fin de son mandat, prévue en 2022. L'ex-vice-présidente de la Bundesbank n'était pas d'accord avec les dernières décisions de politique monétaire de Mario Draghi, en particulier la reprise du programme d'achats de dettes (le quantitative easing ou QE). Elle partira le 31 octobre comme "Super Mario".

L'Allemagne, qui revendique un siège au directoire de la BCE, en tant que première économie européenne, tout comme la France et l'Italie, se devait de proposer au plus vite un candidat, ou mieux une candidate. En 2012, pour protester contre l'absence de femmes au directoire, le Parlement européen avait rendu un avis négatif (consultatif) sur la candidature du Luxembourgeois Yves Mersch, dont le Conseil européen n'avait pas tenu compte, validant sa nomination.

Ce sera Isabel Schnabel, une économiste réputée de 48 ans, qui a étudié à la Sorbonne et enseigne à l'université de Bonn l'économie des marchés financiers.

Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz a félicité Isabel Schnabel, saluée comme une "éminente économiste et experte en matière bancaire et monétaire". L'universitaire, réputée très pédagogue, s'est déclarée "honorée" sur Twitter, promettant de "faire de son mieux pour répondre aux fortes attentes" placées en elle.

Ni faucon ni "colombe" ?

La candidature d'Isabel Schnabel devra être approuvée par les chefs d'État et de gouvernement au Conseil européen de décembre. Ces derniers ont déjà approuvé le 9 octobre le seul candidat de l'Italie, l'économiste Fabio Panetta, 60 ans, actuel gouverneur adjoint de la Banque d'Italie. Le siège italien au directoire sera vacant après le départ de Mario Draghi mais il remplacera le Français Benoît Cœuré dont le mandat s'achève au 31 décembre. Le savant équilibre économico-diplomatique sera donc respecté.

Isabel Schnabel était depuis 2014 la seule femme du conseil allemand des experts économiques qui prodigue ses avis au gouvernement d'Angela Merkel. Elle faisait partie du tout récent conseil franco-allemand d'experts économiques mis en place en septembre. Elle est considérée comme plutôt plus "colombe", plus accommodante sur le plan monétaire que les banquiers centraux allemands, comme Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, qui a ouvertement critiqué la politique de la BCE. Isabel Schnabel a toutefois jugé "excessives" le mois dernier les nouvelles mesures de soutien à l'économie de la BCE. Mais elle a défendu l'institution "trop souvent prise comme un bouc émissaire" en Allemagne.

"Un esprit de premier ordre et ni un "faucon" ni une "colombe" mais quelqu'un qui réfléchit soigneusement aux problèmes en fonction de leurs mérites !", a commenté sur Twitter l'économiste Stefan Gerlach, ex-adjoint du gouverneur de la Banque d'Irlande.

Les experts considèrent que l'Allemagne devrait pouvoir davantage peser sur la politique monétaire de la BCE avec un profil tel que celui d'Isabel Schnabel, alors que l'institution sort divisée de l'ère Draghi.

Lire aussi : Euro: Mario Draghi quitte une BCE profondément divisée

"La nomination d'Isabel Schnabel pourrait changer l'influence de l'Allemagne sur la BCE d'une manière plus constructive", estime Carsten Brzeski, le chef économiste d'ING en Allemagne, qui l'imagine "murmurer à l'oreille de Lagarde [...] de manière beaucoup plus constructive sur les décisions de la BCE que le traditionnel 'nein'!"

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Commentaires
a écrit le 24/10/2019 à 8:56 :
"Quand l'Europe ouvre la bouche c'est pour bailler" F. Mitterrand.

Ça ronronne tout ça, ça ronronne...

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