Bouygues Telecom parie sur Xaalys, la néobanque pour ados

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(Crédits : Xaalys)
L'application bancaire qui s'adresse aux 12-17 ans officialise un tour de table mené par l'opérateur télécoms aux côtés de business angels. Les deux entreprises prévoient de commercialiser une offre conjointe.

Alors qu'Orange s'est lancé dans la banque il y a deux ans, que les rumeurs concernant une incursion de Free dans ce domaine vont bon train depuis qu'une filiale de sa maison-mère Iliad a obtenu un agrément d'établissement de paiement, Bouygues Telecom opte, lui, pour une approche plus timide. L'opérateur télécoms annonce, ce jeudi 21 novembre, une prise de participation minoritaire dans la néobanque pour ados Xaalys. Le montant de l'opération, réalisée via le fonds d'amorçage Bouygues Telecom Initiatives, reste confidentiel, mais "il s'agit du premier investissement de Bouygues Telecom dans une Fintech", souligne Diana Brondel, la fondatrice et directrice générale de la startup. Plusieurs business angels participent également au tour de table à sept chiffres.

"Cet investissement marque le début d'une troisième étape pour Bouygues Telecom Initiatives. L'investissement est aujourd'hui également dirigé vers des startups qui portent des potentiels de rupture dans des activités au-delà du cœur de métier de Bouygues Telecom : Cybersécurité, Blockchain, Fintech, Assurtech", commente Bouygues Telecom dans un communiqué de presse.

Lancée en avril dernier, Xaalys entend se démarquer des autres néobanques à succès, comme l'allemande N26 et la britannique Revolut, en ciblant uniquement les adolescents âgés de 12 à 17 ans... et leurs parents. L'appli est reliée à un compte courant, à une carte de paiement Mastercard sans découvert possible et embarque une série de contenus pédagogiques sur l'éducation financière. Elle se décline en deux interfaces : l'une pour les enfants, et une autre miroir pour leurs parents. Les premiers peuvent émettre des souhaits d'achats, créer des cagnottes en ligne et inviter leurs proches à y participer ou encore se constituer une épargne de manière ludique. Les seconds ont la possibilité de bloquer et débloquer la carte, de définir les plafonds de retrait, décider combien, où et comment leurs enfants peuvent dépenser leur argent selon les catégories d'achats et recevoir des notifications de suivi.

Offre conjointe

Depuis son lancement, la jeune pousse a séduit 12.000 utilisateurs. Elle en visait 10.000 d'ici la fin de l'année. Toutefois, seuls 6% (environ 800) payent un abonnement, alors que Xaalys pariait sur un modèle payant à travers une approche freemium. Les fonctionnalités d'éducation financière et ludiques autour de l'argent sont gratuites. En revanche, il faut souscrire un abonnement mensuel de 2,99 euros pour accéder aux fonctionnalités transactionnelles.

"Au-delà du financement, Bouygues Telecom nous apporte une importante base de clients à équiper. C'est une entreprise qui compte plus de 16 millions de clients. En termes de coûts d'acquisition, c'est un vrai plus", fait valoir l'entrepreneuse.

Les deux sociétés devraient ainsi proposer des offres conjointes qui pourraient comprendre un smartphone, un abonnement et une carte de paiement couplée à un contrôle parental. "Le calendrier n'a pas encore été fixé mais nous espérons un lancement, au plus tard, à la rentrée 2020", indique la dirigeante de la startup qui fait le pari de s'interfacer avec l'arrivée du premier smartphone pour séduire les adolescents. Confiante du potentiel de Xaalys, Diana Brondel rappelle qu'en France, 5,5 millions d'adolescents âgés de plus de 12 ans détiennent un smartphone.

Objectif : 10 à 15.000 utilisateurs payants

Grâce à cette levée de fonds, qui vient compléter une première augmentation de capital de 450.000 euros, Xaalys entend recruter des profils marketing et tech. Elle emploie actuellement 13 salariés entre Paris et Dakar. L'accent sera également porté sur les partenariats de distribution et le lancement d'une nouvelle version de son application en début d'année afin de proposer une expérience simplifiée pour les parents. La Fintech espère compter entre 10 et 15.000 utilisateurs payants à l'horizon fin 2020.

Xaalys devra toutefois se démarquer de ses concurrents nationaux que sont Pixpay (dont l'application n'est toutefois pas encore disponible) et Kard, qui ont respectivement levé 3,1 et 3 millions d'euros. A l'international, la concurrence elle aussi est vive. Au Royaume-Uni, l'appli Gohenry, dont s'est largement inspirée Pixpay, revendiquait 600.000 utilisateurs en mai dernier et est désormais disponible aux États-Unis. Ses concurrents domestiques s'appellent Osper, Nimbl et Pennybox. Outre-Atlantique, les applis fleurissent également. Parmi elles : Current ou encore Greenlight qui vient de lever 54 millions de dollars.

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