Brexit : la plateforme de trading XTX Markets choisit Paris

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XTX Markets est le numéro trois mondial du trading sur les marchés des changes.
XTX Markets est le numéro trois mondial du trading sur les marchés des changes. (Crédits : XTX)
Le market-maker britannique XTX Markets a demandé au superviseur français l'agrément d'entreprise d'investissement et va ouvrir un bureau dans la capitale. Cet acteur à la plateforme 100% électronique gagne des parts de marché sur les banques d'investissement traditionnelles.

Même si le potentiel d'emplois n'est pas gigantesque, c'est un nouveau point marqué par la capitale. La plate-forme de trading à haute fréquence britannique XTX Markets a annoncé ce lundi 29 octobre qu'elle avait "choisi Paris comme hub européen post-Brexit." Ce "market-maker", qui apporte de la liquidité aux marchés, a indiqué avoir déposé une demande d'agrément auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, le superviseur, adossé à la Banque de France) et son intention d'ouvrir un bureau à Paris, en prévision de la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

"En tant que fournisseur de liquidité de premier plan pour toutes les classes d'actifs à l'échelle mondiale, il était important de choisir un lieu doté d'un environnement réglementaire solide au sein duquel opérer. Les régulateurs français se sont montrés très réceptifs à l'installation d'un leader du marché, tel que XTX en France, et nous sommes impatients de travailler avec eux pour apporter encore plus de transparence et d'efficacité aux marchés européens" a déclaré Zar Amrolia, le co-directeur général de XTX Markets dans un communiqué.

XTX Markets, qui revendique des volumes quotidiens de transactions représentant 150 milliards de dollars (132 milliards d'euros) et emploie une centaine de personnes, conservera son siège à Londres.

Un "internalisateur systématique"

Avec sa plateforme entièrement électronique, XTX Markets a réussi à gagner des parts de marché sur les grandes banques d'investissement ces dernières années. Sur le marché des changes, il s'est hissé de la 12ème à la troisième place mondiale l'an dernier, avec une part de marché de 7,36%, derrière UBS et JP Morgan, selon l'enquête Euromoney, devant Bank of America Merrill Lynch et Citigoup.

La société, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 154 millions de livres (173 millions d'euros) l'an dernier, souhaite obtenir l'agrément d'entreprise d'investissement afin d'effectuer des opérations sur plusieurs classes d'actifs et de pouvoir opérer comme "internalisateur systématique" en actions européennes : ce type d'intermédiaire financier, qui exécute lui-même les ordres d'achat ou de vente, sans passer par le carnet d'ordres centralisé des marchés réglementés, comme Euronext, est un statut très en vogue depuis l'entrée en vigueur de la deuxième directive européenne sur les marchés d'instruments financiers (MIF2) en début d'année.

Lire aussi : Pourquoi la transparence sur les marchés ne s'est pas améliorée ... malgré la directive MIF2

Un autre intermédiaire financier de renom a choisi Paris : en août dernier, le courtier TP ICAP a annoncé que la capitale française serait le futur centre de ses activités dans l'Union européenne après le 29 mars 2019, sans autre précision.

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Commentaires
a écrit le 30/10/2018 à 23:46 :
Au lieu de la spectaculaire fuite massive prévue par les analystes pour le lendemain du référendum, le Royaume-Uni subit une lente et permanente hémorragie qui attire peu l'attention de l'opinion publique. Ce n'est pas mieux, évidemment ! En 2019 le résultat final sera le même.

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