Brexit : Royal Bank of Scotland penche pour Amsterdam

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(Crédits : LUKE MACGREGOR)
La banque britannique a pris contact avec les autorités néerlandaises pour y établir ses activités sur les marchés après la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Une relocalisation avec 150 emplois à la clé.

Pressées par la Banque centrale européenne de préparer l'après-Brexit, les banques britanniques dévoilent peu à peu leur plan de repli en cas de perte d'accès au marché unique après la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Le groupe Royal Bank of Scotland (RBS), encore détenu à 71% par l'Etat britannique depuis son sauvetage en 2008 après la crise des subprimes, vient d'annoncer qu'il avait choisi Amsterdam pour implanter son futur "hub" pour les activités de marchés, pilotées depuis sa filiale de banque d'investissement, NatWest Markets.

« NatWest Markets a étudié les moyens de minimiser les perturbations de son activité et de continuer à servir ses clients en cas de perte du "passeport européen". Si l'issue des négociations de séparation d'avec l'UE le rend nécessaire, NatWest Markets s'assure que la licence bancaire actuelle de RBS N.V. aux Pays-Bas sera opérationnelle », explique la banque dans le communiqué de ses résultats trimestriels.

Le groupe a indiqué être est en contact avec la banque centrale néerlandaise afin de vérifier que RBS N.V. dispose des autorisations nécessaires pour les activités de trading afin de servir tous les clients européens depuis Amsterdam. Il envisage d'y transférer 150 personnes. Le coût estimé de cette relocalisation serait de « quelques dizaines de millions », ont indiqué les dirigeants lors d'une conférence téléphonique ce vendredi.

Litiges à solder avant le retour au privé

NatWest Markets génère environ 16% des bénéfices du groupe, qui a largement réduit la voilure depuis la crise financière. Les revenus du trading étaient supérieurs aux attentes, en hausse de 19% au deuxième trimestre à 445 millions de livres (492 millions d'euros).

En perte depuis 2007, RBS a dégagé un bénéfice de 939 millions de livres, malgré de nouvelles provisions pour litiges (396 millions). Début juillet, le groupe a accepté de payer une amende de 5,5 milliards de dollars à l'agence américaine de financement du logement (FHFA, qui a sous sa tutelle les sociétés parapubliques de refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac). Un montant déjà couvert par de précédentes provisions. Il lui reste à traiter avec le ministère de la Justice américain qui devrait lui infliger sur le même dossier une amende probablement plus lourde que celle de la FHFA.

Solder l'affaire des subprimes est un préalable avant de pouvoir envisager une reprivatisation. En mai dernier, le Trésor britannique est complètement sorti de Lloyds Bank, la première banque de dépôt au Royaume-Uni : il en avait retiré une plus-value de 900 millions. Or l'action RBS ne cote que 260 pence (+1,7% ce vendredi et +35% en un an), tandis que l'Etat britannique l'a renflouée à un cours de 502 pence.

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Commentaires
a écrit le 04/08/2017 à 13:09 :
Je pense que c'est un excellent choix, car les hollandais parlent Anglais et ont une mentalité ouverte, contrairement aux allemand de Francfort.

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