Finexkap, Lendix, Finsquare bousculent le crédit aux entreprises

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Les petites entreprises, qui arbitrent souvent entre le coût, certain, de leur contrat d'affacturage et la survenue, aléatoire, d'un incident de paiement.
Les petites entreprises, qui arbitrent souvent entre le coût, certain, de leur contrat d'affacturage et la survenue, aléatoire, d'un incident de paiement. (Crédits : DR)
[ SÉRIE FINTECH 4/4 ] D’abord parties à la conquête des moyens de paiement, les startups spécialisées dans les technologies financières et les mastodontes de l’Internet se lancent à présent à l’assaut de l’épargne et du crédit. Aujourd'hui: Finexkap, Lendix, Finsquare bousculent le crédit aux entreprises.

Finexkap s'aventure sur les terres des sociétés d'affacturage

Si, chez les grands comptes, les problématiques d'optimisation du poste clients sont assimilées, il en va autrement des petites entreprises, qui arbitrent souvent entre le coût, certain, de leur contrat d'affacturage et la survenue, aléatoire, d'un incident de paiement.

Cette problématique n'a pas échappé à Finexkap, une plateforme d'affacturage dématérialisée lancée en janvier par Cédric Teissier et Arthur de Catheu. Concrètement, une PME souhaitant céder des créances commerciales, entre son code SIREN et télécharge ses factures sur le site de Finexkap, dont les algorithmes évaluent le risque de crédit de la société et de ses créances.

La réponse à sa demande de financement parvient à l'entreprise dans les 24 heures, au lieu des quatre à six semaines habituellement nécessaires avec les sociétés d'affacturage traditionnelles (ou factors). En cas de réponse positive, les créances commerciales de la société sont cédées à Finexkap, qui les refinance via le fonds commun de titrisation géré par sa filiale de gestion de portefeuille.

Alors que les factors classiques prennent une commission sur le volume de chiffre d'affaires cédé, ainsi qu'une sur l'argent mis à disposition et des frais annexes et de dossier, Finexkap ne prélève qu'une commission de 2,4% sur la valeur faciale des factures cédées.

Lendix, le business prometteur des sites de prêt aux PME

La réglementation du crowdfunding, entrée en vigueur le 1er octobre 2014, a ouvert une brèche dans le monopole bancaire, en permettant aux particuliers de prêter en direct aux entreprises.

Chez Lendix, par exemple, en participant au financement de prêts compris entre 30.000 et 300.000 euros, consentis à des PME pour une durée de 18 à 48 mois, les épargnants-investisseurs bénéficient d'un rendement compris entre 4% et 9%, alléchant dans l'environnement actuel de taux bas.

Du côté des PME, celles-ci doivent certes supporter un taux d'emprunt de 4% à 9%, bien supérieur à ceux des banques, mais les plateformes de prêt leur permettent souvent d'obtenir en quelques semaines la somme qu'un établissement bancaire aurait mis plusieurs mois à leur accorder. Ou à leur refuser, les nouvelles réglementations relatives au renforcement des fonds propres des banques les amenant à durcir leurs conditions d'octroi de crédits.

Lendix estime que les plateformes de prêts pourraient capter, à terme, 10 à 15 milliards d'euros d'un marché de la dette des PME et des TPE évalué entre 80 et 100 milliards d'euros par an, et encore détenu à 90% environ par les banques.

finsquare

Finsquare veut se substituer aux banques sur les crédits de trésorerie

Parmi les plateformes de financement participatif spécialisées dans les prêts aux PME, Finsquare, créée en décembre 2014, présente l'originalité d'être axée non pas sur les crédits d'investissement mais sur les crédits de trésorerie. Ce qui tombe bien, car c'est justement ce type de prêts à court terme (3 à 24 mois) que les PME peinent à décrocher auprès des banques.

Le montant des prêts sur Finsquare débute à 3.000 euros et la moyenne est de 30.000 euros.

« Les banques se désengagent de plus en plus de ces financements car elles préfèrent traiter des dossiers plus importants, à partir de 300.000 euros » explique Polexandre Joly, président et cofondateur de Finsquare.

Via la plateforme, ces PME en quête de financements sont mises en relation avec des épargnants, certes désireux de prêter une partie de leurs économies à de petites entreprises, mais également attirés par les perspectives de rendement. Le taux moyen des prêts ressort en effet à 8%. Finsquare, qui se rémunère via une commission de l'ordre de 4% sur les sommes empruntées, s'estime en mesure de prêter 10 millions d'euros aux PME dès sa première année d'exercice.

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