Traînée en justice par ses traders, Commerzbank se défend bec et ongles

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La banque allemande affirme devant la justice britannique qu'elle n'avait pas à verser des bonus qui avaient été promis verbalement, et non par écrit. Les traders lui réclament une cinquantaine de millions d'euros.

Les paroles s'envolent, les écrits restent. Ce proverbe n'aurait-il pas d'équivalent en anglais? C'est ce qu'a sous entendu l'avocat de Commerzbank, lundi, dans le cadre du procès qui oppose la banque allemande à une centaine de ses traders londoniens. Ces derniers réclament à Commerzbank quelque 50 millions d'euros de bonus qui leur avaient été promis en 2008, mais qu'ils attendent toujours.

Commerzbank ne verse que 10% des bonus promis

Petit rappel des faits : en 2008, Commerzbank n'a pas encore racheté Dresdner Kleinwort, dont le patron de l'époque, Stefan Jentzsch, promet alors à ses traders, à l'occasion d'une réunion interne, que la banque leur versera une cinquantaine de millions d'euros de bonus, au titre de 2008. Mais l'année suivante, Dresdner tombe dans l'escarcelle de Commerzbank qui, au vu de la perte affichée par sa proie en 2008, refuse de verser la totalité des bonus promis par Jentzsch, se contentant d'en distribuer 10%.

Une promesse verbale et donc non engageante

"Il est parfaitement honorable de ne pas tenir une promesse non engageante, lorsque le business s'effondre", a protesté lundi Thomas Linden, l'avocat de Commerzbank, devant la haute cour de justice britannique. Non engageante? Linden s'explique, un brin cynique : "Chaque banquier sait que, tant qu'une promesse n'est pas écrite, elle n'a pas valeur d'engagement." Un argument que récuse Andrew Hochhauser, l'avocat de certains des plaignants. Pour ce dernier, la promesse verbale de Stefan Jentzsch n'était "pas une simple déclaration", puisque la FSA (Financial Services Authority), le gendarme britannique des marchés, et l'assureur Allianz, qui était alors actionnaire de Dresdner, avaient donné leur accord à ce projet de bonus afin d'éviter des démissions en cascade de traders talentueux.

Commerzbank doit se recapitaliser à hauteur de 5,3 milliards d'euros

Une certitude : l'enjeu de ce procès n'est pas neutre pour Commezrbank, qui pourrait avoir à payer ces fameux 50 millions d'euros de bonus si les traders obtiennent gain de cause auprès des magistrats britanniques. Or la banque, jugée moribonde il y a quelques mois, avait créé la suprise en janvier, en annonçant avoir déjà réuni, sans l'aide de l'Etat, trois milliards d'euros, sur les 5,3 milliards que l'Autorité bancaire européenne lui impose de trouver d'ici au 30 juin, afin de renforcer sa structure financière, dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce décidé à Bruxelles le 27 octobre.

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a écrit le 21/02/2012 à 15:21 :
Sur les marches, enormement de transactions se font "a la voix" et ne reposent que sur la confiance entre operateurs. Et oui, meme dans cette univers tant decrie, il y a certaines valeurs a respecter sous peine d'en etre exclu.
Les operateurs ont cru pouvoir faire confiance a leur management...grossiere erreur !
a écrit le 21/02/2012 à 12:39 :
Pauvres petits traders...
Comment vont-ils payer les traites de leurs voitures de luxe ?
a écrit le 21/02/2012 à 12:30 :
Je pourai comprendre une parole a tenir entre 2 personnes. Mais la, la somme est vague, le groupe benficiaire aussi...Si les Anglais gagnent c'est clairement par patriotisme juridique.
a écrit le 21/02/2012 à 11:42 :
Enfin des traders spolies..par leurs propres amis banquiers....cela fait du bien a entendre ...Ils ont tout pouvoir de voler l argent de l epargnant....
a écrit le 20/02/2012 à 22:14 :
quelle honte de ne pas honorer la parole donnée.je sais que certains hommes politique n'hésitent pas à faire de meme et que certains français trouvent cela normal mais c'est simplement écoeurant et je pense que la justice britannique donnera raison aux traders.
Réponse de le 21/02/2012 à 15:14 :
Enfin, comment des traders peuvent croire dans une promesse sans un écrit .... ce ne sont pas des gens naifs. Dans le business, tous les jours, des promesses verbales ne sont pas honorées. Donc ils devraient l'avoir dans le baba. Néanmoins, comme toujours nous ne connaissons pas le dossier exact et les pièces qui le constituent, donc nous parlons sur du vague.
a écrit le 20/02/2012 à 18:45 :
Quelle horreur, tous ces banquiers qui ont fait faire tant de pertes aux états, ont poussé les banques centrales à faire tourner la planche à billets à mort, au détriment de la population qui souffre de l'inflation qui en est la conséquence (prix du pétrole, alimentation..°, et qui se permettent encore de réclamer des millions pour se récompenser de la catastrophe économique mondiale qu'ils ont créée...
Réponse de le 21/02/2012 à 4:10 :
Totalement d'accord avec vous, tout celà est honteux!

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