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Vendée Globe: un ticket d'entrée élevé... mais toujours gagnant pour les sponsors

Séverine Sollier

Publié le 28 janvier 2013 à 14:11

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La banque et l'assurance sont de grands sponsors des courses à la voile. L'assureur mutualiste Macif, sponsor de François Gabart, vainqueur dimanche du Vendée Globe, a dépensé 2 millions d'euros par an sur deux ans. Banque Populaire a soutenu Armel Le Cleac'h, arrivé en deuxième position.

Le Vendée Globe est une véritable aventure humaine... qui coûte cher. De 1 million d'euros pour le budget le plus modeste, à 4 millions d'euros pour le gagnant François Gabart arrivé dimanche 27 janvier aux Sables-d'Olonne après 78 jours de course en solitaire, suivi quelques heures plus tard par Armel Le Cleac'h.
S'il faut de l'endurance et des talents de navigateur hors pair, il faut aussi un matériel de pointe pour réussir à boucler ce tour du monde à la voile sans escale et sans assistance. Autrement dit, les sponsors ont une importance décisive. En période de crise, alors que les entreprises sont confrontées à la nécessité de réduire leurs dépenses, les budgets consacrés au sponsoring sportif sont menacés, y compris dans les course de voile très réputées comme la solitaire du Figaro.

Le Vendée Globe a échappé aux coupes de budget malgré la crise

Le Vendée Globe semble pourtant avoir échappé aux coupes claires, malgré les inquiétudes que l'on pouvait avoir il y a un an. Les skippers inscrits en décembre 2011 était à cette date deux fois moins nombreux que lors de la précédente édition, en 2008-2009.

Ce tour du monde conserve une forte capacité d'attraction et la chasse aux sponsors est sans doute un peu moins difficile que pour d'autres épreuves de voile. C'est "un événement installé, organisé par un partenaire institutionnel qui protège d'une décision de retrait: le Conseil général de Vendée ne peut se retirer de la course vu ce qu'elle représente pour le département, cela rassure les parraineurs", confiait le consultant en marketing sportif, Frédéric Bolotny, à l'Agence France Presse, juste avant le départ. De son côté, Aurélie Bourven, chef du projet sponsoring voile chez Savéol, qui parraine Samantha Davies, expliquait que "le Vendée Globe est médiatiquement reconnu, véhicule une bonne image et a un capital sympathie. On n'aurait pas investi sur un 60 pieds pour une Transat Jacques Vabre par exemple". Malgré l'attention portée au choix de la course pouvant offrir la meilleure exposition médiatique, le sponsor n'en reste pas moins soumis aux aléas de la course. Ainsi, Samantha Davies a été contrainte d'abandonner, une semaine après le départ.

Une opération rentable pour un sponsor
 
La Macif, sponsor du vainqueur a dépensé 2 millions d'euros par an en 2011 et 2012 pour soutenir François Gabart et son bateau, de la construction jusqu'au budget communication. Quatre autres millions sont d'ores et déjà programmés (soit 2 millions par an pour 2013 et 2014) pour la participation du bateau aux prochaines grandes courses de voile en particulier la Transat Jacques Vabre et la Route du Rhum.

L'opération est-elle bénéficiaire pour l'assureur mutualiste? C'est difficile à dire car les retombées ne se mesurent pas en espèces sonnantes et trébuchantes (nombre de nouveaux contrats vendus, ou chiffre d'affaires supplémentaire). En revanche, les retombées médiatiques sont connues: 22.000 citations de la marque dans les médias depuis le départ de la course le 10 novembre! Quand on connaît les tarifs astronomiques de la publicité à la télévision pour un passage de quelques dizaines de secondes, l'investissement paraît valoir le coup, d'autant plus que la voile, et le Vendée Globe en particulier, véhiculent une bonne image.

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C'est bon pour l'image

Gérard Andreck, le président du groupe Macif est le premier à s'en féliciter: "ce partenariat a joué de manière positive sur la notoriété et l'image du groupe. Tous les gens avec qui j'en parle me disent que l'association de la Macif et du Vendée Globe est très positive. Les valeurs de la mer ont un intérêt pour beaucoup de gens. C'est la première fois que nous faisons du sponsoring à ce niveau-là, et on se rend compte que c'est vraiment un plus pour nous!", a-t-il déclaré au Figaro le jour de l'arrivée. Et d'ajouter: "Je suis plus que satisfait. Les retombées sont bien supérieures à ce que l'on pouvait imaginer. C'est inespéré, même si on s'attendait à ce qu'on parle beaucoup de François, car il a le profil du jeune premier intelligent et par ailleurs ingénieur. Depuis quelques temps, nous avons 250 retombées journalières, tous médias confondus."

Comme l'expliquait en avril 2011 Chantal Petrachi, la directrice de la communication de Banque Populaire, le sponsor du skipper Armel Le Cleac'h, arrivé deuxième de l'édition 2013, après être déjà arrivé deuxième position du Vendée Globe 2009: "le Vendée Globe était la seule grande course océanique à laquelle Banque Populaire n'avait encore jamais participé. Il était tout naturel que nous nous inscrivions dans ce nouveau défi qui porte les valeurs humaines auxquelles Banque Populaire a toujours été attaché: le courage, le dépassement de soi, l'esprit de conquête, l'aventure". Banque Populaire a d'ailleurs racheté le trimaran ex-Groupama 3, pour participer à un programme de courses dans les années à venir et en particulier à la Route du Rhum 2014 avec Armel Le Cleac'h comme skipper. Le groupe bancaire a réaffirmé son engagement dans le sponsoring sportif de la voile jusqu'en 2016.

Des retombées médiatiques qui se chiffrent en millions

Pour un sponsor, l'opération est rentable quel que soit le classement de son poulain, "même si les premiers sont évidemment mieux servis", a déclaré à l'AFP Michel Desjoyeaux, seul double vainqueur de l'épreuve (2000-2001 et 2008-2009) et constructeur du bateau de Gabart avec son écurie de course au large Mer Agitée. Il y a quatre ans, Foncia, son sponsor avait "quasiment multiplié par dix son investissement" grâce aux retombées médiatiques, affirme-t-il avant de conclure: "Quand c'est bien fait, c'est très rentable".

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En 2008-2009, les organisateurs du Vendée Globe avaient valorisé les retombées médiatiques à 145 millions d'euros au total, avec notamment 466 heures de programme et d'actualités télévisées, 300 heures de programmes et d'actualités radio, 18.604 articles de presse écrite et 17.811 articles sur les sites internet, 49 millions de visiteurs sur le site officiel de la course, auxquels il faut ajouter les plus de 9000 photos sur le web, 628 vidéos etc. Pour l'édition 2012-2013, l'utilisation du web a été encore plus intense.

Séverine Sollier

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