La Fintech Checkout, étoile montante des paiements, se muscle en France
Juliette Raynal

Le siège londonien de la Fintech Checkout, qui dispose de neuf bureaux dans le monde dont un en France.
Checkout
Juliette Raynal

Le siège londonien de la Fintech Checkout, qui dispose de neuf bureaux dans le monde dont un en France.
Checkout
Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) adossée à la Banque de France
, qu'elle pourra utilser dans tous les autres pays de l'UE par le biais du "passeport" européen. Ce choix tricolore n'est pas un hasard puisque, pour cette Fintech britannique, l'Hexagone est un marché stratégique.Née en 2012, Checkout, qui assure être rentable, est restée dans l'ombre de nombreuses années avant de faire parler d'elle en mai dernier à l'occasion de sa première levée de fonds de 230 millions de dollars. Le tour de table a été réalisé auprès d'investisseurs prestigieux dont le fonds du milliardaire russo-israélien Yuri Milner DST Global, la société new-yorkaise de capital-risque Insight Partners ou encore le fonds souverain de Singapour GIC. L'opération n'est pas anodine puisqu'il s'agit du plus important tour de financement en série A pour une Fintech européenne.
Désormais valorisée 2 milliards de dollars, Checkout entend tirer son épingle du jeu face à des géants du paiement en ligne comme Adyen, dont il est d'ailleurs difficile de la différencier. Comme la plateforme de paiement néerlandaise cotée en Bourse, Checkout a développé une solution clé en main permettant aux e-commerçants d'accepter un large éventail de moyens de paiement. Et comme Adyen, elle vise surtout les poids lourds du e-commerce dont l'activité est très orientée à l'international. Elle compte ainsi parmi ses clients Samsung, Adidas, Deliveroo, Virgin Active ou encore Veepee (anciennement Vente-Privée).
Concernant le marché tricolore, Checkout prévoit de multiplier au minimum par trois la taille de ses équipes actuelles pour compter entre 50 et 70 personnes d'ici à la fin 2020 et grimper à 150 un an plus tard. Anticipant cette croissance, elle cherche de nouveaux bureaux parisiens d'au moins 1.000 mètres carrés.
Si la France est un marché stratégique (le commerce en ligne devrait y peser 100 milliards d'euros en 2019 selon la Fédération française du e-commerce et de la vente à distance), c'est aussi un marché très concurrentiel avec de nombreux acteurs comme HiPay, Limonetik, mais aussi des entreprises plus traditionnelles comme Verifone et sa plateforme Paybox, Ingenico, qui prévoit d'accélérer sur les paiements en ligne, ou encore BNP Paribas et Arkéa, très plébiscités par les sites marchands sur la partie banque acquéreur.
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Pour doper son activité, Checkout prévoit aussi de cibler les plus petits e-commerçants en concoctant une offre ad hoc et marcher ainsi sur le terrain de jeu initial de l'américain Stripe, désormais valorisé 35 milliards de dollars, soit plus qu'Airbnb ou Palantir. Compte tenu de sa récente levée de fonds XXL, Checkout dit ne pas prévoir une entrée en Bourse dans les 24 à 36 prochains mois. Mais cette option n'est pas écartée à moyen terme, car elle pourrait lui permettre d'accéder à des clients hors normes, comme les compagnies aériennes ou les grands groupes hôteliers.
Juliette Raynal