La Fintech Checkout, étoile montante des paiements, se muscle en France

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Le siège londonien de la Fintech Checkout, qui dispose de neuf bureaux dans le monde dont un en France.
Le siège londonien de la Fintech Checkout, qui dispose de neuf bureaux dans le monde dont un en France. (Crédits : Checkout)
La licorne britannique, dont le modèle est très proche de celui d'Adyen, vient de décrocher un agrément d'établissement de monnaie électronique auprès du régulateur français. Elle prévoit de multiplier par dix la taille de ses équipes tricolores d'ici fin 2021.

Si le Royaume-Uni sortait de l'Union européenne sans accord le 31 octobre prochain, la Fintech londonienne Checkout pourra quand même poursuivre ses activités sur le Vieux Continent. Cette startup, spécialiste des paiements en ligne, vient en effet de décrocher un agrément d'établissement de monnaie électronique auprès de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) adossée à la Banque de France, qu'elle pourra utilser dans tous les autres pays de l'UE par le biais du "passeport" européen. Ce choix tricolore n'est pas un hasard puisque, pour cette Fintech britannique, l'Hexagone est un marché stratégique.

Née en 2012, Checkout, qui assure être rentable, est restée dans l'ombre de nombreuses années avant de faire parler d'elle en mai dernier à l'occasion de sa première levée de fonds de 230 millions de dollars. Le tour de table a été réalisé auprès d'investisseurs prestigieux dont le fonds du milliardaire russo-israélien Yuri Milner DST Global, la société new-yorkaise de capital-risque Insight Partners ou encore le fonds souverain de Singapour GIC. L'opération n'est pas anodine puisqu'il s'agit du plus important tour de financement en série A pour une Fintech européenne.

Le néerlandais Adyen comme modèle

Désormais valorisée 2 milliards de dollars, Checkout entend tirer son épingle du jeu face à des géants du paiement en ligne comme Adyen, dont il est d'ailleurs difficile de la différencier. Comme la plateforme de paiement néerlandaise cotée en Bourse, Checkout a développé une solution clé en main permettant aux e-commerçants d'accepter un large éventail de moyens de paiement. Et comme Adyen, elle vise surtout les poids lourds du e-commerce dont l'activité est très orientée à l'international. Elle compte ainsi parmi ses clients Samsung, Adidas, Deliveroo, Virgin Active ou encore Veepee (anciennement Vente-Privée).

"Sur notre activité en Europe, nous avons enregistré une croissance de 60% en 2018. Actuellement, nous recrutons 30 nouvelles personnes par mois dans le monde. Nous sommes aujourd'hui 460 répartis dans neuf bureaux et nous prévoyons d'être 1.000 d'ici la fin 2020", indique Guillaume Pousaz, son fondateur et dirigeant suisse.

Concernant le marché tricolore, Checkout prévoit de multiplier au minimum par trois la taille de ses équipes actuelles pour compter entre 50 et 70 personnes d'ici à la fin 2020 et grimper à 150 un an plus tard. Anticipant cette croissance, elle cherche de nouveaux bureaux parisiens d'au moins 1.000 mètres carrés.

Prendre 10% de parts de marché en France

Si la France est un marché stratégique (le commerce en ligne devrait y peser 100 milliards d'euros en 2019 selon la Fédération française du e-commerce et de la vente à distance), c'est aussi un marché très concurrentiel avec de nombreux acteurs comme HiPay, Limonetik, mais aussi des entreprises plus traditionnelles comme Verifone et sa plateforme Paybox, Ingenico, qui prévoit d'accélérer sur les paiements en ligne, ou encore BNP Paribas et Arkéa, très plébiscités par les sites marchands sur la partie banque acquéreur.

"Si nous arrivons à prendre 10% de parts de marché du e-commerce français en 18 mois ce sera une très bonne nouvelle", confie Guillaume Pousaz.


Pour doper son activité, Checkout prévoit aussi de cibler les plus petits e-commerçants en concoctant une offre ad hoc et marcher ainsi sur le terrain de jeu initial de l'américain Stripe, désormais valorisé 35 milliards de dollars, soit plus qu'Airbnb ou Palantir. Compte tenu de sa récente levée de fonds XXL, Checkout dit ne pas prévoir une entrée en Bourse dans les 24 à 36 prochains mois. Mais cette option n'est pas écartée à moyen terme, car elle pourrait lui permettre d'accéder à des clients hors normes, comme les compagnies aériennes ou les grands groupes hôteliers.

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