Le "Lac d'Argent" : un méga fonds public pour protéger les fleurons français

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(Crédits : Benoit Tessier)
Créé par Bpifrance, ce fonds devrait atteindre une dizaine de milliards d'euros. Il a pour vocation de protéger les pépites françaises cotées, face à l'appétit de fonds internationaux aux moyens financiers colossaux et à la montée en puissance des fonds activistes qui ciblent désormais les groupes français. La banque publique d'investissement va également lancer au printemps un produit financier dédié aux particuliers leur permettant d'investir dans 2.500 entreprises françaises.

La banque publique d'investissement a levé "plusieurs milliards" d'euros auprès d'investisseurs privés et souverains afin de lancer un nouveau fonds destiné à protéger des fleurons français alors que les fonds activistes font une percée en Europe.

Baptisé "Lac d'Argent", ce fonds d'investissement a vocation à terme à atteindre une dizaine de milliards d'euros, a déclaré à des journalistes Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance, en marge de la présentation du bilan d'activité 2019.

Objet hybride, cette poche de capital a pour ambition d'apporter de la stabilité à des entreprises françaises - pas nécessairement en difficultés - tout en étant gérée avec des objectifs de rentabilité mais sur le long terme.

"L'objectif c'est d'accompagner les entreprises dans les grandes transitions : transitions boursières, transitions technologiques, en étant patient", a expliqué Nicolas Dufourcq."Il y a une dimension d'ancrage en France, il y a une dimension de stabilisation du capital, il y a une dimension de valeur ajoutée dans les conseils d'administration".

Montée en puissance des fonds activistes

Ce nouvel outil doit renforcer l'arsenal de la France pour protéger ses pépites, face à l'appétit de fonds internationaux aux moyens financiers colossaux et à la montée en puissance des fonds activistes qui ciblent désormais les groupes français, jusque-là relativement épargnés.

Si la loi Pacte a récemment allongé la liste des entreprises soumises au contrôle des investissements étrangers, le dispositif a montré ses limites alors que plusieurs pépites sont passées sous pavillon étranger, faute, parfois, d'avoir trouvé un investisseur localement.

"Il n'y a pas de fonds de pension en France donc on fait le job", a expliqué le directeur général de la banque publique qui a succédé à l'ancien Fonds stratégique d'investissement.

Une quinzaine d'investissements prévus

Les premiers milliards d'euros du Lac d'Argent ont été levés auprès de fonds souverains, d'assureurs français, d'entreprises et de familles, a précisé Nicolas Dufourcq, sans dévoiler de noms ni le montant exact de la levée. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire devrait officialiser le lancement du fonds dans les prochaines semaines.

Cette manne va accroître la puissance de feu financière de la BPI qui dispose déjà d'un portefeuille de 15 milliards d'euros investis dans une vingtaine d'entreprises cotées parmi lesquelles PSA, STMicrolectronics, Orange et plus récemment Valeo. Le "Lac d'Argent" permettra de réaliser une quinzaine d'investissements supplémentaires.

La banque publique d'investissement, qui a pour principaux métiers la garantie des prêts des banques, le financement, l'investissement, l'assurance export et le conseil aux entrepreneurs devrait par ailleurs élargir sa palette avec un nouveau produit financier destiné aux particuliers.

Un produit "patriotique" dédié aux particuliers pour le printemps

Bruno Le Maire avait chargé la banque publique l'an dernier de concevoir un produit "patriotique" investi dans les entreprises françaises.

"Nous allons vendre aux Français le portefeuille de Bpifrance. On va permettre aux Français de faire du 'private equity'", a expliqué Nicolas Dufourcq.

Adossé à une partie du fonds de fonds de la BPI et englobant 2.500 entreprises, cet instrument, qui sera distribué par les banques, les assureurs et en ligne, ne sera pas accessible à toutes les bourses, avec une valeur minimale de la part de quelques "milliers d'euros". Instrument inédit, il sera lancé au printemps.

Sur l'ensemble de 2019, le total des investissements de Bpifrance a atteint 2,5 milliards d'euros tandis que les cessions de participations dans son portefeuille ont représenté 1,6 milliard d'euros, selon un bilan d'activité publié jeudi. La banque publique table sur un programme de cessions d'ampleur au moins équivalente pour 2020.

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a écrit le 30/01/2020 à 23:54 :
D'ou viennent ces " moyens financiers colossaux"? Les milliards consommes par Google, Uber, Amazon, Netflix, Tesla pour decennies sans aucun "retour sur l'investissement" quelque ce soit? Imprimes par la complexe militaire industrielle economique etatsunisien. Et le UE insiste sur ce stupide 3% de PIB! Les Americains menent la guerre economique contre la planete entiere depuis les anneess 50 pour nous faire tous leurs esclaves - le neofeodalisme.
a écrit le 30/01/2020 à 18:42 :
ah, tout ce bon pognon bien frais qui fait saliver tous les politiciens de gauche qui ont decourgae toute prise de decision capitalistique depuis 30 ans
tout le monde a compris a quoi ca allait servir
' a fabriquer des heuliez futurs leaders mondiaux de la voiture electrique'
demandez a segolene royal, comme elle a bien gere l'argent de sa region
avant il y avait les zinzins, ils ont ete demolli, puis y a eu la caisse des depots, puis bpi pour financer les entreprises d'avenir, les technos etc
bref, ca sert a financer tous les canards boiteux pas rentables bourres de syndicalistes nuisibles qui menacent de tout casser si l'argent ne vient pas
est ce que Bpi est toujours stake holder cautionnaire pour les thes d'ultragauche 1393? ( (vous savez, le ramassis de preneurs d'otages qui ont decouvert la vie de patron negrier voyou en se faisant offrir l'outil de travail par lipton, mais ou personne ne veut mettre sa maision en caution personnelle et solidaire pour les emprunts futurs, d'ou l'interet de bpi)
a écrit le 30/01/2020 à 16:27 :
Bon a la fin, c’est le président ou le ministre dont la femme ou le fils ou la sœur du neveu...qui occupe une place dans la direction...qui accepte la vente aux américains, chinois, japonais, allemands,...

Alors je dis oui à un ou plusieurs fonds publics ou à une ou plusieurs structures publiques de plus gérés par des énarques. Mdr
a écrit le 30/01/2020 à 12:01 :
Et il est où l'argent des investisseurs privés qui normalement devrait être employé à cela ?

A oui planqué dans les paradis fiscaux validés par l'union européenne c'est vrai...

Le néolibéralisme c'est la privatisation des gains et la socialisation des pertes.
Réponse de le 30/01/2020 à 14:56 :
lisez l article, c est expliqué. Dans les autres pays ils ont des fonds de pension. chez nous ca n existe pas, c est tout par repartition. du coup pas d argent a placer dans les entreprises ...
Réponse de le 30/01/2020 à 16:59 :
@ cd: "La banque publique d'investissement, qui a pour principaux métiers la garantie des prêts des banques, le financement, l'investissement,"

"Nous allons vendre aux Français le portefeuille de Bpifrance. On va permettre aux Français de faire du 'private equity'""

Oui votre objection est justifiée, ok, maintenant avouez que l'on se retrouve quand même bien plus dans l'idée d'une stratégie d'exploitation d'argent public que privé car ce dernier quand même protégé par l'argent public hein et au final étant juste là pour gonfler les chiffres sans risquer grand chose.

ET on retrouve cette véritable religion de la protection de l'argent des mégas riches européens un peu partout au sein de la pensée financière de notre UE. Comment voulez-vous que nos riches volent de leurs propres ailes de ce fait et puissent aller concurrencer les riches américains qui eux doivent bien plus à eux-même leur fortune ?

Je n'ai pas de haine anti-riche, je ne suis pas jaloux et même mieux je trouve parfaitement logique qu'il y ai des inégalités mais à un moment il faut le mériter !

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