Pourquoi les espèces sont loin d'être en voie de disparition

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(Crédits : DR)
Pendant le confinement, les Français ont boudé l'argent liquide à la faveur des transactions sans contact. Si l'épidémie a accéléré une tendance de fond, l'horizon d'une société sans cash, qui pose des questions sociales et de libertés individuelles, semble bien lointain.

« Depuis la crise sanitaire, nous avons beaucoup moins de paiements en espèces. Nos clients règlent davantage en carte bancaire, même pour les plus petits montants. Beaucoup optent pour le sans contact, cela évite de pianoter sur le clavier du terminal de paiement. Cette tendance s'est maintenue avec le déconfinement, mais pour combien de temps ?, s'interroge Anne-Christine, cogérante d'une épicerie bio en banlieue parisienne.

Cette question, de nombreux acteurs de la finance se la posent car ce témoignage est loin d'être isolé. Avec la propagation de l'épidémie de coronavirus et l'application des gestes barrière, les particuliers ont boudé la monnaie sonnante et trébuchante et les billets, privilégiant les paiements par carte bancaire, et particulièrement le sans-contact. Et ce, malgré le message rassurant de la Banque de France : « La probabilité de contagion par un virus via un billet de banque est très faible par rapport à d'autres surfaces », avait-elle assuré au début de la crise.

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La crainte d'être contaminé en manipulant des espèces, infondée selon les études menées par la Banque centrale européenne (BCE), n'est pas inédite dans l'histoire.

« Lors de l'une des grandes pestes qui a touché Londres à la fin du XIXe siècle, les commerçants demandaient à leurs clients de mettre les pièces de monnaie dans une coupelle remplie de vinaigre avant de payer », rappelle Patrice Baubeau, historien de l'économie et de la monnaie, et maître de conférences à l'université de Nanterre.

Ces craintes ont également poussé un certain nombre de pays asiatiques, touchés par de multiples épidémies, à opter pour des billets en plastique plutôt qu'en papier, afin de pouvoir les laver et les désinfecter plus facilement.

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Des refus de paiement illégaux

En France, ces appréhensions conjuguées au confinement et à l'arrêt de l'activité commerciale, hormis l'alimentaire, ont provoqué une réduction considérable du recours aux billets.

« Pendant toute la période du confinement, nous avons enregistré des baisses de retraits situées entre - 50 % et - 60 % aux distributeurs automatiques de billets et à nos caisses », indique Christophe Baud-Berthier, directeur des activités fiduciaires de la Banque de France.

« En l'espace de deux mois, je n'ai retiré qu'une fois de l'argent au distributeur, contre deux fois par semaine habituellement », témoigne Jean, 31 ans. Quelques jours après la réouverture des commerces, les messages d'enseignes invitant les clients à ne régler leurs achats qu'en carte bancaire et n'acceptant pas le liquide se sont même multipliés. Une pratique inédite, mais surtout illégale qui a poussé le défenseur des droits à réagir en rappelant que cette restriction privait une frange de la population, notamment les plus démunis, de...

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Commentaires
a écrit le 23/07/2020 à 13:48 :
La paiement sans contact est quand même sacrément confortable. Plus besoin de sortir (ou recevoir) des pièces de 1 ou 2 centimes pour des paiement de petite valeur.
Après cela doit rester une liberté, pour que les gens attachés au cash puissent quand même payer.
a écrit le 22/07/2020 à 21:03 :
En Suède en juin 2019, j'ai eu deux refus de ma CB, une fois, un nouvel essai a fonctionné, l'autre trois tentatives vaines de la caissière, y avait du monde derrière, ai payé en liquide (il faut toujours avoir de l'argent ou alors vouloir jeûner, un soir ça peut passer, mais bon), la perfection n'existe pas. Pour le carburant, jamais de refus.
Ici chez GrandFr* parfois, en sans contact, ma CB (Mastercard Gold, < 20€) est refusée alors qu'elle a servi 15 minutes plus tôt chez Lecl* avec succès (< 20€). Une fois ai également du sortir deux billets de 10€, refus sans contact, refus par le terminal. Ces cas là en "tout dématérialisé", on les résoudra comment ??? Le 1er janvier, les règles de tout sans argent physique en Suède ont été revues, une partie de la population était mise à l'écart (il faut une adresse fixe, divers critères, matériel informatique, ...), il faut donc pouvoir trouver un DAB dans un certain rayon. Quand je rentre je donne mes dernières couronnes (1Kr = 0,1€) aux mendiants, dématérialisé ils n'auraient rien (de ma part).
En Finlande ma CB Visa était refusée dans tout automate de carburant (en 2010) on doit (et c'est prévu) mettre des billets d'euros dans la machine, pas pratique pour ajuster le volume (pas de rendu de monnaie).
En Sardaigne, la CB Sarde est indispensable quand les stations sont fermées, les CB étrangères sont refusées (sans doute contrôles impossibles, pas de liens informatiques internationaux ?).
Le sans billet ni pièces va rendre la vie incertaine. Rien n'est fiable à 99,999999%, et même ça c'est pas assez. Une erreur sur 100 millions c'est TROP !
a écrit le 22/07/2020 à 16:53 :
Surtout si l'on voit comment fonctionne les banques actuellement !
Pour moi il y a danger, car a l'évidence les banques n'ont plus le rôles premier, ils sont la pour se financer par les frais...
a écrit le 22/07/2020 à 15:23 :
sortir un peu de France et vous constaterez que dans certain pays trés proches
il vous faut des liquidités
alors généralisé au monde la France est une exception
pour favorisé les banques et non son industrie
Réponse de le 22/07/2020 à 21:08 :
Pour promouvoir Moneo les banques ont prétexté que ça éviterait aux commerçants de brasser de la monnaie, fort encombrante et de faible valeur (je ramasse quand même les 1cts au sol, ont rien à faire là), en renversant le problème, ce sont les banques qui préfèrent ne pas avoir de rouleaux de pièces à gérer (lourd, pénible, de faible valeur). C'était un Service donc payant, et non une libération pour elles, une charge en moins, et donc (presque) "gratuit". Le succès a fait pschiiit.
a écrit le 22/07/2020 à 14:15 :
Ce que cet article omet, c'est qu'il fallait faire le forcing auprès de certains commerçants pour continuer à payer en espèces. Je ne serai pas complice de l'installation des moyens nécessaires à une dictature.
Réponse de le 22/07/2020 à 20:49 :
refuser la monnaie était (et est) illégal, sauf bien sûr si c'est de l'argent sale. :-) :-)
Chez Lec*, la personne devant (y a qq mois) n'avait pas sa CB, il a été redirigé vers la caisse centrale/accueil qui s'en occupait (avec des gants ?).
a écrit le 22/07/2020 à 14:11 :
C'est oublier le bonheur d'un achat pour se faire plaisir avec des gros billets et des pièces.
J'ai pratiquement toujours acheté mes voitures avec des espèces, des achats qui vont durer, et pour vendre rien ne vaut une pile de billets, un chèque un virement, c'est même pas immédiat, ça gâche tout, le mec qui me le propose je lui ferais une remise.
Un plaisir partagé.
a écrit le 22/07/2020 à 13:48 :
Pas pu lire l'article, mais le titre et le chapeau sont trompeurs : la disparition du cash est programmée à partir de 2022 en France. Ça s'appelle CAP 2022 dans les ministères, et au-delà d'être la petite fille de la RGPP, c'est l'un des piliers du flicage et du contrôle des citoyens.
L'auteure de cet article trompe les gens.
a écrit le 22/07/2020 à 10:34 :
Les "espèces" sont en fait un frein a un changement monétaire! L'unité informatique d'une monnaie peut être changé d'une seconde a l'autre!
a écrit le 22/07/2020 à 10:03 :
Les "espèces" est en fait un frein a un changement monétaire! L'unité informatique d'une monnaie peut être changé d'une seconde a l'autre!
a écrit le 22/07/2020 à 9:17 :
Parce que le billet c'est l’économie réelle, c'est une valeur sûr permettant de récompenser immédiatement via une rémunération la valeur travail, c'est indissociable du bon fonctionnement d'une classe productrice et donc de l'économie en général.

La disparition de cet outil n'est envisagé par contre que par des gens déconnectés des réalités, entassant leurs fortunes au sein de paradis fiscaux à tel point qu'ils ont généré une crise de liquidité massive qu'ils veulent récupérer en taxant une nouvelle fois la valeur travail et donc la classe productrice.

Les souris votent pour les chats.
a écrit le 22/07/2020 à 8:26 :
Parce que l'argent liquide, c'est celui qui met de l'huile dans le fonctionnement de l'économie.
C'est celui dont vous êtes sûr de disposer. C'est celui qui ne permet pas de payer Amazon, celui qui ne supporte aucun frais bancaire, c'est le seul "bon" argent qui profite à celui qui travaille, c'est à dire celui qui apporte réellement quelque chose à la société. Ce qui exclut de fait tout le secteur financier.
Réponse de le 22/07/2020 à 10:08 :
A condition de ne pas se le faire voler chez vous. C'est la la principale faiblesse du liquide. Pas de trace que vous l'avez, mais pas non plus de preuve que vous l'aviez si l'on vous le vole.

Et si c'est pour le déposer dans une banque pour plus de sécurité.....
Réponse de le 22/07/2020 à 15:38 :
le liquide est surtout indispensable au marché parallèle, celui qui achète la paie sociale dans les cités et qui ravit les professions liberales et les commerçants

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