E-commerce : Alibaba reconnaît son impuissance face à la contrefaçon

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Jack Ma, fondateur d'Alibaba, déclarait en juin dernier que les produits contrefaits étaient souvent de meilleure qualité et vendus à des meilleurs prix que les articles authentiques...
Jack Ma, fondateur d'Alibaba, déclarait en juin dernier que les produits contrefaits étaient souvent de "meilleure qualité" et vendus à des "meilleurs prix" que les articles authentiques... (Crédits : Reuters/Bobby Yip)
Régulièrement accusé de favoriser la contrefaçon sur ses plateformes d'e-commerce, le fondateur du géant Alibaba demande de l'aide à l'Etat chinois.

Le patron d'Alibaba change de discours. Pour la première fois, le géant chinois de l'e-commerce se tourne vers l'Etat pour l'aider à lutter contre la contrefaçon - alors qu'il est régulièrement accusé de l'encourager sur ses plateformes. "Aucune entreprise ne peut le faire seule", a écrit mardi le fondateur Jack Ma dans une lettre ouverte publiée sur Weibo, le Twitter chinois. Il dénonce une "loi vieille de 20 ans (...) sévèrement dépassée par la réalité", rapporte Azilia, la plateforme d'informations d'Alibaba. Le milliardaire interpelle l'Assemblée nationale populaire (APN), réunie en session annuelle cette semaine à Pékin, pour un durcissement de la loi en vigueur. "Par exemple, si la fabrication ou la vente d'un faux produit faisait encourir une peine de prison de sept jours pour chaque contrefaçon, le monde serait très différent - tant en termes d'application de la propriété intellectuelle (...) que notre capacité à promouvoir l'innovation", écrit Jack Ma.

Actuellement, les peines d'emprisonnement en Chine pour contrefaçon peuvent aller jusqu'à sept ans, détaille le cabinet chinois Lehman Law, assorties d'une amende calculée au cas par cas. "Alibaba déplace le fardeau vers les législateurs, et cela pourrait aider à produire certains changements dans le système pénal chinois", estime auprès de Bloomberg Cao Lei, directeur du centre de recherche sur l'e-commerce à Hangzhou. Dans sa lettre ouverte, Jack Ma assure que sur les 4.495 cas suspects transmis aux autorités chinoises en 2016, seulement 33 affaires ont abouti à une condamnation.

Alibaba placé sur liste noire aux Etats-Unis

Le géant chinois espère ainsi effacer les mauvais coups de pub portés à répétition contre ses sites de ventes en ligne. En 2015, Alibaba a fait face à une plainte du groupe Kering (Gucci, Yves Saint Laurent...) quelques mois après avoir été critiqué en Chine. Lors d'une inspection menée par l'Administration d'Etat pour l'industrie et le commerce (AEIC) chinoise, il est apparu que seuls 37,3% des produits étaient "authentiques" sur Taobao, l'eBay chinois détenu par Alibaba - quand les autres sites ont obtenu en moyenne quelque 58%. En juin dernier, Jack Ma déclarait que les produits contrefaits étaient souvent de "meilleure qualité" et vendus à des "meilleurs prix", que les articles authentiques... Une réputation qui freine son développement à l'international. En décembre dernier, sa filiale Taobao a été placée sur liste noire aux Etats-Unis.

Alibaba dit pourtant multiplier les actions pour lutter contre la prolifération de produits contrefaits sur ses sites de ventes en ligne. En janvier, il a par exemple passé un partenariat avec une vingtaine de grandes marques pour favoriser la communication entre la plateforme et les marques afin de repérer les articles contrefaits, les retirer de la vente et poursuivre les délinquants.

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Commentaires
a écrit le 09/03/2017 à 16:06 :
Alibaba et autres Amazon devraient payer une redevance de lutte contre les contrefaçons qu'ils vendent !
a écrit le 09/03/2017 à 8:45 :
Surtout que qui dit contrefaçon dit produits de mauves qualités conçu de façon désastreuse, dans des conditions inconnues, c'est dangereux, c'est polluant mais il existe des marchés parallèles particulièrement bien organisés, je pense à tout ces jouets et jeux que l'on gagne dans les fêtes foraines et qui doivent coûter à produire un euro la tonne.

Il est évident que la mafia a mit la main sur cette économie et comme nous n'arrivons plus à distinguer les circuits financiers des circuits de blanchiment d'argent mafieux les oligarchies se mêlent les unes autres et les intérêts des uns deviennent ceux des autres et il devient impossible de lutter contre ces marchés frauduleux étant donné qu'à la tête se trouve l'oligarchie et la chine ne fait exception aux autres pays du monde sa mafia c'est aussi son oligarchie.

On voit mal donc dans notre système actuel comment dépasser les seules déclarations de bonnes intentions.
Réponse de le 09/03/2017 à 9:22 :
Meme si de nombreuses contrefacon sont en effet de mauvaise qualité, c est pas le cas de toutes.
Dans certains cas, le produit original fait de telles marges que la copie correcte peut tout a fait etre rentable. Et puis si acheter une copie de medicament est problematique, acheter une copie d un sac a main est sans danger
Réponse de le 09/03/2017 à 9:38 :
Vous me sautez dessus de plus en plus vite. Vous savez que je ne lis jamais vos commentaires ? Oui vous devez le savoir vu que je vous le dis très souvent malgré tout puisque vous me répondez vous par contre très souvent.

C'est quoi qui vous motive à me lire alors que pour ma part je ne vous lis jamais ? Seulement quand régulièrement vous me l'imposez de la sorte Elle est où votre logique là ?

"Meme si de nombreuses contrefacon sont en effet de mauvaise qualité, c est pas le cas de toutes"

Vu que vous êtes en train de défendre l'industrie de la contrefaçon pourriez vous nous donner des exemples de contrefaçons de qualité svp ? Vous auriez des usines en chine par hasard ?

"Dans certains cas, le produit original fait de telles marges que la copie correcte peut tout a fait etre rentable. "

Quels cas svp !?

" Et puis si acheter une copie de medicament est problematique, acheter une copie d un sac a main est sans danger"

Comment pouvez vous affirmer une telle stupidité svp !? Un sac à main peut prendre feu, peut être bourré de produits chimiques, si rien n'est contrôlé tout est possible.

Allez oubliez moi maintenant ou bien faites un minimum d'efforts dans vos trollages, merci.
a écrit le 09/03/2017 à 6:51 :
Jack Ma a abandonné depuis longtemps l’idée de vaincre efficacement la contrefaçon.

Le plus important est le Business ! Et notamment celui du Luxe.
C’est pourquoi il s’est offert l’année dernière Mei.com, déstockeur de marques de Luxe en ligne, adoubé par les 3 grands groupes de Luxe comme étant fiable.

Par ailleurs, 2 correctifs :
1/ Weibo n'est pas le Twitter chinois mais le Facebook chinois.
2/ Taobao n'est pas l'Ebay chinois mais l'Amazon chinois, une market place et non un site d’enchère…
Une petite correction ?
a écrit le 08/03/2017 à 23:56 :
Approche très fine de Jack Ma qui en fait dit, je n'y peux rien, et retire donc sa responsabilité tout en la rejetant sur le gouvernement qui n'y peut pas grand chose. Il va donc se passer qu'il va continuer à s'enrichir sans que la contrfaçon soit poursuivie. Plus fort que lui, tu meurs :-)

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