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Quel avenir pour l'Eurofighter après l'échec de la fusion EADS-BAE Systems ?

Michel Cabirol

Publié le 13 octobre 2012 à 06:28

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Une fusion entre EADS et BAE Systems aurait pu permettre à l'Eurofighter de redécoller commercialement et technologiquement. Ce ne sera pas le cas avec l'échec de cette opération. Le problème de l'avion de combat germano-britannique demeure.

L'histoire de la fusion ratée entre BAE Systems et EADS a commencé par des premiers contacts pour évoquer l'avenir de l'avion de combat Eurofighter-Typhoon du consortium Eurofighter GmbH (détenu à 46 % d'EADS, 33 % de BAE Systems et 21 % du groupe italien Finmeccanica). L'échec du Typhoon en Inde était à l'origine des réflexions entre les deux partenaires pour améliorer le fonctionnement du consortium afin de rendre l'Eurofighter plus compétitif en termes de prix, de technologies et d'offre globale. Aujourd'hui, le problème demeure entier pour l'avion de combat germano-britannique. Car cet appareil arrive en bout de production. "Nous devons remettre ce sujet sur le tapis pour que cet avion se vende à nouveau", confirme-t-on chez EADS.

Seuls 472 appareils commandés sur les 620 espérés en 1998

Sur la cible initiale de 620 Eurofighter fixée en 1998 dans un contrat cadre de production par les quatre pays européens clients -Grande-Bretagne (232 exemplaires), Allemagne (180), Italie (121) et Espagne (87)-, seuls 472 ont été commandés dans le cadre de trois tranches, la dernière (tranche 3A) en juillet 2009: Grande-Bretagne (160), Allemagne (143), Italie (96) et Espagne (73). A cela, il faut également rajouter les deux commandes export obtenues par le Typhoon: 72 appareils pour l'Arabie saoudite (contrat Al Salam en 2007) et 15 pour l'Autriche en 2003. Soit au total 559 appareils commandés. Pas sûr que les 148 derniers exemplaires fassent un jour l'objet d'un contrat en bonne et due forme. Ce qui rend d'ailleurs très probable une annulation de la dernière tranche, la 3B (124 appareils).

La dernière tranche (3B) sera-t-elle commandée ?

"Nous n'avions commandé que 143 avions de chasse Eurofighter, nous n'avons pas pris les autres appareils, pour lesquels nous n'avions qu'une option", a expliqué début septembre à "LaTribune.fr", le secrétaire d'Etat à la Défense allemand, Stéphane Beemelmans, qui précisait que l'Allemagne adaptait "les besoins prévus dans le passé à la structure future de la Bundeswehr, ce qui correspond très souvent à une réduction". On imagine mal l'Espagne et l'Italie prendre également de nouvelles commandes vu l'état de leurs finances publiques. D'autant que les armées de l'air des quatre pays clients ont clairement revu le format de leur flotte Eurofighter à la baisse. Ainsi, la Grande-Bretagne a décidé en 2011 d'en rester à 160 appareils (au lieu des 232), l'Italie à 96 (au lieu de 121), l'Allemagne à 140 (au lieu de 180) et enfin l'Espagne à 72 (au lieu de 87).

Fin de la production en 2017 ?

S'agissant des livraisons, à la fin du premier trimestre 2012, 282 Eurofighter avaient été livrés aux quatre pays européens ainsi que 15 à l'armée de l'air autrichienne et 24 à l'Arabie Saoudite. Soit 321 appareils. Pour le consortium, il reste à ce jour, 238 avions à livrer à cinq armées, les quatre chaînes d'assemblage (Manching, Warton, Turin et Getafe) ayant une capacité cumulée de produire 60 avions par an. Avec la réduction des cibles initiales et l'absence de nouvelles commandes export, les quatre pays ont donc décidé en septembre 2011 de ralentir la production des Eurofighter. Alors que 51 et 53 appareils ont été respectivement livrés en 2010 et 2011, il n'est prévu que de livrer 43 Eurofighter en 2012 et 39 en 2013. Le ralentissement de la production fait ainsi gagner deux ans à la fermeture des chaînes d'assemblage. Au lieu d'achever les livraisons de la tranche 3A en 2015, cette décision leur permet de tenir jusqu'en 2017. Sauf si le consortium décroche un contrat significatif à l'export.

L'avion doit évoluer pour gagner à l'export

Mais pour gagner un contrat à l'export, après les claques successives en Suisse (2011), au Japon (2011) et surtout en Inde (janvier 2012), l'avion doit évoluer technologiquement, notamment en devenant enfin un avion multirôle et se doter d'un radar à antennes actives (AESA). Ce qu'il n'est pas tout à fait encore avec une mission air-sol encore trop légère pour pouvoir exister à l'export. Le radar AESA devrait lui entrer en service en 2015. Soit trois ans après celui du Rafale. Mais certains observateurs considèrent cette date comme irréaliste. Pour son armement, l'Eurofighter attend les missiles de croisière Storm Shadow et Taurus en 2015, le missile air-air Meteor et le nouveau missile air-sol Dual Mode Brimstone en 2016. Ce qui semble aussi un calendrier ambitieux.

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Avec des efforts sur le prix (notamment par rapport au Rafale) et une technologie plus ambitieuse, l'Eurofighter Typhoon pourrait devenir un concurrent sérieux en Malaisie, en Corée du sud (60 appareils), au Koweït, au Qatar... A Oman, le consortium Eurofighter est en négociations exclusives (12 à 18 appareils). Le contrat pourrait être signé à la fin de l'année mais... ce succès ne changera pas fondamentalement le problème de l'Eurofighter, qui arrive en bout de production.

Michel Cabirol

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