EADS : la liste des administrateurs connue sous 48 heures

Le groupe aéronautique et de défense va présenter son nouveau conseil d'administration dans les 48 heures. Une obligation s'il veut tenir son assemblée générale d'ici à la fin mars. Le président du conseil sera élu après l'assemblée générale. L'ancien PDG de Thales Denis Ranque est favori.
Le président exécutif d'EADS, Tom Enders Copyright Reuters
Le président exécutif d'EADS, Tom Enders Copyright Reuters (Crédits : Bloomberg)

Comme toujours chez EADS, rien n'est jamais simple. Les accouchements se font toujours dans la douleur (gouvernance à plusieurs reprises, financement de l'A400M, partage de la charge de travail entre la France et l'Allemagne, etc...) sans parler de l'échec tragi-comique de la fusion EADS-BAE Systems. La nomination des douze membres du conseil d'administration (et non plus onze comme actuellement) n'échappe pas à cette règle intangible d'une entreprise... pas encore normale, car trop sujette aux influences des Etats.

Une chose sûre, le géant européen de l'aéronautique se retrouve une fois de plus dos au mur et doit rapidement nommer son conseil d'administration s'il souhaite tenir son assemblée générale à Amsterdam d'ici à la fin du mois de mars comme il l'a annoncé en décembre. Comme EADS se doit d'informer les marchés 42 jours avant la tenue de l'assemblée, cela devient très, très urgent. "Dans les 48 heures, ce sera fait", confirme à La Tribune un proche du dossier. Soit ce mardi ou mercredi. Le futur conseil d?administration d?EADS comprendra 12 membres, proposés par le comité de rémunération et de nomination, "dont un président, un président exécutif (CEO) et au moins 8 administrateurs non-exécutifs indépendants", avait annoncé début décembre un communiqué d'EADS. La majorité des administrateurs, ainsi que les deux tiers des membres du comité exécutif, devront être des ressortissants de l?Union européenne".

Sept administrateurs à trouver ou à confirmer

Qui dans le conseil ? "C'est déjà gagné", explique-t-on à "La Tribune". Cinq administrateurs sont sûrs de s'installer dans les fauteuils du board. Outre le président exécutif, Tom Enders, deux Allemands et deux Français ont été agréés par le comité des nominations d'EADS à la suite des propositions de Berlin et de Paris. Côté allemand, il s'agit du président du conseil de surveillance de Daimler, Manfred Bischoff, qui connait très bien le groupe pour y avoir été co-chairman du temps de Jean-Luc Lagardère, et de l'ancien président de la fédération allemande de l'industrie BDI, Hans-Peter Keitel. La France a opté pour l'ancienne présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, et l'ancien président de la BCE, Jean-Claude Trichet. Il reste donc sept administrateurs indépendants à trouver ou à confirmer.

Parmi ces sept, il y aura un Espagnol, qui ne devrait pas changer (Josep Piqué, le PDG de la compagnie low-cost espagnole Vueling). "C'est acquis", confirme-t-on à "La Tribune". Les quatre administrateurs indépendants actuels, Hermann-Josef Lamberti, Lakshmi N. Mittal, Sir John Parker et Michel Pébereau, devraient être renouvelés

Ranque est favori pour le diriger le conseil

Le président du conseil d'administration sera élu par un conseil dans la foulée de l'assemblée générale. Anne Lauvergeon, Philippe Camus, Denis Ranque... Les trois noms ont été évoqués dans la presse pour prendre le fauteuil de président du conseil. Mais certains ont déjà semble-t-il perdu du crédit auprès d'EADS, notamment Anne Lauvergeon, qui pourrait toutefois à terme prendre la tête du conseil une fois son apprentissage sur le secteur effectué. Pour Philippe Camus, président de l'équipementier Alcatel-Lucent, l'histoire malheureusement se répète. Une fois de plus les politiques lui barrent la route. Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, qui soutenait Anne Lauvergeon, a été très clair fin janvier pour écarter sa candidature : "Je crois que M. Camus a beaucoup à faire chez Alcatel", avait-il affirmé. Est-ce que EADS passera outre un de ses clients majeurs, l'Etat français. Il n'y a aucune chance, souffle-t-on à La Tribune. D'où la candidature de l'ancien PDG de Thales, Denis Ranque, qui connait lui aussi très bien l'aéronautique et la défense... et qui n'était candidat à rien au départ.

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Commentaires 7
à écrit le 05/02/2013 à 17:09
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Comment voulez-vous que l'aéronautique européenne avance, si elle est infiltrée par des concurrents oligopolistiques dans la mouvance de Mittal / Goldman Sachs ? On peut employer un style diplomatique et les qualifier d'"indépendants".... cela ne cha...

le 05/02/2013 à 17:34
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Le flottant comme son nom l'indique signifie que personne n'a une part prépondérante dans le capital et n'a donc pas de représentant au conseil d'administration... bref des connaissances en économie à revoir....

le 05/02/2013 à 20:48
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@ tonton - jusqu'au moment où une part du "flottant" annonce qu'elle détient suffisamment de titres pour lancer une OPA ou prétendre à au moins un représentant au CA.

à écrit le 05/02/2013 à 15:33
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Ouf ! ils vont échapper à lauvergeon ! C'est déjà ça...

le 05/02/2013 à 15:58
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Il y a des positions pour lesquelles il suffit de ne pas avoir besoin d'être aimé; après tout est possible.

à écrit le 05/02/2013 à 14:16
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Ce qui est finalement un peu lassant, c'est que cote Francais se soit toujours aussi complique pour identifier et nommer les administrateurs Francais... Cela fait partie des elements qui agacent les Allemands depuis toujours.

le 05/02/2013 à 15:03
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... les allemands adorent jouer le rôle des "grands professionnels agacés"... contrairement aux américains qui eux sont des modèles du genre mais se contentent de petits "of course"; "I know"; "sure"... mais n'en pensent pas moins... Bref, les allem...

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