Boeing 787 : le "Dreamliner" autorisé à reprendre les airs pour des vols d'essais

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L'autorité aérienne américaine (FAA) a autorisé jeudi Boeing à mener de nouveaux vols d'essais pour l'aider à déterminer les causes des deux incendies de batteries survenus en janvier sur des B787. L'agence américaine de sécurité des transports (NTSB) a mis en cause indirectement le processus de certification mené par la FAA. Selon Boeing "la probabilité qu'une émission de fumée provienne de la batterie était inférieure à un pour 10 millions d'heures de vol" a-t-elle rappelé. "Or il y a eu deux sérieux incidents sur des batteries de Boeing 787 avec moins de 100.000 heures de vols".

 

Cloués au sol depuis le 16 janvier après deux incidents électriques intervenus le 7 janvier à Boston sur un avion de JAL, et le 16 janvier au Japon sur un appareil d'ANA les B787 vont reprendre les airs. Sans passagers. L'autorité aérienne américaine (FAA) a en effet autorisé jeudi Boeing à mener de nouveaux vols d'essais pour l'aider à déterminer les causes des deux incendies de batteries survenus en janvier sur des long-courrier 787. "Dans le cadre de nos efforts en cours pour déterminer les causes des incidents récents sur des batteries lithium-ion de Boeing 787, la FAA va permettre à Boeing de conduire des vols d'essai sur des 787 pour collecter des données supplémentaires", a indiqué le régulateur dans un communiqué.

La certification mise en cause indirectement

Cette décision est intervenue dans la foulée de la conférence de presse de Deborah Hersman, la présidente de l'agence américaine de sécurité des transports (NTSB). Si les enquêteurs du B787 sont focalisés sur les batteries lithium de l'avion, ils étudient parallèlement les données ayant permis la certification du 787, qui ont été fournies en grande partie par Boeing et ses sous-traitants, dont Thales et le japonais GS Yuasa.  "Lors des évaluations de risques conduites par Boeing pendant le processus de certification", le constructeur a affirmé que "la probabilité qu'une émission de fumée provienne de la batterie était inférieure à un pour 10 millions d'heures de vol", a rappelé Deborah Hersman. "Or il y a eu deux sérieux incidents sur des batteries de Boeing 787 avec moins de 100.000 heures de vols", un taux bien supérieur à ce qui avait été indiqué par Boeing, a-t-elle souligné. Deborah Hersman a mis en cause indirectement le processus de certification mené par la FAA: "les données qui ont été utilisées pour certifier la batterie (du 787) doivent être reconsidérées", a-t-elle souligné. Ray LaHood, l'actuel secrétaire américain aux Transports, et le directeur de la FAA, Michael Huerta, ont réagi aux propos de Mme Hersman en déclarant dans un communiqué qu'il fallait "finir le travail (d'enquête) avant de tirer des conclusions sur les changements ou améliorations de la FAA".

Boeing a lui aussi insisté sur le fait que le 787 avait été "certifié à la suite d'essais rigoureux de Boeing et d'un programme de certification extensif de la FAA". "Nous avons fourni des essais et analyses pour répondre aux demandes spécifiques de la FAA sur l'utilisation de batteries lithium-ion et nous n'hésiterons pas" à mettre en oeuvre les changements nécessaires, a ajouté le groupe.

La FAA, qui dépend du département des Transports, est responsable de la sécurité aérienne et du respect des réglementations du secteur. La NTSB, qui est une agence indépendante créée par le Congrès, est chargée d'enquêter sur les accidents d'aviation civile aux Etats-Unis et d'émettre des recommandations pour empêcher les futurs accidents.

Court-circuit
La NTSB a par ailleurs indiqué que l'enquête avait mis en lumière la façon dont le feu s'était propagé dans la batterie, mais pas ce qui l'avait causé. Le feu a démarré sur "une seule" des 8 cellules de la batterie qui avait brûlé le 7 janvier à bord d'un appareil de JAL qui venait d'atterrir à l'aéroport Logan de Boston. "La tension de la batterie a brusquement chuté de 32 volts à 28 volts", il y a eu un "court-circuit qui a eu pour conséquence un incendie, lequel s'est propagé aux autres cellules de la batterie", a détaillé Deborah Hersman. Une deuxième batterie carbonisée avait ensuite entraîné un atterrissage d'urgence le 16 janvier au Japon et l'immobilisation au sol de l'ensemble des 50 Boeing  "Nous travaillons maintenant pour déterminer l'origine du court-circuit dans la cellule" incriminée, a-t-elle ajouté, précisant que les enquêteurs n'avaient pour l'instant pas identifié de défaut à proprement parler.

Nouveau rapport dans 30 jours
De possibles dégâts à la batterie à cause d'un "impact mécanique" ont été écartés des causes possibles, et la NTSB s'intéresse désormais à plusieurs pistes: la manière dont les cellules ont été chargées, la fabrication de la batterie et son design, notamment l'isolation des différentes cellules, ou encore la contamination par des particules inflammables, a détaillé la présidente de la NTSB.
Après avoir dit mercredi que l'enquête prendrait sans doute encore "des semaines", la présidente de la NTSB a rappelé qu'il restait "beaucoup de travail" et que ce point sur l'enquête liée aux incidents du 787 n'était probablement pas le dernier. La NTSB devrait communiquer un nouveau rapport d'étape dans 30 jours.

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