Aérien: le régulateur met la pression sur Boeing et lui demande des « améliorations réelles et conséquentes »
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Un Boeing 737 MAX 9, modèle dont la cadence de production a été gelée par le régulateur aérien.
BENOIT TESSIER
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Un Boeing 737 MAX 9, modèle dont la cadence de production a été gelée par le régulateur aérien.
BENOIT TESSIER
L'Agence américaine de l'aviation (FAA) ne lâche pas Boeing. Suite à plusieurs problèmes de production rencontrés en 2023 et l'incident survenu en plein vol en janvier dernier - une porte-bouchon qui s'est détachée de la carlingue d'un avion d'Alaska Airlines peu après le décollage - le régulateur de l'aérien veut des changements de la part du constructeur. Et l'a répété ce mercredi 28 février par la voix de son nouveau chef, Mike Whitaker.
« J'ai rencontré hier (mardi) le patron de Boeing Dave Calhoun et son équipe de direction. Mon message a été clair : Boeing doit s'engager à procéder à des améliorations réelles et conséquentes. Nous les tiendrons pour responsables pendant tout le processus », a-t-il posté sur le réseau social X (anciennement Twitter).
Cette rencontre consacrée à la sécurité s'est déroulée toute la journée au siège de la FAA dans la capitale fédérale Washington, précise le régulateur sur la page de son site internet.
Lors de cette rencontre, Mike Whitaker a informé les dirigeants de Boeing qu'ils devaient élaborer un « plan d'action complet pour remédier aux problèmes systémiques de contrôle qualité afin d'atteindre les standards de sécurité non négociables de la FAA ».
Concrètement, Boeing doit remettre au régulateur, d'ici 90 jours, son plan d'action. Ce document devra incorporer les conclusions de l'audit lancé par la FAA sur sa chaîne de production ainsi que les recommandations d'une commission d'experts indépendants dont le rapport a été publié lundi. En effet, suite à l'incident de janvier, le régulateur a lancé une enquête sur le contrôle qualité du constructeur. Il en ressort que le dispositif de Boeing en matière de sécurité présente des lacunes, relevant notamment des procédures « complexes » semant parfois la « confusion » chez les salariés. Les experts ont ainsi édicté 53 recommandations pour remédier à leurs 27 constatations insatisfaisantes.
Le constructeur, de son côté, essaye de montrer patte blanche. Boeing a relevé dans un communiqué que, « grâce aux journées de sensibilisation à la sécurité, aux découvertes de l'audit de la FAA et au récent rapport d'experts, nous avons une vision claire de ce qui doit être fait ». Il a aussi confirmé l'élaboration prochaine d'un plan d'action « avec des critères d'évaluation illustrant le profond changement réclamé par la FAA ».
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Il faut dire qu'il en va de sa santé financière. Car la FAA a gelé la cadence de production du 737 MAX jusqu'à ce qu'elle estime que le constructeur ait opéré les changements requis. Or, il s'agit de son avion vedette, qu'il voulait continuer d'accroître en 2024. De façon plus globale, ses ventes ont déjà pâti de cet incident : Boeing a déclaré mi-février avoir livré 27 avions en janvier, soit une baisse de 29% sur un an. Et outre le ralentissement des cadences, il s'attend aussi à devoir indemniser les compagnies propriétaires de 737 MAX 9 qui ont dû les laisser au sol durant trois semaines.
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72 personnes ont été tuées dans un accident d'avion commercial dans le monde en 2023, ce qui en fait la meilleure année pour la sécurité aérienne selon certains critères, d'après le rapport annuel de l'Association internationale du transport aérien, publié mercredi.
La principale organisation de compagnies a relevé un seul accident mortel, celui d'un ATR de la compagnie népalaise Yeti Airlines reliant Katmandou à Pokhara, qui s'est écrasé peu avant son atterrissage le 15 janvier 2023. Au total, l'organisation a décompté 30 accidents ayant occasionné des dégâts d'au moins un million de dollars ou 10% de la valeur résiduelle. Contre 42 accidents dont cinq mortels en 2022, avec un total de 158 victimes. La moyenne annuelle est de 38 accidents dont cinq mortels, pour 143 victimes.
Le taux d'accident s'est établi à 0,8 par million de vols, contre 1,3 en 2022 et une moyenne de 1,19 lors des cinq dernières années, selon l'Iata. Le risque d'accident mortel est quant à lui tombé à 0,03 pour un million, contre une moyenne de 0,11 sur cinq ans. Une personne qui volerait tous les jours mettrait ainsi « 103.239 ans en moyenne à subir un accident mortel », a illustré l'association. L'avion « reste le mode de transport le plus sûr », s'est félicité son directeur général, Willie Walsh.
Il a toutefois rappelé que le premier mois de 2024 a été marqué par « deux accidents spectaculaires ». Outre la porte arrachée d'un Boeing, il y a eu une collision au sol suivie de l'incendie d'un Airbus A350 de Japan Airlines à Tokyo-Haneda (cinq morts). Cela montre, selon lui, qu' « il y a toujours une marge d'amélioration » et que « la sécurité ne doit jamais être considérée comme acquise ».
(Avec AFP)
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