Airbus Space Systems finit l'année en apothéose

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Les deux satellites Inmarsat-6 seront basés sur la plate-forme Eurostar, dans sa version à propulsion électrique
Les deux satellites Inmarsat-6 seront basés sur la plate-forme Eurostar, dans sa version à propulsion électrique (Crédits : Inmarsat)
Après s'être vu notifier mardi par la direction générale de l'armement le contrat COMSAT NG, la filiale spatiale d'Airbus Group a remporté une nouvelle commande pour la construction de deux satellites de communications mobiles auprès de l'opérateur Inmarsat.

Fin d'année en apothéose pour Airbus Space Systems. Après s'être vu notifier mardi par la direction générale de l'armement (DGA) le contrat COMSAT NG, la filiale spatiale d'Airbus Group a remporté une nouvelle commande pour la construction de deux satellites de communications mobiles auprès d'Inmarsat, le principal fournisseur mondial de services de communications mobiles par satellite. Le montant s'élève à 600 millions de dollars. Cette nouvelle commande conclut une année 2015 très riche en annonces commerciales pour Airbus Space Systems.

Tout comme pour l'un des deux satellites de télécoms militaires COMSAT NG confié à Airbus Space Systems, les deux satellites Inmarsat-6 seront basés sur la plate-forme Eurostar, dans sa version à propulsion électrique E3000e, "qui fait déjà la course en tête sur le marché commercial mondial", selon le communiqué publié mercredi par la filiale spatiale d'Airbus Group. "Ce nouveau contrat renforce la position de leader mondial d'Airbus DS sur le segment des satellites électriques, avec déjà six satellites de télécommunication haute puissance tout électrique en commande", a précisé jeudi  matin la division Défense et Espace d'Airbus Group dans un communiqué.

"La réduction de masse qu'offre cette technologie permettra d'embarquer une charge utile numérique de nouvelle génération d'une taille exceptionnelle, pour une mission double", a souligné Airbus Space Systems.

Connexion internet

Ces deux satellites vont permettre d'étendre les services Inmarsat, aussi bien en bande L (radio numérique) qu'en bande Ka (connexion internet à haut débit pour les zones mal desservies) pour Global Xpress, le système de communication par satellite d'Inmarsat. Le lancement du premier satellite (I-6 F1) est prévu en 2020 et son système de propulsion électrique lui permettra de gagner l'orbite géostationnaire en quatre à six mois, selon le type de lanceur utilisé. Il est conçu pour une durée de vie nominale en orbite de plus de 15 ans.

"Nous sommes ravis d'avoir été sélectionnés par Inmarsat pour la réalisation de ses nouveaux satellites ultra sophistiqués, s'est félicité le directeur de la branche espace d'Airbus DS, François Auque. Pour notre charge utile numérique de nouvelle génération, cette mission représente une avancée considérable en termes de capacités et de performances". "La constellation Inmarsat-6 confirme notre engagement à fournir des services avancés en bande L au cours des prochaines décennies", a déclaré de son côté le PDG d'Inmarsat, Rupert Pearce.

Une très bonne année commerciale en 2015 pour Airbus

Après avoir remporté 14 satellites en 2014, Airbus Space Systems a remporté au moins 11 satellites cette année, dont quatre de télécoms civils (SES-14, Quantum d'Eutelsat et deux Inmarsat-6). Dans le domaine militaire, la filiale spatiale a remporté un satellite du programme COMSAT NG et trois satellites d'écoute électromagnétique CERES (Capacité de renseignement électromagnétique d'origine Spatiale). Dans le domaine de l'observation, Airbus Space Systems a signé un contrat avec l'Agence spatiale européenne (ESA) portant sur le développement et la construction des satellites Jason-CS/Sentinel-6A. Il va permettre de continuer à observer la topographie de la surface des océans.

Enfin, dans la domaine de la science, la filiale spatiale d'Airbus Group a remporté auprès du Centre national d'études spatiales (CNES) le contrat de réalisation de la plate-forme et de l'intégration de Merlin (MEthane Remote sensing LIdar missioN). Ce satellite étudiera, dès 2020, la concentration du méthane (CH4), l'un des principaux gaz à effet de serre, dans l'atmosphère terrestre. Airbus Space Systems développera et fabriquera le satellite JUICE (JUpiter ICy moons Explorer), première mission européenne à destination de Jupiter. JUICE examinera le système jovien et ses lunes glacées en se concentrant particulièrement sur les trois planètes qui abritent, potentiellement, des océans (Europe, Ganymède et Callisto).

OneWeb, ça passe ou ça casse?

Et puis, il y a la fameuse constellation OneWeb, destinée à l'internet. Faut-il mettre cette opération voulue par le président d'Airbus Group Tom Enders contre son management au rayon des succès? A suivre car c'est un pari industriel... En tout cas, Airbus, qui a mis un paquet d'argent dans ce projet, a été bien sûr choisi par OneWeb Ltd pour la conception et la fabrication d'une flotte de plus de 900 microsatellites, pesant chacun moins de 150 kilos. La conception et la fabrication des 10 premiers satellites sera réalisée à Toulouse tandis que la production de série le sera aux États-Unis.

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Commentaires
a écrit le 26/12/2015 à 13:02 :
Merci à la personne qui a pris le temps de me répondre. Le spatial est un des rares secteurs de notre économie qui vend bien à l'étranger. je trouverai dommage que cet outil industriel européen soit cassé. Sauf erreur de ma part les concurrents US sont très fort.
a écrit le 26/12/2015 à 8:19 :
doucement je suis en train de lire plusieurs actualités en même temps dans les réseaux sociaux , ne pas oublier que je suis retraitée. quitte à ce que vous pensiez que je ne suis pas réellement linked IN (tant pis pour moi à ce moment là) entre temps bonne chance.
a écrit le 25/12/2015 à 6:27 :
Bravo à cette société. Mais où en est le plan social? Je sais qu'il est moins important après les bonnes commandes en 2014, celles de 2015 sont aussi importantes. Un petit article pour faire le point serait le bienvenu.
Réponse de le 25/12/2015 à 12:16 :
Plan social terminé, embauches en cours. Business as usual.

Joyeux Noël!
Réponse de le 25/12/2015 à 20:27 :
@Benoit
Toujours un métro de retard?
Benoit:
- "je l'aurai, je l'aurai un jour"
Réponse de le 26/12/2015 à 7:30 :
Cher Marco, je me pose bêtement la question.Combien d'emplois ont été sauvé par ces commandes en 2014 et 2015 chez Airbus D&S? Je sais qu'il faut au moins 4 satellites de télécommunications GTO par an pour la rentabilité de l'entreprise. Sinon il me semble que 2000 personnes avaient déjà quitté la société. Si je me base sur cet article. http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/airbus-ds-supprimera-moins-d-emplois-que-prevu-grace-a-de-nouveaux-contrats-satellitaires-17-06-2015-4869241.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr. Toujours d'après cet article, il parle de 800 emplois de sauvé sur les 5800 départs prévu. Mais cher Marco, j'ai beau lire et relire votre commentaire. Je ne trouve pas de réponse à ma question bête.
Réponse de le 26/12/2015 à 11:37 :
Ce genre de chiffre ne veut pas dire grand chose quant à la santé de la société, d'une part Airbus D&S regroupe plusieurs établissements en Allemagne, Angleterre, Espagne et France (essentiellement). Le chiffre de 2000 est un chiffre global qui est sans doute un chiffre de départs bruts et non une balance départs/embauches. En UK par exemple, le turn over est très élevé pour diverses raisons spécifiques. Par ailleurs, les plans sociaux actuels ont pour but, non de réduire l'effectif, mais la masse salariale en remplaçant des ingénieurs experimentés et chers (du moins considérés comme tels...) par des débutants payés, disons beaucoup plus modérément...Est ce une solution pérenne? l'avenir le dira. Quant aux 4 Telecoms nécessaires, ce n'est qu'un objectif moyen et un paramètre très simplifié qui relève un peu de la com.

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