Le missilier MBDA signe deux contrats à Chypre

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Le missilier MBDA a vendu à la garde nationale (forces armées chypriotes) des missiles sol-air très courte portée Mistral pour un montant évalué à 150 millions d'euros.
Le missilier MBDA a vendu à la garde nationale (forces armées chypriotes) des missiles sol-air très courte portée Mistral pour un montant évalué à 150 millions d'euros. (Crédits : Michaela Rehle)
Le missilier MBDA a signé deux contrats à Chypre (missiles Mistral et batterie côtière équipée d'Exocet). Il bénéficie des bonnes relations entre Paris et Nicosie.

Selon des sources concordantes, le missilier MBDA a signé courant décembre avec Chypre deux contrats négociés depuis le mois de juillet. Il a vendu à la garde nationale (forces armées chypriotes) des missiles sol-air très courte portée Mistral pour un montant évalué à 150 millions d'euros. Et il a également signé un contrat de 90 millions d'euros avec la marine pour la vente d'une batterie côtière équipée de missiles anti-navires Exocet. Deux nouveaux contrats qui entrent dans le carnet de commandes 2019 pour MBDA, qui, selon nos informations, a réalisé une belle année à l'exportation sans avoir obtenu un très grand contrat mais sans pour autant atteindre l'objectif fixé.

A l'image du contrat obtenu au Maroc portant sur la vente de VL-Mica terrestre de 200 millions, le missilier a multiplié ce type de contrat de la classe de 100 à 200 millions. Le missilier européen a également obtenu un contrat modeste portant sur la vente de systèmes de défense anti-aérienne à courte portée Mistral 3 à la Serbie. En outre, MBDA a signé un contrat avec le Sénégal pour armer trois patrouilleurs (OPV-58) fabriqués par Kership, la société commune de Piriou et Naval Group, avec des missiles de défense aérienne de courte portée Simbad-RC et des missiles anti-navires Marte Mk 2. Au Brésil, MBDA a signé en juin dernier un contrat important destiné à armer l'avion de combat Gripen NG, qui devrait être mis en service dans l'armée de l'air brésilienne en 2021/2022. Il va fournir dans le cadre d'un premier lot à l'armée de l'air une centaine de missile air-air Meteor, un contrat évalué autour de 200 millions d'euros

Deux patrouilleurs en attente...

Toujours à Chypre, Kership, soutenu par la France, continue de négocier la vente de deux patrouilleurs OPV 59 avec un nouveau design pour une somme évaluée à 75 millions d'euros. Le chantier néerlandais et, surtout, les Israéliens commercialement très agressifs, sont en embuscade. La filiale de Piriou et Naval Group a d'ailleurs récemment remis une nouvelle proposition à Nicosie. Cet OPV de Kership, équipé du CMS (Combat management system) Polaris (Naval Group), a pour mission de réaliser des opérations de maintien de l'ordre en mer et d'assurer la surveillance des côtes et des ZEE (Zone économique exclusive) grâce à sa grande polyvalence et une forte endurance.

Enfin, la France et Chypre ont négocié à la demande de Nicosie puis conclu le 27 janvier 2020 un nouvel accord de coopération afin d'étendre le champ de la coopération militaire et technique existant déjà entre les deux pays. Cet accord tient compte des intérêts communs et des activités dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) ainsi que de l'évolution des technologies. Les deux Etats avaient signé un premier accord de coopération le 28 février 2007, qui avait pour objet de développer la coopération militaire et technique entre la France et Chypre (notamment dans les domaines de la recherche militaire et scientifique, de l'armement, des technologies de défense, etc...)

De bonnes relations entre Paris et Nicosie

La France compte parmi les partenaires privilégiés de Nicosie. Elle est le deuxième partenaire militaire de Chypre, devant le Royaume-Uni, qui compte pourtant deux bases souveraines sur l'île. "Chypre compte fortement sur l'appui français, en complément de son appartenance à l'Union européenne, pour contrebalancer la présence turque au sein de l'l'OTAN", explique la députée Aude Bono-Vandorme. Cette relation bilatérale de défense repose notamment sur l'intérêt opérationnel que représente la position géographique de Chypre, point d'appui stratégique pour les opérations en Méditerranée orientale. En outre, ses ports peuvent accueillir des porte-aéronefs et sous-marins nucléaires d'attaque (SNA). En 2016, la marine nationale a organisé 39 escales françaises ont eu lieu en 2016.

Dans le cadre des forages illégaux de la Turquie dans les eaux territoriales chypriotes, la France soutient Chypre. Ainsi, la frégate Auvergne a fait escale dans le port de Larnaca le 10 octobre dernier. Puis le 12 octobre, la France a participé à des exercices navals avec une frégate Lafayette dans les eaux chypriotes, à la suite de l'envoi par la Turquie d'un navire de forage dans ce secteur. De leurs côtés, les Chypriotes ont lancé un programme de modernisation de la garde nationale ainsi qu'une évolution de la doctrine d'emploi des forces. Afin de protéger une ZEE riche en hydrocarbures, dans laquelle la Turquie entreprend des forages pétroliers, en violation des conventions internationales régissant le droit de la mer, Chypre cherche désormais à renforcer la composante maritime de ses forces.

Un accord de coopération, un socle pour exporter

Cet accord offre un socle de coopération en matière de défense qui pourrait, à moyen terme, favoriser les exportations d'armement envers Chypre, espère la France. En 2018, le budget de la défense chypriote était de 320 millions d'euros, dont 70 millions consacrés aux acquisitions. Outre les patrouilleurs, les aux centres de contrôle aérien sont également un prospect pour les industriels français. Pour autant, les exportations des industriels de la défense français vers Chypre restent très modestes. Sur la période 2009-2018, la France a exporté pour seulement 39,7 millions d'euros, dont 19,4 millions d'euros en 2018. Au cours de la même période, ils ont livré pour 32,8 millions d'euros. La Commission interministérielle pour l'étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG) a délivré 36 licences sur la période 2015-2018, dont 12 en 2018 pour un montant de plus de 1 milliard d'euros (principalement des munitions, des missiles et des patrouilleurs).

En outre, Chypre au même titre que la Belgique fait partie du projet EU BLOS (Tir Au-delà de la Vue Directe) proposé par la France. Il est le premier projet de systèmes de missiles a avoir été approuvé en novembre 2018 parmi une liste de 17 projets de défense destinés à être mis en œuvre dans le cadre de la Coopération Structurée Permanente (CSP). L'objectif du projet EU BLOS est de développer une famille de missiles TAVD. Basée sur le système de missiles MMP, cette famille repose sur des produits totalement maîtrisés par l'industrie européenne, ce qui permet d'en garantir l'autonomie d'emploi, la sécurité d'approvisionnement et les capacités d'évolution, au profit des 25 pays membres de la CSP.

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Commentaires
a écrit le 06/02/2020 à 17:15 :
Espérons que Macron n'aille pas ajouter son grain de sel .............
a écrit le 06/02/2020 à 16:13 :
NE PAS METTRE EN LIGNE
Date en double :
En 2016, la marine nationale a organisé 39 escales françaises ont eu lieu en 2016.
a écrit le 06/02/2020 à 12:20 :
Pourquoi ça accélère la force des vents et la tempête de pluie et multiplient la force cynégétique derrière les avions de «  civils »??

Dans une ère où les hommes contrôlent le «  climat » à quoi servent les armes de destruction ?

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