Thales Alenia Space a plongé dans le rouge en 2023, en enregistrant une perte nette de 45 millions d'euros en 2023 (contre +11 millions, en 2022), selon nos informations, mais le résultat opérationnel (EBIT) est « à peine légèrement positif (...) donc très en dessous de nos objectifs », a affirmé début mars Pascal Bouchiat, le directeur général de Thales en charge des finances, lors de la présentation des résultats de 2023. Une rentabilité « insuffisante », a-t-il regretté. « Le secteur des télécoms civils connaît effectivement une disruption suffisamment importante pour qu'on réorganise » les activités dans ce domaine, a expliqué pour sa part le PDG de Thales, Patrice Caine.
Face aux difficultés de son activité spatiale dans les activités de télécoms commerciales, Thales a eu la main lourde en lançant un plan drastique pour retrouver une profitabilité dans les standards de cette activité. « L'ambition est de retrouver à moyen terme un niveau de profitabilité de 7 % tout à fait correct dans le domaine du spatial », a précisé Patrice Caine. Les activités spatiales du groupe souffrent, comme toute la filière française confrontée à des difficultés inédites. Airbus Space a été lui aussi très touché l'année dernière par les déboires de son activité spatiale (600 millions d'euros de charges dans ses comptes 2023).
Dans ce contexte, la direction de Thales a annoncé un vaste projet de mobilité interne au sein de Thales Alenia Space (TAS). Ce plan concerne 1.300 postes (hors Italie), dont 1.000 en France et 300 à définir entre la Belgique (environ 590 salariés), l'Espagne (environ 400) et la Grande-Bretagne (environ 200). « C'est spectaculaire sur la France », a d'ailleurs convenu Patrice Caine même s'il a précisé que « ces talents » allaient être redéployés au sein du groupe. C'est d'autant plus spectaculaire que cette saignée va représenter un peu plus de 22% des effectifs de Thales Alenia Space (TAS) en France (environ 4.500 personnes) alors que les activités de télécoms commerciales consolident un tiers du chiffre d'affaires de TAS (soit environ 700 millions d'euros), avait précisé début mars le directeur financier, Pascal Bouchiat.