Thales Alenia Space est sur une belle dynamique depuis deux ans. En 2022, la filiale de Thales (67%) et du groupe italien Leonardo (33%) a notamment raflé la majeure partie du marché des satellites de télécoms en gagnant six satellites géostationnaires sur les huit en compétition sur lesquels il concourrait.Depuis deux ans, Thales Alenia Space (TAS) superforme le marché. Après une année 2021 exceptionnelle, le constructeur de satellites, dont le siège social est à Cannes, a poursuivi sa très belle trajectoire en 2022 mais sans pour autant égaler 2021 en matière de prises de commandes. Les nouveaux succès dans le domaine commercial ont été obtenus grâce à la nouvelle ligne de produits « Space Inspire » développée par TAS et actuellement très attractive pour les opérateurs de satellites, notamment les leaders ayant un accès au marché mondial (SES, Intelsat, Eutelsat...)
«Si on prend le cumul sur nos deux dernières années sur le marché commercial, nous avons une part de marché supérieure à 50%. Ce qui est historiquement très élevé pour Thales Alenia Space. 2022 est une année clé : nous avons la satisfaction d'avoir confirmé la place de Space Inspire sur le marché des satellites géostationnairesSoftware-Definedet notre place dans le domaine des télécoms», analyse le PDG de TAS, Hervé Derrey dans un entretien accordé à La Tribune.
L'année 2022 serait d'un millésime équivalent à celui de 2021 en termes de chiffre d'affaires. « Ce ne sera pas une année aussi exceptionnelle que 2021, mais ce sera un très bon cru », souligne par ailleurs le PDG de TAS, qui n'a pas souhaité donner de chiffre. Cela tient à l'avancement des projets sur le plan institutionnel (CNES et ESA), qui avancent par phase. En 2022, TAS a quand même vu neuf de ses satellites être lancés, dont le dernier SWOT (Surface Water and Ocean Topography) à bord d'un Falcon 9 de SpaceX le 16 décembre depuis la base militaire de lancement de Vandenberg en Californie.
Satellites géostationnaires : une année de folie
L'an dernier, TAS a engrangé six nouvelles commandes de satellites (SES 24, Intelsat 41 et 44, Arabsat 7A, Koreasat 6A et Eutelsat FlexSat). Soit à chaque fois des commandes largement supérieures à 100 millions d'euros. Mieux qu'en 2021 quand le constructeur franco-italien avait gagné cinq satellites (Sicral 3A et 3B, Telkom HTS 113 BT, Astra 1P, Astra 1Q pour SES), dont deux pour le compte de l'État italien (Sicral). En 2022, le constructeur franco-italien a donc gagné six satellites commerciaux sur les huit compétitions qui étaient ouvertes à l'international et auxquelles il a participé. En outre, il a signé un avenant au contrat de développement du système de télécoms Sicral 3 avec le ministère italien de la Défense, incluant le segment sol associé (un contrat également supérieur à plus de 100 millions d'euros).