"Les cadences chez Cartier sont aujourd'hui au maximum"

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(Crédits : Didier Lebrun/Photo News)
Bernard Fornas, le président de Cartier assure avoir anticipé la forte reprise dont bénéficie le luxe notamment en Chine.

Observez-vous une recrudescence des commandes depuis le début de l'année?

Après une stagnation des ventes l'année dernière, les affaires sont reparties dès octobre 2009, notamment grâce à l'afflux des clients chinois et asiatiques. Comme Cartier était un des premiers à aller en Chine dans les années 1990 et que nous sommes aujourd'hui leader dans le pays, cette bonne image rejaillit dans toutes les zones touristiques où ces clients voyagent, notamment en France. Mais les tour-opérateurs les font aussi passer par Milan, Rome, Dubai ou Londres.

Comment faites-vous face en termes de production?

Notre réseau de 300 boutiques est un baromètre qui nous permet de comprendre les tendances six mois plus tôt que ceux qui passent par des détaillants extérieurs. Nous avions ainsi réduit notre production dès mai 2008, bien avant tout le monde. Et dès novembre 2009, nous avons relancé les cadences après avoir constaté un redémarrage en Asie et une étincelle de reprise en Europe et aux États-Unis. Depuis un an, nous réembauchons dans nos cinq ateliers français et dans ceux consacrés à l'horlogerie en Suisse. Nous avons aussi investi dans les procédés de fabrication pour nous offrir une flexibilité de plus ou moins 25 % et répondre ainsi à la volatilité toujours plus grande des commandes. Les cadences sont aujourd'hui au maximum, notamment pour les lignes Trinity, Love et les bagues de fiançailles, qui partent très vite.

L'afflux de clientèle asiatique n'est-il pas risqué pour l'image?

Les Chinois, comme les Japonais, font leurs courses différemment des Européens. Ils viennent en groupe, savent ce qu'ils veulent, achètent très vite avant de remonter dans leur bus. Heureusement, les tour-opérateurs les font descendre dans des boutiques bien spécifiques. Sur les cinq boutiques de Dubai, ils s'arrêtent le plus souvent à celle du Dubai Mall. À Paris, c'est plutôt les Galeries Lafayette ou les Champs-Élysées. Du coup, la clientèle locale peut conserver son intimité d'achat, qui est essentielle au luxe. Comme tous nos concurrents, nous faisons également très attention au marché parallèle. Lorsqu'un client demande quatre montres du même modèle, on lui indique gentiment qu'il n'y en a pas assez en stock. Enfin, nous n'adaptons pas nos produits aux goûts chinois, pour la bonne raison qu'eux cherchent les produits qui marchent ici.

En profitez-vous pour augmenter vos prix?

Les prix moyens n'ont pas beaucoup évolué. Mais nous les baissons par exemple ce vendredi 15 octobre au Japon à cause du yen qui s'envole et nous le faisons savoir dans les journaux. À l'inverse, nous les augmentons en Europe pour suivre la dévaluation de l'euro de ces derniers mois. Les prix évoluent aussi en fonction des matières premières.
 

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