La guerre des prix dans la grande distribution "détruit l'avenir de la filière agroalimentaire"

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Aujourd'hui, nous ne pouvons ni ne devons plus nous taire. La défiance entre nos entreprises et nos clients de la grande distribution est devenue contre-productive, jugent l'association nationale des industries alimentaires et 29 organisations du secteur.
"Aujourd'hui, nous ne pouvons ni ne devons plus nous taire. La défiance entre nos entreprises et nos clients de la grande distribution est devenue contre-productive", jugent l'association nationale des industries alimentaires et 29 organisations du secteur. (Crédits : reuters.com)
Dans une tribune, l'association nationale des industries alimentaires et 29 organisations du secteur alertent sur de "nombreuses situations de dépendance économique". Elles estiment que l'avenir de la filière alimentaire "est en réel danger".

"Aujourd'hui, nous ne pouvons ni ne devons plus nous taire. La défiance entre nos entreprises et nos clients de la grande distribution est devenue contre-productive."

Dans une tribune publié sur le JDD, l'association nationale des industries alimentaires
(Ania) et 29 organisations du secteur alertent sur l'effondrement de "l'équilibre du rapport de force" entre l'industrie agroalimentaire et la grande distribution.

"L'avenir de la filière alimentaire française, englobant la production agricole et toute notre industrie, la première du pays, est en réel danger", est-il écrit.

"Dépendance économique"

Selon les organisations signataires de la tribune, "la concentration excessive des centrales d'achat de la grande distribution met en péril l'équilibre même des négociations commerciales", ce qui crée de "nombreuses situations de dépendance économique".

Elles considèrent que les conséquences sont très lourdes pour le secteur:

"Dans les entreprises que nous dirigeons, ce sont des budgets de recherche et de développement qui s'amenuisent, des innovations qui se font plus rares, des investissements qui se réduisent, des engagements sociaux et environnementaux plus difficiles à financer. C'est notre capacité à exporter qui est freinée. [...] Lorsque ce n'est pas l'emploi d'aujourd'hui qui est directement menacé, ce sont les emplois de demain qui ne verront pas le jour."

La guerre des prix "n'améliorera pas significativement le pouvoir d'achat"

En outre, elles assurent que cette guerre des prix "n'améliorera pas significativement le pouvoir d'achat", car "la part de l'alimentation dans le budget des ménages n'a fait que se réduire pour représenter aujourd'hui à peine 10%". L'Observatoire de la formation des prix produits alimentaires révélait le 21 avril que le prix des produits alimentaires avait reculé de 0,7% en 2014.

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Commentaires
a écrit le 27/04/2015 à 8:51 :
La gde distribution est base sur ce systeme et rien ne la fera changer. Ce systeme tue les producteurs, la qualite, altere le pouvoir d'achat des consommateurs et in fine est prejudicable a ces companies sur le long terme. Seulement ils ont un monopole de distribution en France 3 ou 4 groups se partagent 80 90% du marche qui dit mieux.
Réponse de le 27/04/2015 à 21:09 :
Les producteurs sont jamais content... Ils ont été heureux il y a quelques dizaines de pouvoir vendre chez les supermarché plutôt que dans les petits commerces. Aujourd'hui il existe des associations tel que "la ruche qui dit oui" ils pourraient y vendre leur production à des prix compétitifs car plus d'intermédiaires ni de magasin. Au lieu de cela ils sont encore plus cher que les viandes les plus cher des supermarchés... Alors si ils veulent coulez qu'ils continus comme ça.
a écrit le 26/04/2015 à 22:56 :
Il ne faut pas se faire du souci pour l'industrie agro-alimentaire, elle trouvera toujours des marges en pesant sur les prix de ses fournisseurs...Les agriculteurs. Ce sont eux qui sont en danger et pour l'immense majorité des agriculteurs, la FNSEA ne fait rien pour eux. La dernière preuve: Qui a entendu la FNSEA à propos de l'autorisation des OGM par Bruxelles? Personne, car elle n'a rien dit. Normal, elle approuve et se range ainsi aux côtés des industriels de l'agro-alimentaire.
a écrit le 26/04/2015 à 18:35 :
Comme dans tous les domaines l etat n a aucune stratégie

La seule chose qui compte pour les elus c'est la prochaine election et de ne faire surtout pas de vagues
Réponse de le 27/04/2015 à 8:01 :
ce n'est pas à l'Etat d'agir mais aux agriculteurs !!! à eux de vendre en direct !!! et que font les coopératives ???
Réponse de le 27/04/2015 à 21:11 :
D'accord avec vous surtout qu'il existe déjà des organismes qui essai de mettre en place ce types de vente et qui sont plombé par "CES AGRICULTEURS" qui ne font aucun effort sur les prix...
a écrit le 26/04/2015 à 17:06 :
Ces constats se répètent depuis des lustres.
Le nombre de ministres qui ont assuré avoir résolu le problème est grandiose.
Le lobby de l’agroalimentaire, toujours plus puissant, s’en tape.
Les suicides des agriculteurs augmentent toujours.
Les agriculteurs diminuent, sauf peut-être dans la filière bio.
Pourtant la demande mondiale en céréales, fruits et légumes, huiles, viandes et lait augmente.
Et les pays importateurs sont souvent très exigeants sur la qualité.
L'agriculture française (et son savoir faire) est détruite par nos champions de la distribution (malgré leurs communications qui voudraient nous faire croire le contraire).
Lamentable? Et alors? Rien
................
Parenthèse, la demande de bio augmente en France. Mais la production ne suis pas. A qui la faute?
Le lobby agricole?
Réponse de le 26/04/2015 à 18:35 :
La faute va essentiellement aux lobbies agricoles des Etats-Unis qui interfèrent même dans la politique de prix en Europe. Et avec le NAFTA sera encore plus grave car les grandes multinationales agroalimentaires qui se trouvent dans des pays producteurs sont américaines. Les grands trusts US – dont peut-être vous même faites partie – remplissent le commerce mondial avec des produits en venant de plusieurs pays. Et faute d'avoir perdu du terrain en Russie et en Chine, ces groupes se sont implantés en Europe en force et tant pis pour les agriculteurs européens. Voilà la vraie raison des lobbies et des dirigeants des entreprises de l'agroalimentaire devenir de plus en plus riches.
a écrit le 26/04/2015 à 16:39 :
Leclerc est le premier responsable. Sous un air de grand communicant faisant semblant d'améliorer le pouvoir d'achat, c'est lui qui mène la guerre des prix et indirectement à mené des milliers de petits commerces à fermer !
Réponse de le 26/04/2015 à 17:15 :
S'il est difficile d'affirmer qu'il est le premier responsable, il n'est clairement pas le dernier.
La réalité, sans surprise, les parts de marché de ce dernier sont minces part rapport à un géant, donc automatiquement, à condition d'achat égales, il ne peut rivaliser, ses caissières étant déjà au minimum syndical.
Réponse de le 26/04/2015 à 18:32 :
Clair : les autres sont des "anges"... Ce n'est pas parce que leclerc vend moins cher que les autres ne se font pas de marges plus importantes. Là, ceux qui souffrent ferait bien de donner les prix qu'ils font à la "grande" distribution. Nous, consommateurs, pourrions vraiment faire la part des choses.
a écrit le 26/04/2015 à 16:10 :
En tant que professionnel dans l'agroalimentaire français, je peux dire que la guerre des prix a une origine commune : l'embargo russe à nos exportations. Cet embargo est d'autant plus grave pour le secteur français parce qu'il a un double effet. D'une part, la fermeture du marché russe a impacté directement le secteur. Le coût direct de cette décision a déjà atteint, selon les estimations de la FNSEA, autour de 700 millions d'euros. C'est énorme ! D'autre part, les fruits et légumes qui auraient dû être expédiés en Russie cette années ils vont rester sur le marché français et européen. Cela va engendrer un effet de surproduction.
Cet engorgement du marché intérieur a lui-même conduit à une importante baisse des prix dont il est difficile, pour l'heure au moment, de chiffrer exactement l'impact. C'est d'autant plus inquiétant que la récolte de pommes, pêches et tomates a été très abondante l'année passée, ce qui a joué déjà à la baisse, et cette année les prévisions nous font croire que les récoltes seront encore plus importantes.
Oui, l'avenir de la filière alimentaire "est en réel danger", vous pouvez le dire, et la responsabilité va directement à François Hollande et son gouvernement.
Au total, on peut craindre que des emplois dans certaines filières se trouvent menacés par l'embargo russe. Mes gros soucis – et ceux de tous mes collègues – ne font que commencer.
Réponse de le 26/04/2015 à 17:29 :
La décision des sanctions est européenne. Vous devriez envoyer vos pommes pour soutenir les jeunes russes qui combattent en Ukraine. Passez par le FN qui a ses entrées en Russie. Attention, vous n'êtes pas si éloigné de la collaboration avec un état belliqueux et revanchard envers l'Europe, tout du moins envers ses ex-colonies qui ont intégrées l'Europe.
Réponse de le 26/04/2015 à 18:22 :
Ce sont plutôt vos propos, dignes d'un agent pro-Kiev infiltré dans les forums français, qui sont à côté de la plaque. Beauverger a exposé son problème de façon logique et en tant que professionnel dans l'agroalimentaire il certainement connaît mieux les raisons de la guerre de prix que quelques zozos qui viennent ici faire le discours de John McCain et de Victoria Nuland. L'anti-Poutinisme, vous savez, ça se guérit. Renseignez-vous-en.
Réponse de le 26/04/2015 à 18:43 :
La décision des sanctions est US. Et tout le monde le sait. Sauf que c'est NOUS qui en subissons les conséquences.
Réponse de le 27/04/2015 à 8:39 :
les russes ont été assez habiles sur ce coup là.
appliquer des sanctions ciblées sur un secteur particulier en créant une surproduction et une concurrence acharnée entre "partenaires" européens.
Parce qu'en plus de mettre les producteurs français en surproduction, les sanctions entrainent aussi un afflux de marchandises venant des pays qui exportaient massivement en Russie , il ne nous reste plus qu'à nous battre entre nous.

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