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Minelli échappe à la liquidation... au prix de 400 emplois supprimés

latribune.fr

Publié le 09 janvier 2024 à 17:43 - Mis à jour le 09 janvier 2024 à 17:43

Minelli a été créé en 1973 et avait été début 2022 par les dirigeants de la marque marseillaise San Marina, elle-même liquidée.

Minelli a été créé en 1973 et avait été début 2022 par les dirigeants de la marque marseillaise San Marina, elle-même liquidée.

Reuters

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Le chausseur avait été placé en redressement judiciaire fin septembre par le tribunal de commerce de Marseille qui a donc décidé en faveur d'une reprise par trois repreneurs : la marque de luxe Mes Demoiselles Paris et les investisseurs basés en France DS Invest et Union Brothers. Mais ce projet ne prévoit de conserver que 200 emplois en CDI sur les 600 que comptait la marque.

Seulement 213 salariés sur les 600 personnes qu'employait Minelli pourront garder leur emploi en CDI. Ce seront donc près de 400 postes qui seront supprimés suite à la reprise du chausseur par trois repreneurs : la marque de luxe, Mes Demoiselles Paris, et les investisseurs basés en France, DS Invest, et Union Brothers.

Et si l'enseigne évite de justesse le sort funeste d'autres marques de prêt-à-porter - comme Camaïeu liquidé en septembre 2022 -, seules 47 boutiques (39 magasins et huit « corners » dans des centres commerciaux) sur les 120 seront conservées, selon une décision du tribunal de commerce de Marseille consultée ce mardi par l'AFP.

Cédée en 2022

Le 28 septembre dernier, la marque de chaussures et d'articles de maroquinerie, créée en 1973, avait été placée en redressement judiciaire afin de « préparer la cession (du chausseur) à un nouvel actionnaire pour garantir une poursuite d'activité la plus efficace possible ».

Pour rappel, elle avait été cédée, début 2022, par l'ancien fleuron du textile français Vivarte (ex-groupe André) à Stéphane Collaert, qui avec Laurent Portella avait déjà racheté San Marina deux ans plus tôt. Un échec également puisque la marque a été liquidée en février dernier par le tribunal de commerce de Marseille, qui a regretté qu'« aucun projet de reprise sérieux n'a pu être soutenu et (que) les dirigeants actuels n'ont pu faire aboutir leur projet d'offre de réserve, faute d'investisseur ». Ce sont 650 salariés dans environ 160 boutiques de cette enseigne fondée en 1981 dans les Bouches-du-Rhône qui avaient ainsi été laissés sur le carreau.

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Désormais, Minelli va donc être intégrée dans une nouvelle entité, baptisée Maison Minelli, composée des trois repreneurs. En outre, une autre offre portée par Modessa France, commerce de détail d'habillement, a été retenue par le tribunal, cédant le magasin Minelli du centre de Montpellier, avec trois salariés, qui sera exploité sous l'enseigne Parfois.

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Une« saignée au niveau social »

« Cette reprise doit permettre à Minelli de conserver sa place dans l'univers du savoir-faire et de la mode haut de gamme », s'est félicité le chausseur dans un communiqué. Un enthousiasme plus mesuré du côté des syndicats qui parlent de « saignée au niveau social (...) dure à vivre », selon les mots de Christian Macquaire, délégué syndical et vice-président de l'union syndicale nationale chaussures de la CFE-CGC qui a représenté les salariés lors de la procédure judiciaire. « Des gens sont dans des situations psychologiques très compliquées. Pour certains, retrouver du boulot après 50 ans, ça va être très difficile », s'est de son côté alarmé auprès de l'AFP Philippe Jacques, représentant syndical FO rencontré à l'une des trois boutiques marseillaises qui vont toutes définitivement fermer. « Minelli, c'était une image de marque. Fut un temps, madame emmenait sa jeune fille pour lui offrir sa première paire de chaussures. Les clients étaient attachés à cette marque et le personnel aussi, toujours impliqué. Le fait que tout s'arrête, c'est dur à avaler », a-t-il poursuivi.

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Son collègue syndicaliste Christian Macquaire se veut, lui, plus positif et estime que « Minelli s'en sort plutôt bien, car on va pouvoir repartir sur de bonnes bases ». Et d'ajouter que « le prêt-à-porter est très touché, avec beaucoup d'acteurs, et on est en retard sur le digital ». Améliorer la vente à distance est d'ailleurs l'un des axes de développement présentés par les repreneurs lors de la présentation de leur offre en décembre. Ils ont assuré vouloir travailler sur « le développement de la communication notamment digitale », la « refonte des modalités de distribution, le renforcement des accessoires et produits phare de Minelli et la rénovation du parc de magasins conservés ».

(Avec AFP)

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