Décidée en 2019 par Donald Trump en rétorsion aux subventions européennes vis-à-vis d'Airbus, la taxe de 25% appliquée sur le prix des vins hexagonaux entrant aux Etats-Unis a minoré d'environ 5% les recettes totales des adhérents d'Interloire l'année dernière (1,2 milliard d'euros en 2020). Lionel Gosseaume, président de l'organisation des vins du Val de Loire, qui regroupe quelque 3.000 opérateurs des 36 appellations d'origine contrôlées (AOC) du Pays Nantais, de l'Anjou, du Saumurois et de la Touraine, chiffre ainsi la perte en 2020 à une cinquantaine de millions d'euros. Avec un marché à l'export représentant 20% de la production de 2 millions d'hectolitres, dont un quart est réalisé aux Etats unis, l'application des droits de douanes aurait pu avoir des effets encore plus dévastateurs. « Afin d'éviter de faire fuir le consommateur américain et de sortir de ce marché stratégique, les viticulteurs du Val de Loire ont dû pratiquer des remises de prix substantielles, reconnait Lionel Gosseaume, producteur de Touraine blancs et rouges en Loir et Cher. Nos importateurs ont parallèlement fait un effort et réduit leur marge ».
Au Bureau interprofessionnel des vins du Centre (BIVC), seconde organisation des vins de Loire, le nouveau directeur, Edouard Mognetti, fait lui aussi ses comptes. Le regroupement des viticulteurs des huit AOC Sancerre, Pouilly sur Loire, Menetou, Reuilly, Quincy, Chateaumeillant, Pouilly sur Loire et Coteaux du Giennois exporte plus de 50% des quelque 300 millions d'hectolitres produits, dont une grande partie aux Etats-Unis. A elle seule, l'appellation Sancerre représente outre Atlantique 65% des ventes toutes appellations des vins de Loire confondues. « Au BIVC, la tendance baissière du marché américain est de l'ordre 8,5% en 2020. Mais, dans le même temps, nous avons globalement maintenu nos prix et la marge des importateurs, assure Edouard Mognetti. Grâce à l'image haut de gamme de nos vins, la perte financière a été maîtrisée ».