La justice suédoise refuse le sauvetage de Saab

Le tribunal de Vänersborg refuse de placer le constructeur suédois sous procédure de sauvegarde.
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La justice suédoise crée la surprise. Le tribunal de Vänersborg refuse en effet à Saab la mise sous procédure de sauvegarde. Mercredi, Swedish Automobile, propriétaire de la célèbre firme de Trollhättan, avait demandé la mise sous protection de la justice pour se restructurer et se disait confiante. 

Mais, le tribunal doute "qu'une restructuration de l'entreprise puisse fonctionner", expliquant  que la marque au griffon "est dans l'incapacité de payer ses dettes", évaluées à 150 millions d'euros. La principale organisation syndicale de Saab, IF Metall, a aussitôt affirmé qu'elle "regrettait" cette décision. "Si l'entreprise ne trouve pas une autre solution ou si elle ne déclare pas faillite elle-même, nous pourrions être obligés de le faire dans les prochains jours", précise le dirigeant de l'IF Metalls, Stefan Löfven.

L'avenir s'annonce bien sombre pour une marque qui a eu son heure de gloire dans les années 80 et début 90 avec les célèbres 900 Turbo. Les salaires d'août n'ont pas été versés. La production à l'usine de Trollhättan est à l'arrêt depuis avril, faute de pièces que les fournisseurs refusent de livrer. Début 2010, Saab avait été sauvé in extremis de la banqueroute par le néerlandais Swedish Automobile, qui s'appelait alors Spyker. Cette petite société avait repris Saab à General Motors qui souhaitait s'en débarrasser à n'importe quel prix. Saab a jusqu'au 29 septembre pour faire appel de cette décision.

Victor Muller, patron de Swedish Automobile, affirme pourtant que Saab a "sécurisé son financement à long terme", à travers les accords passés avec Pang Da et Youngman, deux entreprises chinoises qui devraient permettre à Saab d'injecter quelque 245 millions d'euros en échange d'une prise de participation pour plus d'un quart du capital chacune. Le hic, c'est que ces accords doivent recevoir l'aval des autorités chinoises, lesquelles veulent empêcher la multiplication des constructeurs. Or, les deux sociétés ne sont pas des constructeurs. Pang Da est un distributeur et Youngman un simple assembleur.

Si la marque au griffon faisait d'excellentes voitures du temps où elle était une pure entreprise suédoise dans la sphère Wallenberg en compagnie du constructeur de camions Scania, ses atouts se sont érodés pendant toute la période (vingt ans) où elle s'est retrouvée sous la houlette de l'américain GM. Faute d'investissements et partageant de médiocres plates-formes avec les Opel (filiale allemande de GM), Saab a lentement décliné, perdant quasi-continuellement de l'argent entre 1990 et 2009.

Et, depuis sa reprise par Spyker, Saab est confronté à un cruel manque de moyens. La marque n'a pas assez d'argent pour redémarrer réellement, malgré l'arrivée d'une nouvelle berline de haut de gamme, la 9-5, étudiée sous l'ère GM. Avec des ventes en berne (32.000 unités à peine l'an dernier contre 120.000 en 2007), Saab, qui emploie 3.650 personnes, risque de disparaître comme naguère le britannique Rover. Même si le bouillant et charismatique Victor Muller se battra jusqu'au bout pour sauver une entreprise qui fait encore vibrer le coeur de tous les passionnés d'automobile.

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Commentaires 7
à écrit le 08/09/2011 à 21:22
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Je possède une 93 depuis 2009 et je vous dit pas la galère que je subit depuis que je l'ai... Moteur bi-turbo, un moment il fabriquait lui même son huile pour dépasser la jauge de 2 cm au dessus du MAXIMUM... Les Haut parleur de marque BOSE, son médi...

le 08/09/2011 à 21:47
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J'aime bien la gueule de la 93 je voulait dire :-)

à écrit le 08/09/2011 à 15:24
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C'est vraiment dommages, j'étais fan de la nouvelle 9-5

à écrit le 08/09/2011 à 14:50
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Je souhaiterais que ce sera de même pour la société Renault. Pourquoi perdre son temps et son argent à sauver une société qui n'a aucune perspective l'après-pétrole.

le 08/09/2011 à 16:05
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Lamentable mentalité et commentaire: dans le même esprit, je souhaiterais cher monsieur que vous vous retrouviez un jour sur le carreau, sans travail et sans avenir. Saab ou Renault, c'est le combat de l'Europe. On ne peut pas laisser tout aux Chinoi...

le 08/09/2011 à 17:22
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BIEN REPONDU

le 09/09/2011 à 9:07
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Et moi je voudrais que ce soit... heuu, allez, Spagheronni, oui, c'est ça, Spagheronni, parce que j'aime pas leur façon de faire la sauce bolo.

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