Toyota, l'apôtre du "made in France"

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Le constructeur japonais vient discrètement d'installer une troisième équipe dans son usine française de Valenciennes, avec l'embauche de 800 intérimaires à la clé. Des embauches qui portent l'emploi à 4.300 personnes sur le site du Nord.  Photo : Reuters
Le constructeur japonais vient discrètement d'installer une troisième équipe dans son usine française de Valenciennes, avec l'embauche de 800 intérimaires à la clé. Des embauches qui portent l'emploi à 4.300 personnes sur le site du Nord. Photo : Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le constructeur nippon vise un retour aux profits de son site de Valenciennes (Nord) cette année grâce à des volumes en hausse. Le PDG de Toyota Motor Europe explique que la production en France n'est nullement un handicap. Mais au contraire un atout clé.

En plein débat sur les délocalisations et les difficultés du "made in France", Toyota persiste et signe! Le constructeur japonais vient discrètement d'installer une troisième équipe dans son usine française de Valenciennes, avec l'embauche de 800 intérimaires à la clé. Des embauches qui portent l'emploi à 4.300 personnes sur le site du Nord, dont plus de 3.000 à contat à durée indéterminée (CDI). Sur les 800 nouveaux intérimaires, quelques centaines de postes pourraient se transformer en CDI si le succès de la Yaris se confirmait. Le constructeur nippon s'apprête justement à introduire une nouvelle version, très attendue, la Yaris III hybride. Son arrivée sur les chaînes pour une production de série est prévue en avril, en vue d'une commercialisation en juin. Toyota produit la Yaris III essence et diesel sur place depuis la mi-juillet 2011.

Une autre façon de travailler

Mais comment fait donc le premier groupe automobile nippon, alors que la production de Renault et PSA en France ne cesse, structurellement, de se réduire au fil des années? "On peut produire une petite voiture en France à condition de remettre en cause le mode d'organisation, de conception, de production de la voiture, la façon de travailler avec les fournisseurs ", explique Didier Leroy, le PDG de Toyota Motor Europe. Cet ancien de Renault ne nie pas l'importance des coûts salariaux.  Mais, ceux-ci ne représentent que  "7 à 15% du prix d'une voiture hors taxes". Dès lors, "si votre voiture est conçue pour être plus simple à assembler, elle demandera moins de temps de main d'oeuvre". CQFD... 

80% des achats effectués en Europe

Et "si on produit une voiture dans un pays à bas coûts, ce que l'on économise en main d'oeuvre peut être entièrement contrebalancé par les coûts logistiques", précise celui qui a mis en place le système de production de l'usine de Valenciennes. Lesdits coûts logistiques pour réacheminer vers l'Europe occidentale des véhicules produits en Europe de l'est peuvent "représenter plus de 50% du différentiel de coûts salariaux". Or, le gros du marché "reste en Europe occidentale. Ce qui compte, c'est de produire là où on vend". Or, "à 350 kilomètres de rayon autour de Valenciennes, on a un potentiel de 130 millions de clients". Du coup, le fait de fabriquer dans l'Hexagone "n'est pas en soi un handicap". D'ailleurs, "43  fournisseurs pour la Yaris III sont  installés en France et 80% des achats sont effectués en Europe occidentale".

"Un retour aux profits cette année"

Une usine de petits véhicules peut-elle être rentable dans l'Hexagone? "Valenciennes a gagné de l'argent entre 2003-2004 et 2009, sauf en 2006". Elle en a "perdu en 2010 et 2011 à cause des investissements pour les nouveaux modèles". Toyota aura en effet déboursé 125 millions dans le Nord pour l'industrialisation de la nouvelle gamme Yaris III. Mais le PDG  vise "un retour aux profits cette année", avec un remontée de la production du site à "235-240.000 véhicules", contre 150.000 l'an dernier" au égard au changement de génération de Yaris. Pour l'année prochaine, Didier Leroy pronostique carrément une" production record", au-delà des 267.000 de 2007. Sauf écroulement du marché européen, évidemment.

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a écrit le 14/02/2012 à 16:11 :
" 7 à 15% du prix pour les coûts salariaux": donc restent aux Japonais les brevets, les pièces souvent réutilisées, le marketing et les process amenés de l'archipel: qui est gagnant?
a écrit le 14/02/2012 à 10:54 :
Toyota à Valenciennes-merci Mr Borloo-personne ne trouve rien à redire.En revanche, Renault, enfin Dacia, à Tanger et c'est le tollé,scandale à l'amirauté et tout l'loutim.Il faut admettre que le Monde est Monde
a écrit le 14/02/2012 à 2:13 :
Si les transports étaient taxés à hauteur de leur nuisance l'avantage de produire prés du lieu de consommation serait encore plus grand.
Réponse de le 14/02/2012 à 8:32 :
OUI et c'est pour cela qu'il faut que le pétrole FLAMBE .... tant pis pour nos déplacements personnel, de toute façon il en va de notre survie !!
a écrit le 13/02/2012 à 21:09 :
Les allemands font la m^me chose en Allemagne et aux US, les couts salariaux sont répartis entre les différents sites et les différents fournisseurs, en notant que les fournisseurs - équipementiers et sous traitants - suivent et s'implantent la plupart du temps dans les pays de fabrication et/ou de montage. Donc ce qui compte comme dirait MELANCHON un mec que beaucoup de français découvrent c'est la productivité et la qualité des équipes françaises qui sont bonnes et qui peuvent être très bonnes si le haut management et le management est bon et si les collectivités locales et l'Etat sont bons. La vérité c'est ça , pas le moins disant social et fiscal, ça ça conduit à la ruine d'un pays.
a écrit le 13/02/2012 à 18:50 :
Et pendant ce temps, renault créé une usine au Maroc. Pays qui n'a que très peu assemblé des voitures. J'attire l'attention de ceux qui connaissent un léger peu l'industrie (de plus en plus rare, évidemment) pour leur faire remarquer que nous entrons dans une débilité totalement profonde qui a un mérite exceptionnel, en temps de crise, de révéler ce que voudrait la couche supérieure aux patrons d'assembleurs automobiles. Je dis assembleurs par respect envers les sous-traitants bien asphyxiés, bien sûr.
a écrit le 13/02/2012 à 17:48 :
Tout s'explique, c'est évident toyota fait des voitures bon marché en France.
Et dans les pays de l'est le site qui produit la 107 peugeot la citroën C1 montre que les constructeurs français sont des méchants qui utilisent de la main d'oeuvre bon marché. Mais à propos la TOYOTA AYGO EST PRODUITE AU MEME ENDROIT QUE LES 107 ET LES C1!!! Alors arrêtez de nous enfumer avec vos histoires, TOYOTA fait comme tous les constructeurs quand il peut y trouver son compte! Tous ça c'est de la communication, la YARIS 3 est tout sauf un véhicule low cost
Réponse de le 13/02/2012 à 18:54 :
Etes-vous employe par PSA ou Renault... Malheureux, vous ne savez pas ce qui vos attend.
Réponse de le 13/02/2012 à 19:54 :
oui c'est aussi pour cela que l'AYGO est considere par beaucoup d'une pietre qualite et pas digne de la finition niponne. Certes Toyota n'est pas un ange, mais quand tous nos constructeurs qui ont recu des aides d'etat considerables reduisent au fur et a mesure leur production en France, au moins Toyota prouve que le cout du travail n'est pas necessairement le probleme.
Réponse de le 14/02/2012 à 6:28 :
avant de dire n'importe quoi, renseignez vous sur les aides que toyota a recu pour s'implanter à valenciennes et - surtout - ne soyez pas naif sur la communication de toyota . le discours tenu en france sur la performance de leur usine francaise est le meme que celui tenu dans tous les pays sur leurs usines locales . du bla bla destiné a faire vendre la voiture produit localement .
Réponse de le 14/02/2012 à 9:36 :
Pour abonder dans le sens de philippe toyota a reçu 200.000 f ( 30.000?) par emploi créé .Faites de calcul pour 3.000 salariés cela représente 90 millions d'euros !!! la région subissait 20% de chomage à la suite de la fermeture des mines et de la restructuration de la sidérurgie mais cela coutait moins que de payer des chomeurs .De plus dans l'industrie un emploi directe génère un emploi en sous traitance .Et si Toyota a choisi la France c'est aussi pour ses infrastructures ,ses réseaux et sa main d'ouvre qualifiée .

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