PSA : quatre projets communs avec Opel (GM) pour survivre

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PSA et son allié GM annoncent quatre projets de véhicules communs: deux sur les monospaces, un sur les petits véhicules et un autre sur les familiales. Le chiffre d'affaires trimestriel de PSA est en baisse et l'Etat doit voler au secours de Banque PSA Finance en difficulté.

PSA Peugeot Citroën et General Motors annoncent ce mercredi quatre projets communs de véhicules. Et ce, alors que PSA annonce des ventes en forte baisse au troisième trimestre et que l'Etat doit voler au secours pour renflouer sa filiale Banque PSA Finance. Dans un tel contexte de crise grave, PSA et Opel, branche allemande chroniquement déficitaire de GM, essayent de faire front commun. Un communiqué annonce ainsi un programme commun pour un "nouveau monospace compact de marque Opel-Vauxhall" (filiales allemande et britannique de GM) et un "CUV" (faux 4x4) compact de marque Peugeot" qui remplacera le 3008 actuel. Un deuxième programme de "petits monospaces", également pour Opel-Vauxhall, mais aussi pour Citroën (sucesseur du C3 Picasso) est prévu. Par ailleurs, une "plateforme existante, mais modernisée", servira de base aux petits véhicules de GM en Europe (Corsa) ainsi qu''à ceux des deux marques de PSA en Europe comme en dehors". Enfin, un projet de berlines  familiales "moyennes supérieures" verra aussi le jour pour remplacer les Opel Insignia, les Citroën C5 et Peugeot 508. L'Alliance "prévoit de commercialiser les premiers véhicules issus de ces programmes communs d'ici à la fin de 2016", selon le laconique communiqué de PSA.

Prochaine étape dans l'organisation conjointe des achats

Les deux partenaires ont également confirmé les prochaines étapes dans l'organisation conjointe des achats. Cette collaboration "s'appuiera sur la puissance d'achat des deux entreprises pour développer des synergies bénéficiant aux deux groupes". La "création de l'organisation conjointe des achats est soumise à l'approbation des autorités de la concurrence compétentes".

Les synergies se confirment

Sur la base des programmes engagés, les deux alliés confirment les objectifs de synergies précédemment annoncés, "soit 2 milliards de dollars par an d'ici cinq ans".  Les "projets communs (plateformes de véhicules et organisation des achats) étant confirmés, les équipes travaillent à présent à la finalisation des accords définitifs correspondants", signale le constructeur français. Aucune autre précision, notamment sur les usines de production, n'a été donnée à ce jour..

Opel-PSA?

En revanche, le projet de mise en commun dans une co-entreprise à parité des activités d'Opel et de la division automobile de PSA, révélé récemment par La Tribune, n'est pas encore mûr selon nos informations. PSA et GM étudient ce projet de société conjointe. Une décision devrait être prise d'ici à la fin décembre, selon nos sources.

Chiffre d'affaires en berne

PSA a par ailleurs annoncé ce mercredi un chiffre d'affaires du troisième trimestre 2012 à 12,93 milliards d'euros, en baisse de 3,9%. Celui de la division automobile s'inscrit en recul de 8,5%, dans un marché européen en forte baisse de 7,8% à fin septembre et une pression sur les prix. Les ventes mondiales du groupe s'élèvent à 625.267 unités, en baisse de 6,3% hors éléments détachés.

Pertes semestrielles

PSA avait affiché au premier semestre une perte nette de 819 millions d'euros. La perte opérationnelle courante de la division automobile s'élevait à 662 millions, avec une marge négative de 3,3% par rapport au chiffre d'affaires, lequel reculait de 10,5%. Sur le Vieux Continent, les volumes chutaient carrément de 15,2%. Philippe Varin, président du groupe, avouait alors brûler 200 millions d'euros de cash par mois. Et il espèrait à peine diviser par deux cette consommation en 2013, soit encore 100 millions par mois! Dans son communiqué de ce mercredi, PSA se borne a affirmer que, en 2012,  "la dette nette du groupe à fin décembre 2012 devrait s'élever à environ 3 milliards d'euros".

Banque en difficulté

Mal en point, PSA doit aussi faire face à la crise de sa filiale Banque PSA Finance! L'Etat français a même dû se porter à son secours. Le gouvernement a annoncé son intention d'apporter sa garantie de refinancement pour des émissions obligataires nouvelles de Banque PSA Finance pour des tirages à effectuer sur la même période 2013-2015, jusqu'à un montant de 7 milliards d'euros. Un comité de suivi de la garantie sera constitué, intégrant des représentants de l'Etat et du groupe.

Outil surdimensionné

Outil de production "surdimensionné" en Europe (61,4% de taux d'utilisation à peine des usines de petits modèles) à cause d'une croissance ratée et développement international trop "tardif" avec un "manque d'ambition", telles sont les erreurs stratégiques cruciales du constructeur auto français pointées par Emmanuel Sartorius, l'ingénieur des Mines auteur du rapport remis au gouvernement le mois dernier, qui rendent aujourd'hui inévitable la restructuration de PSA qui doit supprimer 8.000 poste sen France et ferme le site d'Aulnay, en région parisienne. Conjoncturellement, et en corollaire, le rapport notait que PSA était trop "dépendant" du marché européen en crise, lequel absorbe encore 58% de ses ventes, contre 48,6% pour Volkswagen. En outre, PSA, "dont l'outil de production reste largement centré sur la France", demeure un "constructeur généraliste", présent principalement sur les voitures "petites" et "compactes", les créneaux "les plus concurrentiels" qui génèrent 77% de ses ventes (en 2011). La firme "se trouve prise en tenaille entre les autres généralistes produisant des voitures à bas coûts en Europe de l'est et les constructeurs allemands premium"...

Scepticisme sur PSA-GM

Les experts demeurent sceptiques sur cette alliance GM-PSA annoncée en avant-première par La Tribune et scellée fin février dernier, car les deux constructeurs sont directement concurrents, sur les mêmes marchés, avec des gammes exactement rivales. Opel, la filiale allemande de GM étant chroniquement malade et perdant régulièrement des parts de marché, l'addition d'un malade et d'un PSA en crise structurelle profonde risque de ne pas déboucher sur un ensemble en... bonne santé!

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a écrit le 24/10/2012 à 12:46 :
L'Etat américain a aidé GM à condition qu'il ferme des sites. L'Etat français fait l'inverse. L'outil de production en France est surdimensionné.
a écrit le 24/10/2012 à 12:39 :
Il ne s'agit pas de renflouer PSA Finance car il n'y a aucune perte mais de permettre d'autre développements tout en accordant au constructeur ce dont disposent tous les autres depuis des années sauf lui. Evitons de noircir ce qui ne l'est pas. Pour son accord avec Opel/GM qui est à vendre depuis des années on le sait Magna le canadien avait fait une offre de reprise en son temps, PSA pratique par touches successives et rapides car la pertinence d'une reprise globale n'apparaît pas. Principalement parce que le transfert de clientèle s'avère difficile. La logistique a été mise en commun puis vendue avec profit, les crédit est encours de réforme, les achats commencent une phase opérationnelle, les fournisseurs basculent progressivement -donc Faurecia sera l'un des bénéficiaires-, les ingénieurs envisagent des stratégies et la recherche est mise en commun. La mesure industrille étant un temps long, l'on peut dire que PSA avance à grands pas. Restera le problème de la reprise des usines qui sera le fruit d'un travail pratiquement commun avec tous les constructeurs de la zone européenne. La baisse des ventes est due à la crise actuelle bien entendu qui est un accélérateur mais aussi à la concentration urbaine et à la baisse du pouvoir d'achat. Elle est générale. Certains peuvent un temps subventionner leurs automobiles par des recttes chinoises, un temps seulement. Les constructeurs français sont en bonne forme ce qui n'efface pas les problèmes ponctuels.
a écrit le 24/10/2012 à 10:53 :
Est ce que des réductions d'effectifs supplémentaires sont prévues et planifiées dans ce projet de "fusion" par rapport au 8000 déjà annoncées, notamment en R&D et fonctions support ?
a écrit le 24/10/2012 à 10:06 :
Mr Verdevoye: Vous avez rédiger un article hier, qui parlait de la volonté de Montebourg de taxer les importations de voitures coréennes. Tant que vous me ne censurez pas, je vous remercie pour votre compréhension, que je vous rappellerais de temps en temps "hors sujet" mon désir d'être informer sur l'aboutissement de ce projet de taxation. J'aimerais bien être insistant pendant un certain temps, jusqu'à que vous consentez de publier un nouvel article à ce sujet. Beaucoup de lecteurs ont réagi, il faudrait encore clarifier ce projet de Montebourg. Merci
a écrit le 24/10/2012 à 9:50 :
L'argent du contribuable matraqué va encore servir à aider une banque privé appartenant à un grand groupe,je ne comprends plus rien.
a écrit le 24/10/2012 à 9:48 :
Pierre a raison.
Je voulais changer ma Porsche 997 de 2006 sur laquelle je n'ai pas payé de malus ni de malus annuel.La Posche 991 que j'envisageai aurai rapporté à l'état 23 000euros de TVA plus 2 600 euros de malus+ 25 000 euros de marge au concessionnaire qui paie 35% d'impot dessus ainsi que 2500 euros de commission au vendeur qui paie des cotisation sociales et également des impots. Au dernier paradis Porsche j'ai entendu des dizaines de possesseurs suivre le même raisonnement et annuler leur projet. Mais nous ne sommes pas à plaindre nous avons le privilège de rouler dans de belles voitures....
Réponse de le 24/10/2012 à 12:14 :
de quel malus annuel parlez-vous?
Réponse de le 24/10/2012 à 13:38 :
160 euros par an au delà d'un certain seuil de co2 , une autre invention subliminale de la "droite" française .. lamentable ..
Réponse de le 25/10/2012 à 9:07 :
Pour votre porsche c'est le jeu... et à ce compte poursuivez votre raisonnement sur la commission du vendeur qui ira faire ses courses et paiera de nouveau de la TVA.... C'est le jeu et tout le monde participe à hauteur des sommes engagées!
Pensez plutôt à la personne qui a un réel besoin de 4x4 mais pas de moyen, il prendra un LADA à 12-14 000 euros sur lequel il devra payer ce même malus de 2600. L'injustice sera là et bien plus problématique que pour vous.
a écrit le 24/10/2012 à 9:43 :
Comment se fait il que Peugeot possède une banque, à quoi sert-elle? Imaginons que toutes les grosses entreprises possèdent une banque, et que l'état devrait renflouer à chaque plan social, mais où va t'on?
Réponse de le 24/10/2012 à 12:12 :
tous les contructeurs automobile du monde possédent leur banque pour financer les achats de leurs voiture, alors seulement peugeot n'a pas le droit dans votre analyse ?
Réponse de le 24/10/2012 à 17:31 :
Comme tous les constructeurs auto, PSA possède un organisme de financement qui propose des crédits à ses clients. Activité très bénéficiaire d'ailleurs. Le seul problème est que les agences de notation (encore elles) ont dégradé la note de PSA donc par voie de ricochet également PSA Finance. Or avec une note dégradée, PSA Finance pourra difficilement emprunter et proposer des crédits à ses clients.
Enfin l'Etat ne renfloue pas PSA Finance mais apporte sa garantie. Autant dire que l'Etat ne dépense pas un Euro.
a écrit le 24/10/2012 à 9:40 :
Où va t'on encore trouver 7 milliards d'euro de garantie pour la banque PSA?
Réponse de le 24/10/2012 à 17:33 :
On ne va les trouver nulle part puisqu'il s'agit d'une garantie. L'état ne dépense donc rien, tout comme quand quelqu'un se porte garant pour un locataire.
a écrit le 24/10/2012 à 9:39 :
comme on pouvait le redouter l'accord GM-PSA devient une coopération Opel-PSA donc essentiellement européen!
L'avancement ne doit pas se passer très bien puisqu'on ne clarifie pas les plateformes utilisées, celles d'Opel ou celles de PSA.
On est vraiment sur le chemin du désastre pour PSA
a écrit le 24/10/2012 à 9:35 :
Quel est le role de la banque PSA, si c'est accorder des crédits aux clients acheteurs de voitures PSA , il y a suffisamment de banques en France pour faire ce travail.
a écrit le 24/10/2012 à 9:28 :
PSA se tire une balle dans le pied !
PSA avait tout pour réussir sauf des dirigeants dignes de ce nom.
Mais bon tout continue comme si de rien, à quoi bon se faire du mauvais sang...
a écrit le 24/10/2012 à 9:15 :
Il est connu et reconnu que sur des marchés industriels en perte de vitesse , certaines marques y laissent des plumes allant jusqu'à la disparition pure et simple ... on appelle cela l'épuration naturelle du marché ... souhaitons que cela n'arrive pas à PSA mais cela commence à sentir le pâté ..
Réponse de le 24/10/2012 à 12:10 :
l'état américain a fait ce qu'il fallait pour que les lois du marché ne fassent pa disparaitre GM il y a seulement 4 ans, l'état allemand fait ce qu'il faut depuis 40 ans pour que les lois du marché ne fassent pas de tord à VW (golden share de la basse saxe). alors pourquoi seul la France devrait bêtement appliquer les lois du marché que tout le reste du monde contourne quand cela l'arrange ?????

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