La fin de l'abondance... La déclaration d'Emmanuel Macron à l'adresse des Français pourrait également sonner très fort à l'oreille des industriels automobiles. Alors que ces derniers ont publié des résultats financiers insolents au premier semestre, l'atterrissage pourrait être plus brutal qu'attendu. La crise du Covid a, certes, secoué l'industrie automobile, avant que celle-ci ne soit perturbée par la pénurie de semi-conducteurs. Mais, les constructeurs ont réussi à passer ces années difficiles avec un aplomb considérable jouant tantôt sur le chômage partiel, tantôt sur un appareil productif ultra souple, ou en profitant d'un déséquilibre favorable entre offre et demande pour imposer leurs prix. Jusqu'ici tout roulait, jusqu'à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en janvier dernier. Cette fois, l'emballement des prix des matières premières, et notamment ceux de l'énergie, ont changé la donne avec un inquiétant effet papillon.
Car cet été, le tableau macroéconomique a totalement et brutalement changé de nature par rapport à celui qui était attendu en début d'année : inflation à 9% (record depuis la création de l'euro), première hausse des taux d'intérêt depuis une décennie qui sera suivie de trois autres avant la fin de l'année, détérioration de tous les indicateurs avancés de confiance des consommateurs et des industriels. La prévision d'un marché automobile en hausse de 8% (source ACEA) sur l'année ne tient plus.