Renault a présenté lundi au salon de l'automobile de Munich son nouveau Scenic, version tout électrique de l'emblématique monospace, qui emprunte des traits aux très populaires, et rentables, SUV, sans en être un. Il sera commercialisé dès 2024 et disponible en deux versions avec une batterie 60 ou 87 kilowattheures (kWh), affichant respectivement 420 et 620 kilomètres d'autonomie (selon la norme WLTP).
Le Scenic sera assemblé en France, dans l'usine de Douai (Nord), avec un moteur fabriqué à Cléon (Seine-Maritime). Le prix, lui, avoisinera les 40.000 euros, a spécifié le directeur général de Renault, Luca De Meo, lundi au micro de RTL. « Ce sera un peu en-dessous des 40.000 euros, on sera plus précis à la fin de l'année », a-t-il indiqué.
Si le Scenic se veut l'héritier de la gamme familiale, symbole de la marque au losange depuis près de 30 ans, il emprunte des traits aux SUV - ces voitures plus hautes et imposantes qui se sont rapidement démocratisées ces dernières années, au détriment des plus petits modèles... et des monospaces.
L'intérieur spacieux est équipé d'un grand écran central à l'avant et, à l'arrière, un accoudoir équipé de prises USB et de supports pour téléphones ou tablettes. Le toit panoramique, développé en collaboration avec Saint-Gobain, utilise des cristaux liquides dispersés de polymère pour s'opacifier par segments - une technologie déjà présentée sur le modèle de SUV Rafale fin juin au salon aéronautique du Bourget.
Au total, Renault prévoit le lancement de 12 nouveaux modèles en 2024, avec la très attendue R5, sur le créneau des petites électriques aux tarifs plus accessibles.
Le choix de Douai traduit la volonté de Renault de concentrer une grande partie de la production de véhicules électriques dans l'Hexagone.
Reste encore à sécuriser le site de Sandouville sur le long terme.
Pas de guerre des prix avec Tesla et les constructeurs chinois
Renault ne peut pas se permettre de se lancer dans une course au discount avec Tesla ou les constructeurs chinois, a déclaré le directeur de l'ingénierie du groupe français, Gilles Le Borgne, à des journalistes lors du salon automobile de Munich. « La bonne stratégie est de maintenir les prix et d'ajuster les coûts fixes », a ajouté Gilles Le Borgne. La forte implantation de Renault sur les marchés européens en fait l'un des constructeurs les plus exposés à la nouvelle concurrence de Tesla et des constructeurs chinois de véhicules électriques, a estimé UBS cette semaine dans une note.