Bridgestone : le gouvernement propose un "scénario" sauvegardant 400 emplois

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(Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)
Pour éviter la fermeture de l'usine de pneus de Béthune (Hauts-de-France), l'État a établi un projet poursuivant la production tout en conservant 400 emplois sur les 860 actuels.

« On ne vous laissera pas tomber », avait promis le Premier ministre Jean Castex fin septembre aux salariés de Bridgestone. Trois semaines plus tard, la ministre déléguée chargée de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a présenté ce lundi 19 octobre un projet industriel à une quarantaine de représentants des salariés et d'élus locaux lors d'une réunion de plus de deux heures à Bercy.

Ce projet industriel, basé sur une expertise du cabinet Accenture, prévoit une production sur place de 3 millions de pneus de qualité supérieure et éviterait la moitié des 843 licenciements annoncés. Il suppose une restructuration, 100 millions d'euros d'investissement et de 25% à 40% de gains de productivité.

« Nous avons demandé à Bridgestone de prendre le temps de creuser ce scénario complémentaire », a expliqué Agnès Pannier-Runacher. « Nous ne nous laisserons pas faire, nous allons nous battre pour donner un avenir industriel à ce site. (...) J'espère que nos amis japonais mesurent ce qui est en jeu au niveau humain à Béthune ».

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Premier employeur de la ville de Béthune (Pas-de-Calais), Bridgestone avait brutalement annoncé mi-septembre la "cessation définitive" de l'activité du site, qui emploie plus de 860 personnes, à l'horizon 2021, invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts.

Selon la contre-expertise d'Accenture, « le marché du pneu en Europe est difficile, les chiffres communiqués par Bridgestone sont fondés et les scénarios qu'ils avaient regardés n'étaient pas viables économiquement. Mais il y a un scénario qu'il est intéressant de creuser », a poursuivi Agnès Pannier-Runacher. « Bridgestone est prêt à le regarder. Nous sommes également attentifs à toute proposition de leur part pour mettre de la charge industrielle sur le site », a-t-elle dit. Bridgestone devrait réagir dès lundi après-midi, a indiqué un porte-parole du géant japonais à l'AFP.

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« Bras de fer »

« C'était une réunion constructive, ça fait du bien de se sentir soutenus », a déclaré Stéphane Ducrocq, l'avocat représentant les salariés de Bridgestone. « On espère aller vers autre chose que cette fermeture ». Et de poursuivre : « Notre grosse crainte aujourd'hui, c'est le temps qui passe. La fermeture, si elle a lieu, est prévue pour le 2 mai. Ils pourraient nous balader pendant trois ou quatre mois et finalement fermer ».

Pour Xavier Bertrand, le président (ex-LR) des Hauts-de-France : « Il faut que Bridgestone au Japon nous dise comment ils répondent. Les Japonais sont toujours très attachés à leur réputation, il faut qu'ils fassent bien attention [à la façon dont] ça se passe. Si c'est non, on va rentrer dans un bras de fer pour obtenir le maximum pour le site et les salariés. On ne part pas comme ça, en France ».

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L'État et les collectivités locales pourraient soutenir un nouveau projet industriel, a souligné Xavier Bertrand, à une hauteur qui pourra dépasser les 30%, « si on a un projet qui tient la route », a-t-il ajouté.

« Le directeur local est complètement disqualifié, il ne joue que la fermeture de l'usine », a déclaré le maire (UDI) de Béthune Olivier Gacquerre. « Il faut qu'on arrive à convaincre la direction européenne de retravailler ce scénario avec nous. Il faudra compacter, travailler sur le reclassement d'une partie des salariés. Il faut aussi mettre la pression sur la direction japonaise », a poursuivi le maire, évoquant un possible "boycott" des produits Bridgestone.

« Les organisations syndicales et les salariés ont eu un comportement absolument exemplaire », a salué de son côté Agnès Pannier-Runacher. « Tout le travail a continué à être fait en temps et en heure. Cette image de professionnalisme, d'attachement au site, et d'exigence vis-à-vis de Bridgestone (...) nous permettent d'avancer ».

(Avec Taimaz Szirniks, AFP)

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