En France, comme partout dans le monde, les ventes de voitures neuves continuent inlassablement de chuter

Pénurie de puces électroniques, ruptures des chaînes d'approvisionnement, tensions sur des matières premières...le secteur de l'automobile rencontre de nombreuses difficultés qui, sans surprise, font plonger les ventes de voitures neuves en mai. En France, elles ont encore reculé de 14% en mai. Un phénomène qui s'étend à l'échelle européenne.
En France, les ventes de voitures neuves ont encore reculé de 14% en mai.
En France, les ventes de voitures neuves ont encore reculé de 14% en mai. (Crédits : EVGENIA NOVOZHENINA)

Les temps sont durs pour l'automobile. Les défis auxquels le secteur doit faire face sont nombreux. Alors que les constructeurs automobiles n'avaient toujours pas retrouvé, début 2022, les volumes d'avant la crise sanitaire en raison de la pénurie de puces électroniques, les voilà fortement impactés par la guerre en Ukraine, déclenchée le 24 février dernier. Le conflit engendre des ruptures dans les chaînes d'approvisionnement, des tensions sur des matières premières critiques produites en Ukraine et en Russie, mais aussi la perte du marché russe.

Autant de contraintes qui pèsent sans surprise sur les chiffres de vente de voitures neuves. Elles ont encore reculé de 14% en mai en France. Il s'agit du treizième mois consécutif de baisse, selon les chiffres publiés, ce vendredi, par la Plateforme automobile. Le secteur a enregistré 171.089 immatriculations de voitures particulières en juin, soit une baisse de 14,24% sur un an. Sur les six premiers mois de 2022, le marché a reculé de 16,34% avec 771.982 immatriculations.

Optimisme du côté de l'électrique

Un phénomène que l'on retrouve à l'échelle européenne. Les constructeurs automobiles ne s'attendent pas à une croissance au-delà de 5% pour 2022 par rapport à une année 2021 en baisse de 22% au regard du niveau d'avant crise. Au premier trimestre, les immatriculations ont baissé de 12% en Europe.

En Allemagne, le recul était de 10,2% en mai quant au Royaume-Uni, les ventes ont chuté de près de 21% sur un an. C'est le deuxième pire mois de mai en trente ans à l'exception du confinement de 2020, fait valoir la SMMT, l'association britannique sectorielle, dans un communiqué, lundi dernier. Le marché britannique reste 32,3% inférieur à son niveau pré-pandémie de Covid-19 « malgré un carnet de commandes solide », précise-t-elle, relevant toutefois un note d'optimisme : la progression « de près de 18% le mois dernier » des ventes de voitures électriques. « Le secteur continue à faire face à une pénurie mondiale de pièces détachées, avec toutefois les véhicules électriques qui progressent, rare point positif », a ainsi commenté Mike Hawes, directeur général de la SMMT. Il appelle à l'« accélération du déploiement des infrastructures de chargement » pour donner confiance aux consommateurs encore réticents à passer à l'électrique.

Baisse des ventes au Japon

La tendance est la même en Asie. Les ventes de véhicules neufs au Japon ont en effet chuté de 15,8% en juin sur un an, reculant pour le 10e mois consécutif. Un total de 197.530 voitures, camions et bus neufs ont été vendus le mois dernier dans le pays, contre 234.697 en juin 2021, selon l'association japonaise des concessionnaires automobiles (Jada). Cette baisse est du même ordre que celles enregistrées en mai (-16,7%) et en avril (-15%). Les confinements mis en place en Chine face au Covid-19, en particulier à Shanghai entre avril et début juin, ont lourdement pesé sur les chaînes d'approvisionnement mondiales, affectant notamment l'industrie automobile japonaise.

En juin, les ventes du leader Toyota, qui en incluant sa marque haut de gamme Lexus représentaient 46% des ventes de véhicules au Japon, ont chuté de 25,8% sur un an dans le pays. Celles de Nissan, allié de Renault, ont limité leur baisse (-1,9% sur un an), et celles du deuxième constructeur nippon Honda ont progressé de 15,1% sur la même période.

Sur le segment distinct des "kei cars", 130.366 de ces mini-véhicules très populaires au Japon ont été écoulés dans l'Archipel en juin, un chiffre quasiment stable (-0,4%) sur un an, selon l'association japonaise regroupant les fabricants de ces véhicules.

En ajoutant les kei cars, les ventes automobiles au Japon ont reculé de 10,3% à environ 330.000 unités en juin sur un an.

(avec AFP)

Lire aussi 2 mnStellantis veut produire sa propre énergie pour contourner l'envolée des prix de l'électricité (Carlos Tavares )

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 5
à écrit le 02/07/2022 à 9:30
Signaler
Pour l'écologie on demande de faire durer les appareils, et donc les réparer, ou faire réparer, garder son smartphone (pour ceux qui en ont un) quelques années de plus mais les voitures il faut (faudrait) les remplacer souvent, pour des raisons elles...

à écrit le 01/07/2022 à 15:03
Signaler
Pas même besoin des écologistes et des islamistes pour détruire l'économie européenne : la Commission et les Gouvernements de l'UE font très bien le travail.

à écrit le 01/07/2022 à 11:36
Signaler
Voyons le côté positif:les fabricants on truffé leur bagnoles de gadgets inutiles pour les vendre plus chères. Avant on achetait une voiture pour son moteur et sa boîte de vitesse, maintenant le vendeur te parle d'abord du info entertaiment et du and...

à écrit le 01/07/2022 à 11:08
Signaler
Je pense que le gouvernement fait une grosse erreur en n'aidant pas les hauts-revenus à acheter des véhicules électriques. Ceci permettrait d'alimenter le marché de l'occasion des divers véhicles électriques.

à écrit le 01/07/2022 à 9:54
Signaler
Des annonces tonitruantes concernant la fin du moteur thermique, des véhicules électriques de tout types hors de prix, logique, on dirait même que c'est fait pour ça.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.