Consolidation, levées de fonds, introductions en Bourse... Le marché de la voiture d'occasion (VO) suscite de nouveau l'intérêt. Banques, constructeurs et distributeurs tentent de trouver la bonne formule pour rationaliser un marché essentiellement de particuliers à particuliers, mais particulièrement résilient comme il l'a encore démontré durant la crise sanitaire...C'est une véritable arlésienne... La rationalisation du marché de la voiture d'occasion est une vieille rengaine chantée depuis des années par les constructeurs mais aussi les banques, à travers leurs filiales de financement de flottes. La thématique était revenue sur le devant de la scène il y a quatre ans lorsque différentes startups avaient tenté une nouvelle approche sur ce marché qui représente deux fois le marché du neuf. En vain... Le marché de la voiture d'occasion reste désespérément un marché de particuliers, pour les deux tiers des transactions.
"Le véhicule d'occasion a tout d'un marché imparfait : il y a peu d'acteurs structurés, des produits qui ne sont pas standardisés, une incertitude sur le produit et sur le paiement. Tous les ingrédients étaient réunis pour réclamer une professionnalisation d'un marché pourtant énorme", résume Guillaume Crunelle, associé au cabinet Deloitte et spécialiste de l'automobile.
Les initiatives n'ont pourtant pas manqué: digitalisation du parcours d'achat, sécurisation des transactions, lancement de labels dédiés, émergence d'offres de leasing sur des voitures d'occasion... Aucun acteur n'est parvenu à réinventer ce marché évalué à près de 600 milliards d'euros en Europe.
Les banques à l'offensive
Mais depuis plusieurs mois, il semblerait que le marché de la voiture d'occasion suscite de nouveau l'intérêt. La Société Générale, via sa filiale ALD, a mis la main sur la startup Reezocar. Plus spectaculaire, Aramis Auto, filiale de Stellantis, est entré en Bourse en juin. Suivi par CarNext, filiale de LeasePlan (un établissement financier néérlandais spécialisé dans le financement de flotte automobile) qui a annoncé une levée de fonds de 400 millions d'euros.
Avec ces deux dernières opérations, il semblerait que les acteurs de la voiture d'occasion se structurent dans un objectif de leadership européen... La principale difficulté de ce marché est de sécuriser ses approvisionnements en voitures d'occasion, et ainsi créer un effet volume. Pour un acteur comme Aramis Auto qui se distingue grâce à son centre de reconditionnement, cet effet volume est impératif, et il était urgent d'accéder à un marché plus large que le seul marché national. Il a ainsi racheté Clicars en Espagne (2017) et Cardoen en Belgique (2018), et plus récemment, Carsupermarket (mars 2021).