Le secteur automobile chute en bourse après les résultats de Faurecia

 |   |  690  mots
La marge opérationnelle de Faurecia et de Plastic Omnium sont meilleures que ce qui était attendu.
La marge opérationnelle de Faurecia et de Plastic Omnium sont meilleures que ce qui était attendu. (Crédits : Philippe Wojazer)
L'équipementier automobile français a pourtant annoncé de très bons résultats semestriels, et relevé ses prévisions de croissance. Les marchés, eux, voient poindre en filigrane un second semestre moins prometteur que le premier...

Résultats en hausse, croissance à deux chiffres, marges opérationnelles record... Rien de tout ce qui a été annoncé par Faurecia et Plastic Omnium ce matin n'aura suffi à convaincre les marchés.

Faurecia plonge littéralement de près de 8% vers 15h, tandis que Plastic Omnium le suit avec une amputation de plus de 5% de sa valorisation boursière. Ces contre-performances emmènent quasiment tout le secteur puisque Valeo lâche 3%, Michelin recule de 1,75%, quelques jours avant la publication de leurs résultats semestriels. PSA et Renault sont également malmenés puisqu'ils dévissent respectivement de 3,21% et de 2%. Pour rappel, PSA possède 46% du capital de Faurecia, ce qui explique le plus fort impact sur son titre. Les deux constructeurs automobiles publieront également leurs résultats semestriels la semaine prochaine.

D'excellents résultats

Pourtant, les deux équipementiers automobiles français ont annoncé des résultats semestriels record. Faurecia a annoncé une hausse de 11% de son chiffre d'affaires (à taux de change constant) à quasiment 9 milliards d'euros. Son résultat opérationnel a augmenté de 11,1% et sa marge opérationnelle a culminé à 7,2% (+0,4 point). Ce dernier ratio était un des points faibles du groupe emmené par Patrick Koller et qui se rapproche de plus en plus des standards du marché, là où il était deux fois moins élevé il y a quelques années...

Lire aussi : Bourse : quelles nouvelles du match Valeo contre Faurecia ?

Chez Plastic Omnium, les nouvelles sont également très bonnes avec un chiffre d'affaires en progression de 4,8%, mais surtout avec une marge opérationnelle de 10,2%, soit un chiffre dans le haut du panier du secteur, et qui atteint un objectif avec deux années d'avance. De plus, le groupe familial (une annulation d'action prévue le 25 juillet doit porter la part de la famille Burelle à 58% du capital) anticipe une forte augmentation de son chiffre d'affaires en 2019 avec la mise en route de 7 usines dans les tout prochains mois. "Nous ne ferons mieux que les objectifs que nous nous étions fixés pour 2021", promet Laurent Burelle qui affiche et assume son optimisme.

Les marchés craignent un mauvais second semestre

Mais les marchés ne semblent pas impressionnés. Et c'est Faurecia qui semble avoir donné le mauvais signal alors même qu'il relevait ses prévisions de croissance.

"Faurecia a publié des chiffres solides ce matin, comme nous l'anticipions. Toutefois, l'ampleur de la révision à la hausse peut sembler trop prudente aux yeux des investisseurs", explique Oddo dans une note citée par l'agence Reuters.

Ce matin, le groupe a annoncé que son chiffre d'affaires augmenterait de 8% sur l'ensemble de l'année, contre 7% attendu initialement. Il estime que sa marge opérationnelle atteindra 7,2% cette année, contre 7% annoncé. Mais pour les analystes, ces performances sont déjà acquises grâce aux performances du premier semestre. Ils en concluent donc que le second semestre sera donc moins bon...

"Personne ne sait quel sera l'impact de la guerre commerciale et des différentes difficultés auxquelles nous aurons à faire face au second semestre, et je pense qu'il est important de ne pas survendre la croissance attendue sur la période à venir", a déclaré le directeur général de Faurecia, Patrick Koller, au cours d'une téléconférence avec les analystes.

D'une manière générale, les marchés sont très fébriles sur le secteur automobile avec l'accumulation d'incertitudes notamment liées à la géopolitique: cela va du retour des sanctions contre l'Iran, à la guerre commerciale entretenue par Donald Trump. De plus, ils ont été habitués par les équipementiers de performances très au-dessus du marché en vertu de leur nouveau statut de valeurs technologiques.

Les équipementiers ont pourtant tenté de désamorcer ces craintes. Patrick Koller a ainsi répété que sa "prévision était conservatrice". De son côté, Plastic Omnium a rappelé que la géographie de sa production, souvent proche des sites de production, l'affranchissait en grande partie des problématiques de change.

Il faudra surveiller la suite des résultats semestriels attendus la semaine prochaine. Notamment ceux de Valeo, dont le titre flanche de plus de 23% depuis le 1er janvier...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/07/2018 à 0:06 :
Avec un gouvernement antiautomobilistes (d'abord clients), les financiers ont senti le vent venir et placent le régulateur à +80 kmh
a écrit le 20/07/2018 à 17:05 :
"Les marchés craignent un mauvais second semestre"

"Tout est bruit pour celui qui a peur." Sophocle

Aberrant qu'une boite qui connaisse une croissance à deux chiffres au sein d'une économie asphyxiée ne soit pas récompensée en bourse.

Au secours.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :